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21.03.2017

Big Data : beaucoup en parlent mais peu les pratiquent

Juste un phénomène de mode ? Une fois que les Big Data passeront à l’état de commodités, comme la bureautique avant elles, tout le monde en consommera. Mais changeront-elles nos vies ?

Seules 5 % des données à disposition des entreprises seraient généralement exploitées. Notons qu’en 2020, cette part pourrait s’élever à 35 %. Les 3 sociétés informatiques, Dell EMC, MTI et Cisco sponsorisent l’Observatoire de la donnée, étude réalisée par le groupe mondial de conseil et d'étude International Data Corporation (IDC). Si 70 % des entreprises interrogées estiment que les Big Data représentent un actif stratégique, 49 % ne voient toutefois pas d’intérêt dans les données issues de la mobilité et des consommateurs. La perception à l’égard des data semble mitigée. Pourquoi donc ?

Nous avons posé la question à Nicolas Glady, professeur à l’Essec (Paris). Il s’intéresse en tant que titulaire de la Chaire Accenture Strategic Business Analytics à la manière dont les données peuvent être utilisées par l’entreprise pour libérer de la valeur. Selon lui, cela reste compliqué ; il s’agit de recruter des bons data scientists et puis, souvent, les entreprises ne vont pas jusqu'au bout de la logique des Big Data. 

« J’ai hélas le sentiment que nombreux sont ceux qui prétendent en faire, simplement parce que c’est à la mode mais les pratiquent encore à l’ancienne. Tout juste si l’on ne se sent pas honteux de ne pas encore s’être lancé dans l’exploitation des données, sourit-il en comparant le sujet avec le premier rapport sexuel des ados. Le professeur aspire au moment où les data entreront dans nos vies comme la bureautique fin des années 1990. Sans pour autant augurer qu’elles révolutionneront notre existence, elles la modifieront, c’est certain. « Une fois que le microsoft office de la data analytic verra le jour, on consommera de la data, point », conclut-il, souhaitant son propos rassurant : il est erroné de penser que la donnée se substituera au travailleur, précise-t-il. Elle en est plus exactement le complément.

Les data au secours de l’expérience utilisateur ?

Quelle expérience le client recherche-t-il ? Naturellement, la plus simple, sommes-nous tentés de répondre. Mais d’autres critères sont à prendre en considération, comme la disposition à payer pour le service. La plupart des clients détestent l’attente et auront envie d’être livrés à domicile mais selon le tarif pratiqué, d’autres prendront en charge une partie du processus en se déplaçant en point de vente.

« Personnellement, je n’aime pas trop me rendre en agence, mais la notion de ‘user experience’ est complexe en soi ».Où est la simplicité et quel prix suis-je prêt à payer pour ?

A qui les data profitent-t-elles ?

« Les entreprises qui comprendront bien l’orientation client et qui parviendront à construire dès le départ autour de ce client tireront plus de profit que celles qui s’efforceront de le placer par la suite au centre de leur processus ».

Ce qui explique entre autres que certains starters, partant de rien, ont souvent plus vite fait que leurs aînées puisqu’elles ont pris soin de bâtir d’emblée leur produit autour du client.

Selon Nicolas Glady, la vraie révolution entraînée dans le sillage des data est à attribuer au web 2.0 : l’utilisateur crée désormais des images et du texte, la création de données s’en voit démultipliée, le flux de diffusion décentralisé.

« Aujourd’hui, ce n’est plus l’entreprise qui est au cœur des échanges, mais c’est l’utilisateur qui se retrouve au centre, qui produit et diffuse l’information. Sur Uber, Airbnb, les ‘fournisseurs’ de service créent les données, les plateformes n’ont plus qu’à transmettre… », soutient le professeur, également Directeur du Center for digital business, et qui dans ce contexte, se penche aussi sur la transformation numérique des entreprises.

Entreprises plateformes

« Ce qui change de manière conséquente, c’est que l’organisation n’est plus conçue sur un modèle linéaire mais devient une plateforme d’échanges et d’interactions ; Amazon, pour ne prendre qu’un des majors, est un distributeur dans différents domaines mais bien plus que cela, il est aussi media. Les entreprises disposent désormais de flux acquis ailleurs, grâce au contenu créé par et pour les utilisateurs. Ces flux dépassent le périmètre de leurs activités traditionnelles, alors qu’avant, elles se contentaient de mesurer les données transactionnelles collectées auprès du client et directement liées à leur métier. Pareil pour Facebook, Google, ou Apple. Un Facebook qui capte les grands moments de vérité jalonnant notre existence (maison, couple, famille…) peut monnayer de telles informations et proposer de nouveaux services. Amazon fournit à une banque des données que celle-ci ne possède pas par nature puisque le client a une vie en dehors d’elle et qui lui permettent d’être proactive dans ses cross sell et up selling, avec des messages style ‘des clients comme vous ont apprécié tel service…’. « Les entreprises bien implantées, tiraillées entre la volonté d’agir vite et leurs contraintes type compliance, devront donc faire preuve de beaucoup d’agilité… Les sociétés de télécom ont déjà la logique de réseau, elles sont très fortes pour collecter d’innombrables données d’utilisateurs issues de leur métier et les rassembler en vue de faire émerger des modèles qui ont du sens et une richesse. Les entreprises pharmaceutiques sont bien positionnées, surtout pour des raisons historiques et culturelles. C'est un secteur qui a toujours été "data-driven" et qui a l'habitude de collecter des données et de les utiliser pour prendre des décisions. Enfin, la "donnée santé" et l'Internet des Objets pour la santé, le bien-être sont en plein essor, tel le bracelet connecté qui mesure vos pas, vos pulsations cardiaques, votre sommeil », illustre encore Nicolas Glady.

Un outil de Customer Relationship Management nouvelle version, ou bien plus ?

Frank De Weser est Directeur Marketing B2B et Directeur Internet of Things de la filiale belge d’Orange Belgium:

« Pour nous, tout est prétexte à exploiter de la data. Pour optimiser nos usages internes, nous avons engagé des data scientists. »

Orange a aussi investi dans Hadoop, ce logiciel open source destiné au stockage et à l'analyse d'énormes quantités de données, structurées et non structurées.

« Naturellement, grâce aux Big Data et à un marketing personnalisé et automatisé, nous anticipons mieux les besoins de nos clients et améliorons notre offre B2B et B2C. Nous détectons plus vite un client insatisfait et réagissons au bon moment avec le produit précis qu’il lui faut », détaille le responsable d’Orange.

Mais à présent, avec des data dorénavant stockées une année durant et un monitoring qualitatif du réseau, l’opérateur relie les données - quel endroit précis de l’infrastructure pose problème pour combien de clients ? - et identifie les téléphones qui réagissent mieux sur son territoire ou les clients qui perdent leur connexion en plein appel.

« Avant nos spécialistes savaient optimiser physiquement les réseaux. Actuellement, nos data-scientists confient aux algorithmes la mission de trouver de nouvelles associations en un minimum de temps et livrent non plus des statistiques génériques mais une clé unique associée à un client, un endroit, un type d’appareil, une vitesse de téléchargement. Nous revoyons ainsi notre catalogue d’hardwares, éliminons les moins performants et proposons pro-activement d’autres modèles à nos clients professionnels. »

Vendre ses données

Quand Orange constate lui aussi que ses données ont de la valeur, il a décidé de les ‘anonymiser’ au début du processus et de les valoriser après dans une optique de crowd monitoring. L’opérateur opte pour une approche sur mesure : en collaboration avec des partenaires qui sont bien introduits dans le milieu concerné et disposent d’une expérience client sectorielle. 

« Nous préférions cela à une vision horizontale, standardisée où nous délivrerions un simple rapport en ligne empli certes de données bien utiles mais qui nécessiterait encore l’expertise d’un spécialiste pour pouvoir en délivrer toute sa richesse », argumente Frank De Weser.

Des clients comme les communes d’Anvers et de Genk cherchent à estimer le nombre de citoyens présents en même temps sur un espace de 100 m, par exemple, via un outil qui leur permette de piloter la fréquence en temps réel et d’intervenir pour fermer les lieux en cas de nécessité. Orange et ses partenaires spécialisés en crowd monitoring, mettent les données à leur disposition. L’entreprise de télécom contribue par ailleurs à améliorer la mobilité avec ses rapports de trafic lors de gros événements. Les villes apprennent ainsi à fluidifier la circulation et à gérer leurs parkings avec plus d’efficacité. En termes de city marketing une estimation de la foule et de sa consommation moyenne permet aujourd’hui d’évaluer le return on investment du passage du Tour de France à Anvers. Les données peuvent aussi être exploitées pour estimer le potentiel d’un futur point de vente et identifier sa localisation idéale.

(Sources: BNP Paribas Fortis, Dell EMC)

Un abonnement pour fidéliser sa clientèle, se réinventer en période de crise et acheter mieux : Emna Everard a vu juste pour lancer et pérenniser sa start-up bruxelloise.

Née dans une famille de médecins spécialisés en diététique, Emna Everard sait ce que signifie manger sainement. « À 12 ans, je décryptais déjà les étiquettes des emballages. Mon rêve était de réussir à ouvrir, un jour, un supermarché où on pourrait faire ses courses les yeux fermés » se souvient-elle. 

Et puisqu'Emna Everard a l'entrepreneuriat dans le sang, c'est ce qu'elle a fait. En 2016, un peu avant la fin de ses études supérieures, elle lance le supermarché en ligne « le plus sain du marché » : Kazidomi. Ses exigences sont élevées, tant en matière de composition que de goût. Car Kazidomi trie ses produits sur le volet, permettant à sa clientèle d’acheter en toute confiance des produits sains, majoritairement bio et tournés vers le végétal.

Le programme de fidélisation

Six mois après son lancement, la croissance de Kazidomi s’accélère grâce au lancement de son programme de fidélité. Un abonnement à 59 euros qui offre des réductions de 20 à 50% sur l'ensemble des produits alimentaires, cosmétiques ou d'entretien disponibles en ligne. Rentabilisation et économies garanties.

S’en suit une première levée de fonds de 50.000 euros en 2017. Kazidomi grandit, étend la taille de son stock et développe son marketing. Emna Everard engage ses deux premiers collaborateurs. Le chiffre d’affaires augmente vite et explose littéralement pendant la crise du Covid. « Les consommateurs avaient soudain le temps de réfléchir à leur santé et à leur bien-être et faisaient l’essentiel de leurs achats en ligne » ajoute-t-elle.

Comment se réinventer ?

L’après crise constitue un tournant. « Kazidomi a dû se réinventer. Nous voulions trouver une stabilité financière et éviter toute dépendance à des moyens externes » poursuit Emna Everard. Avec ses équipes, elle mène une réflexion sur la structure des coûts, l’efficience opérationnelle et le marketing. L’objectif n’est plus la croissance à tout prix, mais bien la pérennité et la santé financière de l’entreprise, grâce à une réorganisation intelligente.

Deux acquisitions vont ensuite permettre à Kazidomi de relancer sa croissance, en créant des synergies porteuses : « Smart Fooding » en août 2022 et « Bébé au Naturel » quelques mois plus tard. Une entité spécialisée dans les produits sains pour les bébés et leurs parents. « Avec Bébé au Naturel, nous avons doublé le volume de colis envoyés » complète Emna Everard. « Cela nous a permis d’obtenir un meilleur tarif auprès de nos transporteurs et de réduire les coûts ».

Une banque réactive et à l’écoute

En tant que banquier de la start-up bruxelloise, BNP Paribas Fortis lui a accordé trois crédits à son lancement, entre 2016 et 2019. Un soutien qui coulait de source, les engagements de Kazidomi en matière d’objectifs ESG (Environnemental, Sociétal et Gouvernance) cadrant parfaitement avec la stratégie de la banque. « Nous avons intégré le programme Innovation Hub de BNP Paribas Fortis et notre chargé de relation - qui connaissait très bien le milieu des start-ups - s'est montré immédiatement enthousiaste et très à l'écoute. Il a cru en notre projet, l'a suivi de près, nous a conseillé de participer à une série d'événements pour rencontrer d'autres acteurs dont le parcours et le profil est intéressant pour nous », explique l’Entrepreneure de l’année 2019.

Mais le soutien ne s’est pas arrêté là. « En décembre 2022, c’est grâce à BNP Paribas Fortis, entre autres, que nous avons pu acquérir « Bébé au Naturel ». Des start-ups comme Kazidomi ont besoin d’une grande réactivité de la part de leur banque. Quand il y a une entreprise à racheter, une opportunité, les choses doivent aller vite. Analyse du dossier, mise à disposition des fonds : BNP Paribas Fortis a toujours été réactif et enthousiaste et nous a soutenu dans 99% de nos demandes » s’enthousiasme la CEO.

Huit ans après son lancement, Kazidomi livre 4.000 produits partout en Europe. La start up belge réalise 90% de ses ventes via son site web et 10% via des revendeurs externes, comme Delhaize.

Kazidomi a également lancé sa propre marque «Kazidomi», qui propose 200 produits. «En travaillant en direct avec les producteurs, nous pouvons proposer les produits les plus qualitatifs possibles, au meilleur prix».

https://www.kazidomi.com/fr

Kazidomi est prêt à changer le monde. Découvrez d’autres histoires fascinantes de chefs d’entreprise.

Cosucra investit dans la décarbonation de ses processus de production. L’accent est mis sur les protéines végétales à base de chicorée et de pois, pour une alimentation saine et moins polluante.

L’entreprise hennuyère Cosucra existe depuis 1852. L’entreprise garde une taille relativement petite avec 365 employés, mais les activités ont changé au fil du temps. À partir des années 80, la transformation des betteraves sucrières a été remplacée par celle de chicorée et de pois jaunes. Le sucre a été remplacé par de l’inuline et de la protéine de pois.

« De nombreuses familles ont peu de temps pour préparer un repas frais chaque jour. Nos produits permettent à l’industrie de leur proposer des repas faciles, rapides et nutritifs » explique Eric Bosly, CEO de Cosucra. « Les nutritionnistes soulignent l’importance des fibres et des protéines végétales pour la santé, et un tel régime a aussi une influence positive sur notre empreinte écologique. »

Nouveaux investisseurs

Pour aller plus loin dans la décarbonation, l’entreprise a lancé en 2023 un plan d’investissement de sept ans d’un montant de 150 millions d’euros. « Nous nous sentons fort concernés par la crise climatique, et nous voulions donc accélérer cette transition » déclare Eric Bosly. « C’est pourquoi nous avons fait appel à trois investisseurs qui partagent nos valeurs et sont prêts à s’engager à long terme. »

Relation sur le long terme

Cosucra et BNP Paribas Fortis collaborent depuis longtemps. « BNP Paribas Fortis nous a soutenus dans notre expansion au Danemark et aux États-Unis. Il est très important d’avoir un seul et même interlocuteur pour la mise en place de la structure financière des filiales, l’ouverture de comptes à l’étranger, etc. Nous nous réunissons régulièrement, ce qui nous permet de compter sur l’expertise d’équipes spécialisées dans l’industrie alimentaire. Leur vision macro est un beau complément à celle des account managers locaux qui connaissent bien nos activités. »

Des conditions de marché identiques

Les efforts fournis par Cosucra permettront de réduire les émissions de CO2 de 55% d’ici trois ans. La décarbonation n’est qu’un de combats d’Eric Bosly. « Nous plaidons pour les mêmes conditions de marché que pour les protéines animales. Pourquoi, par exemple, une TVA de 20% est-elle appliquée au lait à base de pois alors que le lait de vache relève de la TVA à 6% ? Les produits d’origine végétale sont, en outre, plus chers, parce que vous ne pouvez pas réaliser d’économies d’échelle en raison des quantités plus faibles. Compte tenu de tous les « effets externes négatifs » des produits animaux, tant sur la santé que sur l’environnement, notre secteur mérite un soutien jusqu’à ce que nous atteignions une certaine ampleur. »

Changement de mentalité

Le chef d’entreprise déplore la façon dont le commerce de détail utilise la viande comme produit d’appel, en réduisant ses marges pour offrir un prix attractif aux consommateurs. « En période d’inflation, cette différence de prix est d’autant plus préjudiciable pour nous. Un changement de mentalité est donc vraiment nécessaire. Les nutritionnistes disent qu’une portion hebdomadaire de 200 à 250 grammes de viande suffit pour en tirer les bienfaits nutritionnels, sans les effets négatifs. Mais actuellement, la plupart des Belges consomment plutôt 200 grammes de viande par jour. »

Éric Bosly estime aussi que la concurrence des produits agricoles importés est un obstacle. « Le Pacte vert pour l'Europe vise à réduire de moitié les intrants, ce qui entraîne notamment l’interdiction de nombreux herbicides. Les agriculteurs devraient être accompagnés dans cette transition. Et une entreprise comme Cosucra, qui achète des chicorées et des pois dans un rayon de 200 kilomètres, ne joue pas à armes égales avec la forte concurrence chinoise. »

Cosucra est prêt à changer le monde. Découvrez d’autres histoires fascinantes de chefs d’entreprise.

Née il y a plus de 2 siècles, Brepols crée depuis 1976 des agendas permettant de mieux organiser son temps. Via un groupe de projet interne, ils misent sur les personnes, la planète et la prospérité.

« C’est depuis Turnhout et notre succursale à Paris que nous créons avec nos 110 collaborateurs des outils permettant à nos clients de mieux gérer leur temps, au bénéfice de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée », explique Philippe Pissens, directeur financier de Brepols. « La qualité, le savoir-faire et la créativité sont au cœur de nos produits. Les agendas, calendriers et carnets Brepols ne sont pas des produits jetables, mais durent des années sans aucun problème. En outre, nous fabriquons des articles professionnels de maroquinerie sous la marque Maverick, et nous avons lancé une toute nouvelle collection de notebooks haut de gamme sous la marque « de KEMPEN ». Nous distribuons aussi les célèbres carnets Moleskine. Nous proposons par ailleurs des services de reliure », précise-t-il. Les principaux marchés de Brepols sont le Benelux et la France.

Les finances sur de bons rails 

Depuis sa création en 1796, Brepols a vu passer de nombreuses tendances et évolutions. Ces dernières années ont été placées sous le signe de la croissance. C’est certainement aussi grâce au directeur financier, qui a rejoint l’entreprise en 2000. Avec un chiffre d’affaires de 17,4 millions d’euros en 2021, 19,6 millions en 2022 et 20,8 millions l’année dernière, l’entreprise est clairement sur la bonne voie financière. « Ces chiffres ne sont pas uniquement la conséquence de hausses de prix. Nous sommes une entreprise solide avec une solvabilité de 70%, ce qui signifie que nous ne nous finançons qu’avec 30% de fonds externes » précise-t-il.

Plus que planter des arbres

« Depuis 2009, nous utilisons exclusivement du papier labellisé FSC (Forest Stewardship Council). Pour chaque arbre qui meurt, un nouvel arbre est planté. Mais il est toujours possible de faire mieux. En 2022, nous avons mis en place un groupe de projet composé de personnes de tous les niveaux de l’entreprise. Nous l’avons baptisé P3 : nous nous concentrons sur les personnes, la planète et la prospérité. »

Le groupe de projet a analysé les forces et faiblesses de l’entreprise, avec l’organisation patronale Voka comme caisse de résonance. « Nous ne voulions surtout pas tomber dans le greenwashing » insiste Philippe Pissens. Concrètement, Brepols a dressé dix-huit points d’action qui lui ont permis de couvrir neuf des dix-sept objectifs de développement durable. Outre une charte, il s’agit par exemple d’un ‘code of conduct’ que les fournisseurs doivent signer et respecter. Parmi les autres initiatives, citons l’attention portée à la production locale, la limitation des déchets résiduels, la réduction de la consommation d’énergie et le développement d’une politique RH axée sur la diversité et l’inclusion. « L’objectif de ce groupe de projet est de susciter une adhésion en interne et en externe, et de communiquer clairement avec toutes nos parties prenantes. »

Un modèle d’organisation fluide

« Nous attachons une grande importance à l’honnêteté et à la transparence vis-à-vis de nos collaborateurs » poursuit Philippe Pissens. « Nous menons une concertation intensive avec eux, tant formellement qu’informellement. Nous optons délibérément pour un modèle d’organisation fluide et participatif, entre structure hiérarchique et autogestion. C’est essentiel, car un quart de nos collaborateurs prendront leur retraite au cours des trois prochaines années. Voilà pourquoi nous avons aussi acheté des cobots, ce qui rend le travail moins physiquement éprouvant pour eux. »

Communication claire

Philippe Pissens souligne l’importance d’une communication claire vers toutes les parties prenantes, y compris les partenaires financiers comme BNP Paribas Fortis. « Notre banque est devenue une figure clé dans notre gestion d’entreprise. Nous fournissons à notre chargé de relation des chiffres détaillés et l’informons de nos ambitions durables. Nos personnes de contact chez BNP Paribas Fortis nous fournissent non seulement des informations sur les produits financiers, mais aussi des conseils concrets, notamment sur la mesure de notre consommation d’énergie et les possibilités de subvention, par exemple pour installer des panneaux solaires. La communication se fait vraiment dans les deux sens ! Notre collaboration est devenue un véritable partenariat. Entreprendre en se souciant des aspects ESG (Environmental, Social, Governance) est au cœur de chacun de nos échanges », conclut Philippe Pissens.

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« La banque est devenue une figure clé dans notre gestion »
Philippe Pissens, directeur financier Brepols

Brepols est prêt à changer le monde. Découvrez d’autres histoires fascinantes de chefs d’entreprise.

Triple Helix se présente comme la première entreprise de recyclage verticalement intégrée au monde à proposer à l’industrie une chaîne de valeur à 100% inversée. À commencer par l’industrie chimique.

Triple Helix compte changer le cours des choses pour une industrie chimique traditionnelle et à forte intensité de capital. Pour ce faire, l’entreprise investit dans des matières premières alternatives et dans le recyclage. « Nous voulons éviter que les produits ne soient purement et simplement incinérés ou jetés en fin de vie. Nous récupérons les flux de matériaux et transformons les déchets en nouvelles matières premières », résume Steven Peleman, CEO. « Peu importe de quel flux de déchets il s’agit. Notre premier projet concret est une usine qui va décomposer la mousse de polyuréthane pour réutiliser ses composants comme matières premières liquides pour l’industrie. » 

Venture studio

Steven Peleman et ses trois partenaires connaissent la chimie et savent qu’il est très difficile de faire bouger les choses dans ce secteur. « Certaines de ces usines existent depuis des décennies. On ne peut bien entendu pas arriver et dire que nous allons procéder d’une manière radicalement différente et mettre le marché sens dessus dessous. C’est pour cela qu’il faut de petites entreprises qui assurent en quelque sorte une fonction de catalyseur. »

La mission principale de Triple Helix, c’est d’être un venture studio indépendant qui met des projets circulaires sur pied, les développe et crée les écosystèmes adéquats autour de ceux-ci. « Nous avons commencé par l’industrie que nous connaissons le mieux. Mais nous élargissons progressivement nos activités. Nous avons désormais une dizaine d’entités juridiques et nous sommes en train de développer un nouveau cluster autour de la récupération du CO2 et de l’acide sulfurique. »

Friends, family and fools

En tant que start-up, Triple Helix se trouve actuellement encore dans sa phase d’investissement. « Et c’est un fameux défi », affirme Steven Peleman. « Trouver des investisseurs capables de prendre des risques, c’est quasiment la seule façon d’obtenir des financements pour les initiatives de ce type. Surtout dans un secteur comme le nôtre, où les installations, les appareils de test et les laboratoires sont immanquablement onéreux. Et les profils avec lesquels vous devez travailler sont eux aussi assez chers. Car il faut qu’ils aient de l’expérience et du know-how. Dans la phase de démarrage, vous ne pouvez généralement compter que sur vos amis, votre famille et d’autres généreux donateurs. Mais notre crédibilité est en train d’augmenter et cela accroît le champ des possibles », explique Steven Peleman.

Évolutif et rentable

L’usine de recyclage du polyuréthane sera leur premier projet phare. « Nous voulons ainsi démontrer que notre business model fonctionne et qu’il est aussi évolutif que rentable. De quoi encourager les actionnaires traditionnels à nous rejoindre dans cette aventure. »

Le financement devrait normalement être bouclé au premier trimestre. Et ensuite, les travaux de construction de l’usine pourront commencer fin mars. « Nous sommes parfaitement prêts. Nous obtenons de bons résultats en laboratoire. Plusieurs parties présentes sur le marché se sont engagées à nous fournir et à nous acheter des matériaux. Et nous sommes en discussion avec trois pays pour déployer l’usine à l’international. »

Au cours des deux prochaines années, Steven Peleman souhaite rendre l’infrastructure rentable et poursuivre le développement des autres entreprises. « Le but n’est pas de créer des centaines d’entreprises, mais bien quelques-unes qui apportent véritablement une solution à un problème. Et puis de les internationaliser. Notre objectif final est de pouvoir dire, d’ici cinq à dix ans, que l’ensemble du projet est financé, fonctionne bien et donne de beaux résultats afin que nous puissions le transmettre à la génération suivante. »

Prêts à développer ensemble une solution

BNP Paribas Fortis suit et conseille Triple Helix depuis trois ans déjà, c’est-à-dire depuis le moment où l’idée a germé et jusqu’à ce que les options de financement se soient concrétisées. « Nous avons suivi un vrai parcours d’apprentissage avec la banque », explique Steven Peleman. « Pour que les deux parties soient en mesure d’évaluer les risques, il faut qu’elles construisent une relation et qu’elles apprennent à bien se connaître. »

Aujourd’hui, BNP Paribas Fortis est l’une des deux banques d’un consortium qui contribuera au financement d’une grande partie de l’usine. « Je remarque que dans la banque, on dispose des connaissances nécessaires pour évaluer ce que nous faisons. Mais ce qui est plus important encore, c’est de comprendre ce que nous faisons. Et c’est aussi leur cas. »

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« Nous avons suivi un vrai parcours d’apprentissage avec la banque. Pour que les deux parties soient en mesure d’évaluer les risques, il faut qu’elles construisent une relation et qu’elles apprennent à bien se connaître », affirme Steven Peleman, CEO de Triple Helix.

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