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27.04.2018

En route vers l’économie circulaire

Généralement, les entreprises ont encore leur stratégie, leur structure et leurs opérations enracinées dans l’économie linéaire. Est-ce encore tenable ? 5 business models pour adopter la pensée circulaire

Aujourd’hui, investir ci et là dans le développement durable ne suffit plus. Les ressources naturelles s’épuisent et les impacts environnementaux atteignent un tel point que nous ne pouvons plus nous contenter de faire les choses ‘moins mal’. Il est attendu des entreprises qu’elles créent des impacts positifs en cassant le lien entre croissance et recours à des ressources naturelles. 

Le dirigeant d’une entreprise qui se veut responsable s’interrogera sur les opportunités de croissance qui se présenteront à lui s’il fait les choses autrement, sur les bénéfices sociaux, environnementaux, sociétaux (outre les gains financiers) qu’il pourra générer avec les moyens, la technologie et dans le timing qui sont les siens.
Pour créer de l’impact positif, les entreprises  devront s’affranchir de la pensée linéaire avant de pouvoir passer à l’économie circulaire. Elles auront probablement à revoir leur chaîne de valeurs mais elles n’y parviendront pas du jour au lendemain. Pour s’inspirer et accélérer le mouvement, certaines n’hésitent pas à emboîter le pas aux PME innovantes.

Par où commencer, sur quoi se focaliser, comment se transformer ?

Une analyse de 120 cas réalisée par Accenture a permis de faire émerger 5 business models qui représentent autant de façon d'aborder l'économie circulaire.

Introduire le durable en amont ou en aval de la chaîne logistique ?

Première possibilité pour changer de business model : modifier le choix des matières premières auxquelles faire appel pour produire. L’exercice consiste à chercher d’autres matériaux, renouvelables en adaptant en amont la chaine d’approvisionnement pour aboutir, à terme, à un produit durable et, idéalement, parvenir au zéro déchet. Exemple, un industriel peut substituer au plastique, composant linéaire, le bioplastique ou une autre alternative renouvelable ou recyclable. En introduisant un ingrédient de la chimie durable, Ecover en est le plus bel exemple lorsqu’il lance dans les années 80 la première poudre à lessiver sans phosphate et réduit la demande pour des matériaux toxiques et non recyclables. Depuis, Ecover a élargi son activité à une vaste gamme de produits.

La même démarche peut être menée en aval de la chaîne de production. Une belle illustration en est offerte par Sigma quand il propose au marché la première peinture qui purifie l’air intérieur, sachant que nos maisons sont généralement remplies de produits toxiques.

Penser récupération plutôt que produit

Ce second modèle inspire, entre autres, certains producteurs de tapis, tels que Desso ou Interface, qui passent à des produits 100% recyclables. Pour eux, le défi est de parvenir à garder le contact avec les clients afin de récupérer leurs tapis en fin de vie, ce au coût le plus bas possible. Pour des châssis en aluminium, produit pur facilement recyclable, il peut même s’agir de reprendre contact 20 à 30 ans plus tard et de mettre en place une chaîne de logistique inversée.

A quels autres défis se confronte l’industriel du tapis soucieux de recycler la valeur résiduelle potentielle de son produit ? Récupérer l’article sans le détruire. Desso invente donc Refinity, une technique qui lui permet de dissocier les fibres, des plus grosses jusqu’aux très fines. A l’issue de la phase de purification, un nouveau tapis pourra donc être refabriqué à partir de l’ancien (technique ‘Cradle to Cradle’, en français, du berceau au berceau). Le recours aux ressources et les déchets s’en voient donc significativement limités. Le produit est reconstitué sans apport de nouveaux ingrédients, la boucle est fermée pour un déchet quasi égal à zéro.

Quentin Denis (Accenture) : « Cette volonté de récupérer des matériaux dans les déchets peut donner des résultats étonnants, comme la métamorphose d’une entreprise minière au procédé 100% linéaire, devenue championne du recyclage de nutriments techniques. C’est ainsi qu’Umicore change radicalement son core business pour passer de l’extraction minière à l’’urban mining’. DSM  est aussi une entreprise minière qui s’est complètement transformée pour devenir, quant à elle, fabricant de produits circulaires. »

Le déchet de l’un devient parfois l’ingrédient de l’autre. Autrement dit, une autre manière de fermer la boucle sans passer par la case ‘déchets’ a été, pour Engie, de s’installer dans les environs immédiats d’Arcelor Mittal (Gand) afin de transformer toute la vapeur – énergie en principe perdue – pour la réinjecter dans le circuit électrique. Autre exemple, en Suisse, IBM transforme l’air chaud généré au Uitikon center en eau chaude qui sera utilisée par la piscine communale du quartier. Selon IBM, le volume de chaleur produit serait apte à chauffer l’équivalent de 80 maisons ou toute une piscine. 

Vendre ou louer ? Quand l’obsolescence devient taboue

L’économie de la fonctionnalité, en vertu de laquelle une entreprise tend à vendre son produit en tant que service, est dans l’ère du temps. Ce 3ème business model peut ou pas se combiner à d’autres concepts qui émergent également, comme l’économie du partage ou encore l’économie de plateforme. Néanmoins, l’une peut fonctionner sans l’autre et la confusion guette le profane.

Nous parlons d‘économie de la fonctionnalité lorsque nous évoquons Rolls Royce qui, depuis les années 60, produit des turbines pour avion et les loue aux compagnies aériennes. Quel est l’intérêt pour Roll Royce ? « Ils gardent leur droit à la maintenance, dont ils tirent une source de revenus supplémentaire et peuvent améliorer leur performance. En louant, plutôt qu’en ne vendant qu’une seule fois, ils lissent leurs revenus puisqu’un avion vole des dizaines d’années. Le plus clair de tout, c’est que cela change complètement leur focus sur la qualité car ils sont attentifs à performer sur le long terme pour éviter les pannes, par exemple », défend Quentin Denis. Une manière de prendre la tangente de l’obsolescence programmée…

L’économie de partage s’avère souvent être un multiplicateur de revenus dans la mesure où l’on multiplie les utilisateurs qui peuvent accéder à un bien sous-utilisé. 

Economie de plateforme, ou la chasse au gaspi

Partager via une ‘app’ les surcapacités du prestataire ou les sous utilisations de produits ou services entre utilisateurs, particuliers ou professionnels, c’est sur ce concept que repose cet autre modèle basé sur l’économie de plateforme.
Lyft, une plateforme de partage de lifts en voiture, est née du constat que 80% des sièges automobiles citadins restent vides. L’app permet donc à l’utilisateur ayant besoin d’un lift de localiser une voiture d’un pair au moment où elle lui est utile. La course se règle via l’app et revient 20 à 30% moins cher que le tarif d’un taxi, commission Lyft de 20% incluse.

Le service de livraison à bicyclette Deliveroo en est un autre exemple. Il permet d’exploiter la surcapacité des cuisines des restaurants qui s’adjoignent une nouvelle activité, la livraison à domicile, et donc une source supplémentaire de revenus alors que les ressources de personnel en salle sont limitées. On retrouve cette idée dans le secteur de la logistique auprès des plateformes en ligne mises en place pour partager les capacités des camions et éviter les retours à vide.

Quentin Denis se prononce en faveur du concept pour autant qu’il soit voué à faire du bien aux différentes parties prenantes : « Ces plateformes fonctionnent par l’effet de réseau, atteint lorsque le volume est conséquent, tant du côté offre - les prestataires de services, propriétaires de logement Airbnb ou chauffeurs Uber- que du côté demande - vacanciers ou passagers. Cet effet de réseau leur confère un avantage compétitif fort, dont elles pourraient abuser pour changer les règles du jeu du jour au lendemain, augmenter les commissions par exemple ou réduire les rémunérations… » 

Des produits qui vivent plus longtemps

Des composants perdus pour le linéaire car usés peuvent retrouver leur utilité, c’est sur ce principe qui motive le dernier modèle. En améliorant le produit, en le réparant ou en le refabriquant, c’est une nouvelle vie que nous pouvons leur offrir pour ensuite le remarketer voire le personnaliser. C’est également au défi de l’obsolescence que s’attaque Google lorsqu’il réinvente un mobile qui ne correspond plus aux besoins de l’utilisateur et le décompose en modules pour, par exemple, se limiter à ne réparer que ce qui est cassé, donc à moindre coût, et/ou de n’upgrader que la fonctionnalité utile. L’appareil dure plus longtemps et un usage prolongé peut aussi signifier des revenus additionnels. Le besoin en ressources diminuant, le volume de déchets et les coûts suivent le même type de courbe.

Prêt à adopter la pensée circulaire ? Débridez-vous, ne faites pas les choses à moitié mais sachez que des quick-wins périphériques au produit peuvent aussi s’avérer un choix responsable avant de pouvoir tout transformer.

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12.06.2024

Nous devons avancer tous ensemble

La banque a diminué de 55% ses émissions de CO2 par équivalent temps plein, et ce depuis 2019. pour Sandra Wilikens, Chief Human Resources Officer, ça nécessite l’implication de tous.

Entre 2019 et 2022, BNP Paribas Fortis a réussi à réduire ses émissions de CO2 de 55%. Comment y êtes-vous parvenus ?

« Principalement en agissant sur l’efficacité énergétique de nos bâtiments, qui représentent environ 80% de nos émissions directes. Nous avons aussi optimisé notre patrimoine immobilier et fortement réduit les déplacements professionnels. Nous avons adopté une approche très structurée, qui implique tous les départements de la banque. Depuis 2012, notre Green Bank Platform rassemble tous les trois mois les responsables de chaque département. Ils y présentent leur plan d’action annuel et leurs initiatives propres. Nous faisons le point sur toute une série de KPI, notamment la consommation d’énergie et de papier, les déplacements professionnels, l’électrification du parc automobile ou encore la gestion des déchets. Parce que mesurer permet de mieux comprendre. »

Votre objectif était de réduire les émissions de 42,5% par rapport à 2012 avant la fin de l’année 2025. Cet objectif est atteint. Quelles sont vos autres ambitions ?

« Nous ne comptons pas ménager nos efforts d’ici 2025. Car il n’y a pas de temps à perdre si nous voulons atteindre la neutralité carbone en 2050. Notre nouveau siège de Montagne du Parc à Bruxelles est un bel exemple d’efficacité énergétique. Mais pour le reste de notre parc immobilier, il reste beaucoup à faire. Nous allons améliorer l’efficacité énergétique de nos différents sites régionaux, installer des panneaux solaires sur plus de 80 sites et généraliser l’éclairage LED dans nos bâtiments. Ces efforts devraient nous permettre de réduire nos émissions de CO2 de 7% supplémentaires. »

Où en êtes-vous dans l’électrification de votre parc automobile ?

« Nous faisons beaucoup d’efforts pour électrifier notre parc automobile, et je peux dire que nous avançons dans la bonne direction. Fin 2022, 30% de la flotte des véhicules d’entreprise en leasing était électrifiée, soit des voitures 100% électriques et hybrides rechargeables. Au 3e trimestre 2023, 95% des nouvelles commandes portait sur ce type de véhicules. La nouvelle fiscalité joue évidemment un rôle important dans cette évolution.

Mais pour les employeurs, les choses ne s’arrêtent pas là. Ils doivent composer avec un cadre fiscal très complexe, notamment pour le remboursement des frais d’électricité. Et pour une partie de nos collaborateurs, les choses ne sont pas non plus toujours simples, par exemple parce qu’ils ont difficilement accès à une borne de recharge. Je compte organiser cette année une table ronde sur la mobilité. Elle réunirait autorités, opérateurs, start-up et entreprises. Car nous devons avancer, et nous devons le faire ensemble. »

Comment impliquez-vous les collaborateurs et collaboratrices ?

« Il faut bien sûr beaucoup communiquer, expliquer ce qu’on fait et pourquoi on le fait. Au sein de la banque, nous pouvons aussi compter sur un réseau de plus de 220 EcoCoaches. Le compartiment durabilité de la CCT 90 est aussi un incitant intéressant. Tous les ans, nous nous nous fixons six objectifs concrets. Si trois d’entre eux sont atteints, l’ensemble du personnel bénéficie d’une prime en fin d’année. Jusqu’à présent, ça a toujours été le cas.

Et nous pouvons nous appuyer sur d’autres incitants. Grâce à notre Green Fuel Consumer Plan, nous récompensons les membres du personnel qui ont une voiture de société mais qui l’utilisent peu. Nous menons aussi de nombreuses actions pour favoriser la mobilité douce : marche, vélo et transports en commun. Le choix d’implanter nos sièges au cœur des villes a également un impact positif. Fin 2022, 79% des membres du personnel travaillant à Bruxelles empruntaient les transports en commun pour venir au bureau. En dehors des villes, ils sont 60%. »

Selon vous, dans quels autres domaines est-il urgent de prendre des mesures ?

« La pollution numérique est souvent sous-estimée. Il faut bien se rendre compte qu’envoyer 100 e-mails pollue autant que rouler 20 kilomètres en voiture. C’est pour ça que nous organisons chaque année une campagne interne pour sensibiliser nos collaborateurs et leur donner des conseils en vue de réduire leur empreinte digitale. Nettoyer régulièrement sa boîte e-mail, envoyer des liens plutôt que des fichiers, supprimer les fichiers obsolètes : ce sont de petits efforts, mais si nos 11.000 collègues intègrent ces nouveaux réflexes, l’impact peut être énorme. Chaque effort compte ! »

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10.06.2024

La facturation électronique entre entreprises désormais obligatoire

Le projet de loi qui veut introduire cette obligation dans notre pays est actuellement en discussion au parlement fédéral. Après l’approbation du projet, la « facturation électronique B2B » sera obligatoire dès le 1er janvier 2026. Nos experts expliquent pourquoi la Belgique veut introduire ces nouvelles règles, quelles sont les conséquences pour votre entreprise et comment nous pouvons encore mieux vous accompagner.

« Il s’agit d’une réglementation européenne qui sera transposée au niveau belge dès le 1er janvier 2026, explique Emmanuel Bairiot, Responsable Produit chez BNP Paribas Fortis. Elle concerne tout assujetti à la TVA dans le cadre de relations commerciales, soit le B2B, au niveau national. Cela concernera également les relations commerciales au-delà de nos frontières à l’horizon 2028-2030 : la transmission de facture sera harmonisée au niveau européen, aves les mêmes règles d’envoi, de réception et de contenu d’information. »

« Cette régulation européenne vise notamment à limiter la fraude fiscale, complète Emmanuel Bairiot.  De plus, les factures électroniques contiennent des données structurées très riches en informations pertinentes. C’est utile au niveau de la politique économique des États membres, qui peuvent ainsi prendre le pouls  du tissu entrepreneurial du pays et savoir comment s’adapter et fournir des aides. Cela peut également aider les entreprises dans leur cycle « order to cash », car ce processus dématérialisé est entièrement automatisé, ce qui permet aux entreprises de gagner en efficacité et de réduire le temps entre les différentes étapes comme l’envoi, la réception, l’encaissement... »

Pas une révolution mais une évolution

« La nouvelle réglementation n'est pas tant une révolution qu'une évolution, complète Frédéric Fontaine, Head of Transaction Banking chez BNP Paribas Fortis. Ce changement réglementaire sera facilité par les solutions comptables, les softwares, par les sociétés assurant l’émission de factures électroniques.

En tant que banque et société de factoring, nous nous devons d’être présents. Dès 2026, tous les assujettis à la TVA seront interconnectés de manière digitale pour l’envoi et la réception de leurs factures. La banque doit se glisser dans ce canal pour aider nos entreprises à payer et à être payées, et aussi financer des factures sortantes si nécessaire via le factoring. Cela fait partie de notre ADN digital. Nous guiderons nos clients et clientes depuis la création et tout au long du développement et de la croissance de ce processus. Nous serons présents. »

Quel impact pour les entreprises ?

« L’e-invoicing sera obligatoire à très court terme, souligne Emmanuel Bairiot. 2026, c’est demain. Nous recommandons à nos clients professionnels de se mettre en contact avec leur fournisseur de service de facturation, afin de voir comment ils abordent ce changement au niveau du logiciel de facturation. Sera-t-il conforme aux nouvelles règles ? En tant que client, dois-je faire quelque chose en plus ? »

« Il faut anticiper, poursuit-il. Les logiciels sont en train de s’adapter, donc les choses devraient se passer assez naturellement. Mais nos clients peuvent aussi se poser la question pour leurs relations commerciales hors frontières, à moyen terme. C’est aussi l’occasion de réfléchir à son propre processus de facturation. Faut-il réorganiser certains aspects ? »

Prêts à encore mieux vous accompagner

« En tant que banque numéro 1, nous sommes toujours au fait des évolutions, se réjouit Emmanuel Bairiot. Notre ambition est d’être de plus en plus performants digitalement et d’offrir des services à portée de main à nos clients et clientes, par exemple avec des outils tels qu’Easy Banking Business. En termes stratégiques, il est donc normal que nous nous intéressions à l’e-invoicing. De plus, nous bénéficions de l’expertise du Groupe, de sa vision sur l’invoicing au niveau international. Nous pourrons donc profiter de la position du Groupe et de notre expérience dans les canaux digitaux pour accompagner notre clientèle. »

En savoir plus ?

Écoutez l’épisode sur la facturation électronique B2B.

Un abonnement pour fidéliser sa clientèle, se réinventer en période de crise et acheter mieux : Emna Everard a vu juste pour lancer et pérenniser sa start-up bruxelloise.

Née dans une famille de médecins spécialisés en diététique, Emna Everard sait ce que signifie manger sainement. « À 12 ans, je décryptais déjà les étiquettes des emballages. Mon rêve était de réussir à ouvrir, un jour, un supermarché où on pourrait faire ses courses les yeux fermés » se souvient-elle. 

Et puisqu'Emna Everard a l'entrepreneuriat dans le sang, c'est ce qu'elle a fait. En 2016, un peu avant la fin de ses études supérieures, elle lance le supermarché en ligne « le plus sain du marché » : Kazidomi. Ses exigences sont élevées, tant en matière de composition que de goût. Car Kazidomi trie ses produits sur le volet, permettant à sa clientèle d’acheter en toute confiance des produits sains, majoritairement bio et tournés vers le végétal.

Le programme de fidélisation

Six mois après son lancement, la croissance de Kazidomi s’accélère grâce au lancement de son programme de fidélité. Un abonnement à 59 euros qui offre des réductions de 20 à 50% sur l'ensemble des produits alimentaires, cosmétiques ou d'entretien disponibles en ligne. Rentabilisation et économies garanties.

S’en suit une première levée de fonds de 50.000 euros en 2017. Kazidomi grandit, étend la taille de son stock et développe son marketing. Emna Everard engage ses deux premiers collaborateurs. Le chiffre d’affaires augmente vite et explose littéralement pendant la crise du Covid. « Les consommateurs avaient soudain le temps de réfléchir à leur santé et à leur bien-être et faisaient l’essentiel de leurs achats en ligne » ajoute-t-elle.

Comment se réinventer ?

L’après crise constitue un tournant. « Kazidomi a dû se réinventer. Nous voulions trouver une stabilité financière et éviter toute dépendance à des moyens externes » poursuit Emna Everard. Avec ses équipes, elle mène une réflexion sur la structure des coûts, l’efficience opérationnelle et le marketing. L’objectif n’est plus la croissance à tout prix, mais bien la pérennité et la santé financière de l’entreprise, grâce à une réorganisation intelligente.

Deux acquisitions vont ensuite permettre à Kazidomi de relancer sa croissance, en créant des synergies porteuses : « Smart Fooding » en août 2022 et « Bébé au Naturel » quelques mois plus tard. Une entité spécialisée dans les produits sains pour les bébés et leurs parents. « Avec Bébé au Naturel, nous avons doublé le volume de colis envoyés » complète Emna Everard. « Cela nous a permis d’obtenir un meilleur tarif auprès de nos transporteurs et de réduire les coûts ».

Une banque réactive et à l’écoute

En tant que banquier de la start-up bruxelloise, BNP Paribas Fortis lui a accordé trois crédits à son lancement, entre 2016 et 2019. Un soutien qui coulait de source, les engagements de Kazidomi en matière d’objectifs ESG (Environnemental, Sociétal et Gouvernance) cadrant parfaitement avec la stratégie de la banque. « Nous avons intégré le programme Innovation Hub de BNP Paribas Fortis et notre chargé de relation - qui connaissait très bien le milieu des start-ups - s'est montré immédiatement enthousiaste et très à l'écoute. Il a cru en notre projet, l'a suivi de près, nous a conseillé de participer à une série d'événements pour rencontrer d'autres acteurs dont le parcours et le profil est intéressant pour nous », explique l’Entrepreneure de l’année 2019.

Mais le soutien ne s’est pas arrêté là. « En décembre 2022, c’est grâce à BNP Paribas Fortis, entre autres, que nous avons pu acquérir « Bébé au Naturel ». Des start-ups comme Kazidomi ont besoin d’une grande réactivité de la part de leur banque. Quand il y a une entreprise à racheter, une opportunité, les choses doivent aller vite. Analyse du dossier, mise à disposition des fonds : BNP Paribas Fortis a toujours été réactif et enthousiaste et nous a soutenu dans 99% de nos demandes » s’enthousiasme la CEO.

Huit ans après son lancement, Kazidomi livre 4.000 produits partout en Europe. La start up belge réalise 90% de ses ventes via son site web et 10% via des revendeurs externes, comme Delhaize.

Kazidomi a également lancé sa propre marque «Kazidomi», qui propose 200 produits. «En travaillant en direct avec les producteurs, nous pouvons proposer les produits les plus qualitatifs possibles, au meilleur prix».

https://www.kazidomi.com/fr

Kazidomi est prêt à changer le monde. Découvrez d’autres histoires fascinantes de chefs d’entreprise.

Cosucra investit dans la décarbonation de ses processus de production. L’accent est mis sur les fibres & protéines végétales à base de chicorée et de pois, pour une alimentation saine et moins polluante.

L’entreprise hennuyère Cosucra existe depuis 1852. L’entreprise garde une taille relativement petite avec 365 employés, mais les activités ont changé au fil du temps. À partir des années 80, la transformation des betteraves sucrières a été remplacée par celle de chicorée et de pois jaunes. Le sucre a été remplacé par de l’inuline et de la protéine de pois.

« De nombreuses familles ont peu de temps pour préparer un repas frais chaque jour. Nos produits permettent à l’industrie de leur proposer des repas faciles, rapides et nutritifs » explique Eric Bosly, CEO de Cosucra. « Les nutritionnistes soulignent l’importance des fibres et des protéines végétales pour la santé, et un tel régime a aussi une influence positive sur notre empreinte écologique. »

Nouveaux investisseurs

Pour aller plus loin dans la décarbonation, l’entreprise a lancé en 2023 un plan d’investissement de sept ans d’un montant de 150 millions d’euros. « Nous nous sentons fort concernés par la crise climatique, et nous voulions donc accélérer cette transition » déclare Eric Bosly. « C’est pourquoi nous avons fait appel à trois investisseurs qui partagent nos valeurs et sont prêts à s’engager à long terme. »

Relation sur le long terme

Cosucra et BNP Paribas Fortis collaborent depuis longtemps. « BNP Paribas Fortis nous a soutenus dans notre expansion au Danemark et aux États-Unis. Il est très important d’avoir un seul et même interlocuteur pour la mise en place de la structure financière des filiales, l’ouverture de comptes à l’étranger, etc. Nous nous réunissons régulièrement, ce qui nous permet de compter sur l’expertise d’équipes spécialisées dans l’industrie alimentaire. Leur vision macro est un beau complément à celle des account managers locaux qui connaissent bien nos activités. »

Des conditions de marché identiques

Les efforts fournis par Cosucra permettront de réduire les émissions de CO2 de 55% d’ici trois ans. La décarbonation n’est qu’un de combats d’Eric Bosly. « Nous plaidons pour les mêmes conditions de marché que pour les protéines animales. Pourquoi, par exemple, une TVA de 20% est-elle appliquée au lait à base de pois alors que le lait de vache relève de la TVA à 6% ? Les produits d’origine végétale sont, en outre, plus chers, parce que vous ne pouvez pas réaliser d’économies d’échelle en raison des quantités plus faibles. Compte tenu de tous les « effets externes négatifs » des produits animaux, tant sur la santé que sur l’environnement, notre secteur mérite un soutien jusqu’à ce que nous atteignions une certaine ampleur. »

Changement de mentalité

Le chef d’entreprise déplore la façon dont le commerce de détail utilise la viande comme produit d’appel, en réduisant ses marges pour offrir un prix attractif aux consommateurs. « En période d’inflation, cette différence de prix est d’autant plus préjudiciable pour nous. Un changement de mentalité est donc vraiment nécessaire. Les nutritionnistes disent qu’une portion hebdomadaire de 200 à 250 grammes de viande suffit pour en tirer les bienfaits nutritionnels, sans les effets négatifs. Mais actuellement, la plupart des Belges consomment plutôt 200 grammes de viande par jour. »

Éric Bosly estime aussi que la concurrence des produits agricoles importés est un obstacle. « Le Pacte vert pour l'Europe vise à réduire de moitié les intrants, ce qui entraîne notamment l’interdiction de nombreux herbicides. Les agriculteurs devraient être accompagnés dans cette transition. Et une entreprise comme Cosucra, qui achète des chicorées et des pois dans un rayon de 200 kilomètres, ne joue pas à armes égales avec la forte concurrence chinoise. »

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