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18.12.2017

Des start-up se mobilisent pour que la Smart City ne manque pas d'air

Inspirer, expirer. L’air est parfois pollué. Sensio AIR, Clarity, Flow et d’autres start-up s’emploient à améliorer la qualité de l’air, et donc la santé des citoyens, aux côtés de la Smart City.

La qualité de l’air est un enjeu majeur de santé publique. L’air pollué serait ainsi la cause de 6,5 millions de morts dans le monde tous les ans d’après une étude publiée le 20 octobre 2017 dans la revue médicale The Lancet. D’après un rapport de l’OCDE, les coûts médicaux liés à la pollution atteindraient les 21 milliards de dollars pour la seule année 2015 et risquent d’augmenter significativement. La qualité de l’air ne concerne pas seulement les pays réputés pollués comme la Chine. Au Danemark, par exemple, la capitale estime à 500 le nombre de Copenhaguois qui meurent des conséquences de la pollution. Pour y remédier, la municipalité mesure, en temps réel, la qualité de l’air. Avoir des données et la capacité de faire un constat est une chose. Encore faut-il agir. Comment les smart cities adressent-elles ce problème ? Quelle collaboration avec les start-up du domaine est possible ? Les villes peuvent prendre des engagements, définir des politiques qui à terme amélioreront la situation. Mais en attendant, que peuvent faire les citoyens à leur échelle ? Des start-up, dont certaines rencontrées au TechCrunch Disrupt 2017 ou au dernier DemoDay de l’accélérateur HAX à San Francisco, proposent des solutions.

Les start-up aident le citoyen à se protéger de la pollution

Près de 25 millions de personnes sont asthmatiques aux États-Unis, d’après la fondation d’Amérique pour l’Asthme et l’Allergie. Or d’après certaines études, non seulement la pollution peut empirer l’état respiratoire d’une personne asthmatique mais peut aussi provoquer la survenance de la maladie chez une personne jusque-là en bonne santé. Pour éviter de souffrir des symptômes, le mieux est encore de respirer un air pur. C’est l’objectif de Sensio AIR. Le CEO et co-fondateur de la jeune pousse Cyrille Najjar, rencontré au TechCrunch Disrupt 2017, explique que son application et son appareil sont destinés aux « gens qui voudraient connaître la qualité de l’air dans les villes mais aussi à la maison ».

Mais pour comprendre ce qu’on respire, à quel indice se vouer ? L’évaluation de la qualité de l’air est en effet encore subjective. « Les organismes internationaux ne se sont pas encore mis d’accord sur un seuil pour chaque polluant au-delà duquel l’air est considéré comme mauvais. Chaque pays suit son propre indice de qualité de l’air, la politique joue donc un rôle primordial dans la détermination de ces seuils », précise l’expert. « La communauté scientifique n’est également pas encore sûre de savoir si une longue exposition modérée à un polluant est plus dangereuse qu’une exposition courte mais extrême… ». Dans ces circonstances, Sensio AIR a décidé de choisir l’indice le plus protecteur pour les citoyens.

La start-up dispose d’un « réseau de capteurs immense » déployés dans les maisons et en ville, qui iront dans « les véhicules, les trains, les bâtiments publics, les hangars... ». Un bon moyen de connaître et communiquer avec précision le niveau de pollution ou d’éléments nocifs dans l’air à un endroit donné, pour prodiguer des conseils. « Nous pourrons connaître les causes et dire aux utilisateurs attention aujourd'hui il faut ouvrir les fenêtres, mettre un déshumidificateur etc. .» Ceux qui souffrent d’asthme et d’allergies peuvent « enregistrer les symptômes sur l’application. Plus ils le font, plus [Sensio AIR] est capable de prédire à l’avance quand cela va se reproduire », ajoute Cyrille Najjar. La start-up se concentre ainsi en particulier sur la prévention des maladies et allergies respiratoires.

Un but qu’elle partage avec la start-up Plume Labs. Cette jeune pousse londonienne aide les utilisateurs à éviter les pics de pollutions grâce à son application Air Report. L’idée ? À défaut de pouvoir améliorer l’air que l’on respire, apprenons à adapter nos activités aux niveaux de pollution. Pour choisir quand aller faire son jogging, emmener les enfants au parc ou sortir le chien, l’utilisateur n’a plus qu’à vérifier le niveau de pollution à l’instant T et celui des heures suivantes, exactement comme il le ferait pour la météo. Et pour savoir ce qu’il en est le plus précisément possible à l’intérieur comme à l’extérieur de la maison, Plume Labs a lancé un capteur portable, Flow, une sorte de wearable qui s’attache au sac.

Dans le même esprit, la jeune pousse française Wair, présente au CES 2017, propose des foulards avec masque intégré, pour permettre aux piétons et conducteurs de deux roues dans des villes pollués de se protéger des éléments nocifs. Les citoyens sont ainsi poussés à changer leurs habitudes pour mieux respirer. Mais en réalité, leur pouvoir d’action est limité. Tout ne peut pas se régler à l’échelle de l’individu bien que les appareils et capteurs des utilisateurs ont le mérite de déclencher des prises de conscience. Seules les villes intelligentes peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de l’air.

La bonne santé de l’Homme passe par celle de la Smart City au long terme

Pour améliorer la qualité de l’air, les smart cities déploient plusieurs stratégies. À Copenhague, l’entreprise CPH Sense et ses capteurs connectés fournissent des informations sur les niveaux de pollution en temps réel. L’équivalent existe dans plusieurs villes, comme à San Francisco avec notamment le site étatique AirNow. D’après la start-up Clarity, passée par l’accélérateur HAX, le nombre de villes qui mesurent activement la qualité de l’air a triplé en 6 ans : 3000 contre 1100 auparavant. Serait-ce la preuve d’une certaine prise de conscience ?

Dans la ville d’Oakland, au nord de San Francisco, plusieurs acteurs publics et privés ont en tout cas travaillé ensemble pour mieux comprendre les problèmes de pollution de l’air. Des chercheurs de l’Université du Texas à Austin, des équipes de Google Earth Outreach et de l’ONG Environmental defense fund ont dévoilé en juin dernier le résultat de leur collaboration avec Aclima, une start-up qui cherche à recueillir des données sur l’environnement. Les capteurs de cette dernière, placées pendant un an sur des véhicules de Google Street View, ont montré à quel point la qualité de l’air pouvait varier d’un pâté de maison à l’autre. Ce type d’étude démontre la nécessité de mesurer la qualité de l’air le plus localement possible. Et c’est en cela que les jeunes pousses comme Clarity peuvent aider. Son réseau dense de capteurs lui permet de disposer de données sur la qualité de l’air en temps réel qui sont directement téléchargés dans le cloud. « La précision des données est ensuite améliorée grâce à des algorithmes de machine learning, en fonction de celles collectées par les stations gouvernementales », raconte Meiling Gao, docteur en Santé publique et Environnementale et COO de Clarity.

« Les villes possèdent souvent des stations de surveillance de la qualité de l’air qui ont l’avantage d’utiliser des méthodes de référence avec un niveau de précision élevé. En revanche, elles sont très onéreuses y compris en termes de maintenance, et donc rares », affirme Cyrille Najjar, en notant que le Royaume-Uni n’en possède que 150 pour tout le territoire. « Elles sont souvent sur le toit des bâtiments ou loin des zones densément peuplées », précise Meiling Gao. Les capteurs des jeunes pousses, plus nombreux, souvent à bas coût et faciles à entretenir, complètent ainsi ceux de la municipalité et laissent découvrir « une vue d’ensemble de la qualité de l’air de la ville » selon le CEO de Sensio AIR.

Sa start-up peut ainsi alerter la localité en cas de situations inhabituelles ou de problèmes majeurs et faire des recommandations. « Le plan urbain de certaines villes a ainsi été modifié en connaissance de cause pour réduire ces sources de pollutions ponctuelles », révèle le cofondateur de la start-up. « Les feux rouges sont de grandes sources de pollution à cause du redémarrage des véhicules, certains ont donc été déplacés et les routes repensées pour protéger des populations sensibles (enfants en bas-âge, personnes malades, âgées…). La mise en place d’un service de transport en commun renforcé sur des axes pollués a aussi permis de réduire drastiquement les niveaux de pollution. » Si ces recommandations relèvent du bon sens, elles ne sont pas toujours si aisées à mettre en œuvre pour les villes, qui se heurtent à de nombreux obstacles.

Citoyens, acteurs publics et privés, la qualité de l’air doit être l’affaire de tous

L’une des difficultés est liée à « la nature multisectorielle de la gestion de la qualité de l’air », soutient Meiling Gao. « Les agences publiques de protection de l’environnement compétentes pour monitorer la qualité de l’air n’ont pas toujours l’autorité pour implémenter des politiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre comme rendre les bus municipaux électriques ou mettre en place des restrictions de circulation dans certaines zones de la ville. » La pollution de l’air concerne les responsables du transport, de l’énergie, de l’environnement et « tous doivent pouvoir s’asseoir à la même table pour régler le problème ». Par ailleurs, ces acteurs ont besoin de meilleures données pour prendre les bonnes décisions. « Les causes de pollution sont multiples, le climat ou l’activité humaine en font partie. Les décisionnaires doivent donc avoir des informations localisées pour comprendre quels facteurs impactent la qualité de l’air, comment y remédier, et quantifier en temps reel l’efficacité de leurs politiques publiques afin de les adapter à la réalité », souligne l’experte.

Sensibiliser la population, engager les habitants en leur faisant prendre conscience que leur comportement peut changer la donne est également une mission de la Smart City. La COO de Clarity considère ainsi que « les informations sur la qualité de l’air devraient être aussi communes et répandues que la météo ou les alertes sur le trafic routier. Et plus les informations concernent des lieux fréquentés par les citoyens comme les écoles, parcs, jardins publics, zones commerciales, plus c’est pertinent pour eux. »

Inversement, les citoyens ont également un rôle à jouer pour pousser la Smart City à prendre ses responsabilités. « Ils peuvent se renseigner sur les risques pour la santé associés à la pollution et encourager les politiques qui amélioreront la qualité de l’air. Des initiatives comme la création d’espaces verts, de voies cyclables, d’un meilleur réseau de transport public font partie de la direction dans laquelle nous voulons que les villes s’engagent afin de créer une ville durable avec des citoyens en bonne santé. Pour cela, avoir de meilleurs données et davantage de données est indispensable », avance Meiling Gao.

La purification de l’air est-elle une solution ?

Reste une dernière piste pour améliorer l’air respiré : si l’air est pollué, pourquoi ne pas le filtrer ou le purifier ? Au-delà des politiques publiques long-termistes cette technique semble être une solution plus radicale, mais développée uniquement à petite échelle. Des start-up comme Molekule ou Arcadya proposent un produit conçu pour la maison, pour améliorer l’air en intérieur, où, disent-elles, l’homme passe le plus clair de son temps. Quand à l’extérieur, Londres teste un banc qui filtre l’air, dans une ruelle de la ville. Situé à Bird Street, AirLabs aspire l’air environnant et rejette de l’air purifié. « Une solution utile au court-terme, mais uniquement en attendant de s’attaquer directement à la source », pour Meiling Gao - autrement dit, un pansement sur une plaie plus importante.

Si mesurer la qualité de l’air peut paraître accessoire quand tout va bien, cela s’avère précieux quand les choses se gâtent. Les récents incendies en Californie ayant sérieusement altéré la qualité de l’air en Silicon Valley, les habitants ont été plus nombreux à se renseigner sur la situation et ses conséquences pour la santé et le mode de vie, et le seront peut-être encore à l’avenir. Espérons que cela motive les cerveaux de la baie à mettre en place de nouvelles GreenTech pour lutter contre la pollution. D’autres techniques modernes représentent déjà un espoir en la matière, comme cette usine islandaise qui absorbe plus de CO2 qu’elle n’en émet.

Source : L’Atelier
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05.11.2017

Quelles entreprises derrière les Smart City Awards ?

Agoria a remis ses Smart City Awards à plusieurs villes belges fin janvier. L'occasion pour nous de revenir sur les entreprises partenaires de cette mutation indispensable.

« D’après nos estimations, la population de la Région de Bruxelles-Capitale devrait augmenter de 35 % d’ici 2050. Nos villes doivent s’organiser autrement si elles veulent rester viables pour leurs citoyens », explique le CEO d'Agoria Marc Lambotte.

Fin janvier, les Smart City Awards de la fédération ont une nouvelle fois récompensé six villes et communes, trois en Flandre, trois en Wallonie, sur base de 18 projets candidats en provenance de toute la Belgique. Nous en avons retenu quatre.

Agoria Smart City Award Mobility : Courtrai avec Shop&Go

Avec Shop&Go, la ville utilise des systèmes intelligents pour gérer ses places de parking. Vous avez droit à 30 minutes de stationnement gratuit, y compris dans les parkings souterrains, grâce à un système de reconnaissance de plaques, sans ticket et sans cash. Il existe également une application mobile pour réserver une place à l’avance. C'est une première en Europe, à laquelle a participé l'entreprise LinkID, spécialisée dans les paiements mobiles sécurisés.

Agoria Smart City Award Living en Wallonie : Houffalize avec Letsgocity

La commune a adopté l'application mobile belge Letsgocity pour ses citoyens et pour les touristes de passage. Ils peuvent se connecter aux services communaux et aux commerçants. Ils obtiennent également des informations utiles via la géolocalisation.

Agoria Smart City Award Living en Flandres : Hasselt avec CitizenLab

Hasselt a fait appel à un système de co-création pour réhabiliter le parc communal du Kapermolen. Pour ce faire, la ville a développé une application mobile, mise en place en collaboration avec CitizenLab. Les résidents ont pu proposer et discuter d’idées. Le partenaire commercial, Citizenlab, a développé en Belgique une plateforme prête à l'emploi et entièrement personnalisable dans plus de 20 langues, via un cloud-software.

Agoria Smart City Award Digital : Brugelette, avec Orange et Cropland

Brugelette entendait recueillir des données « objectives, fiables et complètes du trafic routier aux alentours de Pairi Daiza » pour élaborer un plan de circulation efficace. L'objectif a été atteint grâce à un projet mené par le Service Public de Wallonie. Cette approche basée sur les Big Data et l’analyse de plusieurs mois de données de téléphonie mobile ont pu donner une image plus précise du trafic routier, comme le confirme Michaël Trabbia, CEO d’Orange Belgium :

« En partenariat avec Cropland, nous avons pu créer 6 zones autour de Pairi Daiza pour cartographier le trafic, à l’aide de données issues des pylônes d’Ath et de Mons. C'est un très bel exemple de la puissance des outils numériques de type Big Data au service des villes intelligentes. »

Pour retrouver l'ensemble des projets et les dernières informations sur le sujet, rendez-vous sur le site « Smart City Awards » d'Agoria.  

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15.06.2017

Banques et villes intelligentes : destins croisés

Sur fond de volumes de données et de défis environnementaux croissants, c’est sur le trio ‘pouvoirs publics, entreprises, citoyens’ que repose la smart city de demain. La banque est un dénominateur commun.

Avec la généralisation des technologies de l’information et les basculements géopolitiques à l’œuvre entre Occident et Orient, l’urbanisation est l’un des moteurs les plus déterminants de la transformation du monde moderne, pas toujours perçue à sa juste mesure. Les estimations des Nations Unies permettent de mieux l’appréhender : si 55 % de la population mondiale vit aujourd’hui dans les villes, elles accueilleront 70 % des 9 milliards d'êtres humains d’ici 2050. Dans les pays occidentaux, le taux d’urbains atteint les 85 % et la tendance s’accélère.

Entre soutenabilité, défis générationnels et inégalités

 Les enjeux technico-économiques des villes sont immenses, avec des questions liées au financement des investissements, à la construction des marchés, aux restructurations industrielles, aux emplois de demain, à l’innovation et au positionnement international des métropoles. On constate par exemple la structuration d’un maillage d’écosystèmes urbains d’entrepreneuriat très actifs et interconnectés, à l’image de San Francisco, Séoul, Paris, Shenzhen et Tel Aviv. Se fera-t-il au détriment de villes plus jeunes, ou moins actives sur ces volets ? L’enjeu sociétal est lui aussi essentiel, avec la probabilité de voir émerger des modes de vie urbaine, des niveaux d’inégalités, et finalement des types de société très différents de ceux que l’on connaît aujourd’hui. Il suffit de comparer le cadre de vie d’un jeune ingénieur de la Silicon Valley à celui d’un retraité à Vienne pour comprendre que les transformations digitales rapprochent dans les usages mais peuvent éloigner dans les codes, notamment culturels et générationnels.  Enfin, l’enjeu environnemental et climatique est incontournable ; il nécessite une refonte de nos modèles partiellement hérités de la révolution industrielle. Or, sur chacun de ces grands enjeux, le rôle des banques sera capital.

Un secteur bancaire partenaire historique des villes…

Le capital et les mouvements de liquidité entre acteurs socio-économiques sous-tendent les dynamiques initiées par les populations, financent les infrastructures, les programmes de développement et donc la mise en place des écosystèmes urbains. Le monde financier et son parangon bancaire sont présents dans toutes les strates sociétales, et à toutes les échelles : territoires, villes, régions, états, espaces transnationaux. Le secteur bancaire fait partie des interlocuteurs privilégiés des composantes vitales de la ville, de l’individu à la collectivité en passant par l’entreprise. Les banques financent, prêtent, soutiennent, évaluent, sont les témoins directs du monde en marche. Elles sont au cœur de l’espace urbain géographique, vecteurs physiques de lien au même titre qu’une poste, une maison communale, un café.

...et au cœur des transformations digitales

En parallèle, la présence digitale des banques s’accélère, répondant à un besoin d’efficacité et d’agrément dans les pays occidentaux, comme d’inclusion et d’accès aux financements dans les pays du sud. Elles voient apparaître en permanence de nouvelles méthodes de financement et de gestion des risques – modes de financement participatifs, développement de la finance verte – et travaillent à les intégrer dans le tissu économique existant. Elles accompagnent leurs partenaires et clients dans ces mêmes réflexions, à l’interface entre nouveaux besoins et déclinaisons technologiques.

Le rôle de la banque dans la ville est-il unique ?

Il est frappant de constater que la banque dans la ville est souvent réduite à sa fonction de financeur, de facilitateur, éventuellement de gestionnaire de risque – quelquefois contrariant ou contrarié – des projets collectifs et individuels. Infrastructure, énergie, éducation, santé ; par définition et vocation, les acteurs financiers sont présents dans les réalisations concrètes de l’ensemble de ces secteurs. Par culture, ils sont des partenaires stratégiques des états, des entreprises, des entrepreneurs et des citoyens. Restent-ils pour autant cantonnés au cadre normatif de pourvoyeur de fonds ? La palette de services est plus large, du retour d’expérience à l’accompagnement de dynamiques métiers. A l’heure où nous reconsidérons l’espace urbain, on peut légitimement se poser la question des atouts des banques en matière de planification, d’intelligence économique, de maîtrise de la donnée, de vecteur de lien social dans les territoires recomposés. La réflexion autour de la valorisation de son positionnement dans l’espace urbain est de celle qu’il faut poursuivre, en conjuguant transparence, pragmatisme et rationalité.

Banque et données au service de l’urbanité…

Grâce à l’agrégation de millions d’écritures bancaires, un établissement financier peut voir apparaître une partie de la vie économique d’une ville. Notamment, il est capable de proposer des indicateurs caractérisant les offres commerciales d’acteurs marchands (des informations particulièrement utiles pour les consommateurs), mais aussi le trafic urbain, les possibilités d'emploi ou le marché du logement. En tant qu’intermédiaire financier, la banque a la capacité de devenir l’observatoire privilégié de l’ensemble des transactions, d’apprécier les relations et les rapports de force entre les acteurs locaux, de fournir des cartes documentées ou des services aux habitants, aux élus et aux entreprises implantées sur son territoire. C’est d’ailleurs l’une des priorités des grands du numérique, notamment les géants américains de la Silicon Valley : les banques ont donc historiquement un positionnement stratégique envié !

… mais surtout au service du citoyen

A l'heure où le numérique transforme nos modes de vie, doit-on parler de la ville du futur comme un espace numérique, intelligent voire… sensé ? Au-delà des affrontements terminologiques, il s’agit bien de mettre la technique et la technologie au service de l'homme, à la convergence des mondes du numérique et de l'information. La banque, dans ce paradigme, est capable d’alimenter le citoyen en informations qualifiées, tant individuelles que collectives. Au-delà de l’optimisation utile (des trajets, des consommations, etc.) offerte par les données et les algorithmes qui les traitent, les urbains souhaitent de plus en plus vivre un second temps, imprévu, incertain et aléatoire. L’agrément et l’expérience deviennent clés. Là encore, la banque a un rôle à jouer.

Les banques ont déjà la culture de la confidentialité, de la conformité et l’expérience de manier les données dans des environnements extrêmement régulés. Il sera au bénéfice de tous, dans un souci de responsabilité et de mutualisation des forces en présence, que les acteurs bancaires apprécient d’un œil neuf leur implication déjà majeure dans les mutations urbaines qui s’accélèrent.

Source : L’Atelier BNP Paribas
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09.10.2017

La voiture autonome offre une seconde jeunesse aux services de location

Entreprises de location traditionnelles et start-up des nouvelles technologies s’associent pour déployer le véhicule autonome à grande échelle.

Pour servir au mieux la logique de la smart city, elles devront néanmoins opter pour le bon modèle.

Récemment, Alphabet et Apple ont tous deux conclu des partenariats avec des entreprises de location de véhicules, dans le cadre de leurs programmes de voitures autonomes respectifs. Waymo, la division d’Alphabet consacrée aux véhicules sans chauffeur, s’est associée avec Avis, leader de la location dans un cadre professionnel sur le marché américain. Selon les termes de l’accord, Avis sera chargée de gérer la flotte de véhicules autonomes déployée par Waymo dans la ville de Phoenix, en Arizona. L’entreprise y a mis en place un projet pilote en avril dernier, proposant à des volontaires d’embarquer gratuitement à bord de ses véhicules pour rejoindre la destination de leur choix. En échange, ils sont invités à faire part de leurs impressions à l’entreprise.

Le partenariat waymo - chrysler

Les véhicules déployés par Waymo sont eux aussi le fruit d’un partenariat, noué en mai dernier avec le constructeur automobile américain Chrysler. Il s’agit de minivans Pacifica, dont Waymo conserve l’entière propriété. Avis sera quant à elle chargée de les stocker et de les entretenir, utilisant pour cela ses propres infrastructures déjà en place. Non exclusif, l’accord est valable pour plusieurs années, et n’implique pas de termes financiers. Apple, de son côté, a noué un partenariat avec Hertz, seconde entreprise de location américaine en matière de chiffre d’affaire, de véhicules et de sites de location. L’accord va permettre à Apple de louer des Lexus RX450h afin de tester son logiciel de conduite autonome. Une demi-douzaine de véhicules circulent déjà en utilisant ce logiciel dans la région de San Francisco.

L'alliance du logiciel et du matériel 

Le fait que deux entreprises à la pointe des nouvelles technologies s’associent avec des représentants d’un secteur ayant connu peu de transformations récentes peut surprendre. L’explication tient au fait qu’Alphabet et Apple sont tous deux bien plus intéressés par le développement de la technologie, du logiciel que par la gestion au quotidien d’une flotte de véhicules autonomes, domaine dans lequel les deux entreprises n’ont strictement aucune expertise. « Maintenant que nos véhicules autonomes, dont le nombre est en augmentation, sont mis à la disposition du public, nous avons besoin de les entretenir et de les nettoyer afin qu’ils soient utilisables à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. » a ainsi affirmé John Krafcik, CEO de Waymo, dans un communiqué de presse. « Avec des milliers de sites de location à travers le monde, Avis Budget Group peut nous aider à rendre cette technologie accessible à plus de monde, dans plus d’endroits. » Apple, qui comptait à l’origine construire son propre véhicule, a finalement décidé de focaliser ses efforts sur le logiciel d’intelligence artificielle, comme le confiait le CEO, Tim Cook, dans une interview accordée au média américain Bloomberg en juin dernier. « Nous nous concentrons sur les systèmes autonomes. Ils constituent le cœur de tous nos programmes d’intelligence artificielle. Il s’agit sans doute de l’une des choses les plus difficiles à faire. »

En plus de leur expertise dans la gestion d’une large flotte de véhicules, les entreprises de location mettent également dans la balance leur clientèle, leurs actifs financiers et leurs infrastructures, susceptibles de donner aux géants des nouvelles technologies les moyens de leurs ambitions. Avis compte  ainsi pas moins de 11 000 sites de location dans le monde entier, sur lesquels Waymo peut désormais compter pour entretenir ses véhicules dans le cadre de ses projets d’expansion futurs. Ne pas avoir à construire elle-même ces infrastructures, ni à recruter le personnel pour y travailler, constitue un sacré coup de pouce, sur ce marché ultra concurrentiel. John Krafcik estime que ses véhicules autonomes et partagés rouleront en moyenne six fois plus que les voitures individuelles : l’entretien est donc le nerf de la guerre. Autre donnée importante : en 2013, Avis a racheté Zipcar, une start-up spécialisée elle aussi dans la location, mais sur un modèle plus souple, innovant, qui remporte un grand succès auprès du jeune public. Entre le million d’utilisateurs de Zipcar, dont bon nombre de jeunes technophiles, et les clients au profil plus traditionnel d’Avis, Waymo dispose d’une porte d’entrée vers un large public. Enfin, Avis et Hertz ne louent pas seulement aux particuliers : elles louent également des flottes de véhicules à des entreprises. Elles ont ainsi le pouvoir de convertir l'intégralité du parc utilisé par un professionnel à la conduite autonome, ce qui constitue un argument de poids pour les acteurs qui s’efforcent de promouvoir cette technologie. 

Avis, Hertz et consorts ont de leur côté tout à gagner à la mise en place de partenariats de ce genre. En effet, l’arrivée de nouveaux acteurs innovants sur le marché, comme Zipcar et Getaround, combinée à l’essor des entreprises de mobilité à la demande comme Lyft et Uber, les ont sérieusement malmenées : au cours de l’année passée, l’action de Hertz a ainsi perdu 75% de sa valeur. Les entreprises de location traditionnelles ont désormais l’occasion de revenir dans la course et de se faire une place sur ce nouveau secteur, qui promet de transformer durablement le marché automobile.

Vers des taxis autonomes, électriques et partagés ?

L’ensemble du paysage automobile est d’ailleurs en pleine recomposition. Aucun acteur ne possédant pour l’heure toutes les cartes lui permettant de s’imposer face aux autres, nous assistons à un jeu d’alliances, où certains apportent leur maîtrise du logiciel, d’autres leur savoir-faire de constructeurs, d’autres encore leur capacité à gérer de larges flottes. Waymo s’est ainsi également associé avec Honda et Lyft. Ce dernier a pour sa part conclu un marché avec General Motors, qui possède ses propres départements consacrés au véhicule autonome et à l’autopartage, ainsi qu’avec Nutonomy, start-up spécialisée dans la conception de logiciels pour voitures sans chauffeurs. La jeune pousse Getaround, qui propose un modèle de location de particulier à particulier, travaille quant à elle avec Toyota, qui s’est elle aussi dotée de son propre département consacré aux voitures autonomes. Au milieu de ce jeu d’alliances, on voit émerger plusieurs modèles possibles. 

Une première option consisterait à convertir à la conduite autonome l’intégralité du parc de véhicules des entreprises de location, qui continueraient peu ou prou à fonctionner comme avant, avec davantage de souplesse, l’utilisation d’applications pour commander un véhicule, etc. Ce modèle, assez simple à mettre en œuvre, n’est cependant pas le plus intéressant, dans la mesure où il ne permet pas une optimisation des actifs. Si chacun loue son véhicule autonome individuel pour son propre usage, les gains en matière de réduction du trafic, de baisse de la pollution et d’espaces urbains disponibles seront réduits. Pour que l’efficacité soit maximale, il ne faut plus qu’un individu occupe à lui tout seul un véhicule capable d’accueillir quatre ou cinq personnes, ni que des voitures soient immobilisés en bas des immeubles pour attendre leurs propriétaires. Une seconde option, plus complexe, mais bien plus efficace, consiste à transformer l’intégralité des véhicules opérant en milieu urbain en un écosystème de taxis électriques, autonomes et partagés, que chacun pourrait commander à l’aide d’une application, qui circuleraient de manière permanente, seraient gérés et entretenus par les entreprises de location. Nous avons de longue date vanté les mérites d’un tel écosystème, qui permettrait de tirer toute la substantifique moelle de la technologie de conduite autonome. En plus des acteurs privés, les pouvoirs publics doivent cependant eux aussi s’impliquer pour rendre cet avenir possible. Les villes de New York et Los Angeles ont récemment annoncé travailler pour se doter d’un écosystème de ce genre, faisant un pas dans la bonne direction.

Source : L’Atelier
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10.10.2017

Les neuf critères de la Smart City en 2020

Qu’est-ce qui rend une ville intelligente ? Neuf critères selon une récente étude du cabinet d’études et de conseil Frost & Sullivan.

Smart City. Le terme est sur toutes les lèvres. Toutes les municipalités veulent en être. Mais qu’est-ce que cela implique exactement ? Le cabinet d’études et de conseil Frost & Sullivan définit le concept dans une récente étude. Neuf critères caractériseront la ville intelligente en 2020. Cette dernière devra déployer un réseau énergétique intelligent, et utiliser des smart grid par exemple. Ses bâtiments seront verts, grâce au BIM ou à d’autres techniques permettant de réduire la facture énergétique, comme ce revêtement spécial qui diminue la température dans les rues de Los Angeles. La mobilité sera à la pointe de l’innovation grâce aux systèmes de transport multimodal et aux véhicules du futur, autonomes et électriques. La smart city sera technologique et connectée. La santé y sera également une préoccupation majeure et cela passera par une surveillance accrue par les wearables et les données récoltées. Les infrastructures seront intelligentes, les routes connectées et la gestion des déchets technologique. Les autorités de la ville et le gouvernement encourageront les initiatives smart city. Les technologies serviront également à améliorer la sécurité dans la ville. Enfin, le citoyen sera partie prenante de la smart city, il fera preuve de proactivité et adoptera un mode de vie adapté pour respecter sa ville. Les auteurs de l’étude affirment qu’une smart city devra remplir au moins 5 de ses critères, ce qui ne serait le cas d’aucune ville aujourd’hui - du moins sur l'ensemble de la municipalité. En revanche, plusieurs villes intelligentes pourraient voir le jour pour 2026 parmi lesquelles Paris, San Francisco ou Singapour. D’ici là le marché global de la ville intelligente pourrait exploser et passer de 900 milliards en 2016 à 1,5 billions de dollars d’ici à 2020. Plus qu'un concept, la smart city est une tendance qui se confirme.

Source : L’Atelier

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