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04.05.2018

Grâce au numérique, la Smart City sera inclusive

Avec la digitalisation à grande échelle des villes de demain, un nouvel écosystème participatif est en train de prendre forme. Le numérique offre déjà aujourd'hui aux citoyens la possibilité de participer à la vie de la Cité. Demain, il deviendra un facteur d'inclusion. La Smart City ne laissera personne sur le bord de la route.

En démultipliant considérablement les capacités de communication et de mises en relation entre les individus, le numérique pousse en avant l'économie collaborative et favorise l'émergence d'un nouveau modèle social, moins consumériste, fondé sur le partage. La ville de demain ne saurait être un lieu déshumanisé sous prétexte qu'elle sera davantage technologique. C'est même tout le contraire. Que ce soit en matière d'éducation, d'action citoyenne, de soutien aux populations marginalisées ou encore de prise en charge des seniors, le numérique permet de mettre en œuvre des solutions nouvelles. Les applications et les plateformes sont en effet devenues des vecteurs efficaces pour faire progresser l'innovation sociale et favoriser le partage. Le concept même de Smart City porte intrinsèquement en lui les principes cardinaux de collaboration et de participation en reliant entre eux tous les individus grâce à l'hyper digitalisation. C'est un changement de paradigme. Si la Smart City veut fonctionner correctement et tenir toutes ses promesses, elle devra se baser sur de nouveaux modèles plus inclusifs. Et le numérique offre dès aujourd'hui un nombre très important de possibilités pour rendre la ville plus solidaire.

Économie de partage

570 milliards c'est ce que représenterait le marché de L'économie collaborative en 2025

Ces dernières années, le développement de l'économie collaborative s'est fortement accéléré. Elle se déploie aujourd'hui auprès de tous les publics. Les plateformes numériques ont permis sa structuration en modèle économique à part entière en lui offrant une infrastructure idéale. Surtout, en s'imposant comme une économie parallèle et une alternative à la crise, elle séduit de plus en plus de monde. Que ce soit pour trouver du travail, pour proposer ses services, ou pour revendre un bien, il suffit de cliquer. La disruption de l'économie n'a jamais été aussi simple qu'en se connectant à internet. Et si l'on en croit les chiffres publiés par le cabinet d'audit PWC, ce marché est en pleine expansion. En effet, le montant total des transactions de l'économie collaborative se chiffre aujourd'hui à 28 milliards d'euros et pourrait, d'après les dernières estimations, être multiplié par vingt pour atteindre les 570 milliards d'euros d'ici 2025. Des chiffres insolents qui témoignent d'une réelle montée en puissance. Les start-up ont bien compris tout le bénéfice qu'il y avait à tirer de ce « nouveau marché » et multiplient les projets dans ce sens, favorisant d'autant plus l'émergence du modèle collaboratif. Ainsi, le réseau social Smiile, porté par l’assureur français MAIF, propose à ses membres toute une série de services : depuis le co-voiturage, en passant par les achats groupés ou le partage d'objets et de compétences, tout a été pensé pour que la proximité et l'échange en soient le moteur. Smiile compte aujourd'hui 340 000 membres et vise le million d'ici quelques mois.

Regard d'expert David Rouxel Fondateur de Smiile :
« Nous voulons aller au-delà de l'aspect purement virtuel des réseaux sociaux en permettant aux habitants d'un même quartier de se rencontrer et de créer du lien social »

Mais ce réseau social d'un nouveau genre ne se limite pas à simplement mettre en relation des particuliers. C'est aussi une plateforme d'intégration des start-up et des entreprises dans l'économie collaborative qui a noué des partenariats avec près de 7000 producteurs et commerçants pour ses offres d'achats groupés, mais aussi avec des sociétés comme Koolicar pour assurer à ses membres un service de qualité en matière de mobilité partagée. Encore plus pertinent, David Rouxel, le fondateur de Smiile, développe en parallèle Smiile City, basé sur le même modèle mais à destination des mairies, des collectivités territoriales et des acteurs de l'habitat afin de renforcer le dialogue citoyen entre les habitants d'un même quartier et faciliter la communication sur des problèmes précis, comme ceux liés à la voirie par exemple, en faisant remonter les informations jusqu'au maire. Déjà testé dans plusieurs éco-quartiers, Smiile City souhaite devenir un outil incontournable de la smart city de demain.

. Dans les villes de demain, les applications auront une place de choix. D'une part, car il sera encore plus facile de les utiliser et qu'elles toucheront encore plus de monde grâce à l'hyper-digitalisation. D'autre part, et surtout, car elles constituent une réponse face à la peur des destructions massives d’emplois et la crainte de la précarisation ressentie par les travailleurs les moins formés. Mais ce n'est pas tout. Le numérique va encore bien plus loin que la redistribution des cartes dans le monde du travail.

Combattre l'exclusion

Avec la digitalisation des territoires, la Smart City sera en mesure de mieux identifier et de comptabiliser les populations défavorisées. Cette digitalisation permettra de considérablement améliorer les conditions de vie de ces populations grâce à un écosystème d'applications.  Ainsi, les personnes en situation d'exclusion auront à leur disposition un panel de services 2.0 spécifiques. Exemple très concret, le startuper et ingénieur informaticien anglais Alex Stephany vient de lancer la plateforme Beam, pour « Be Amazing », afin d'aider les SDF à changer de vie. Beam est un site de crowdfunding social qui a pour but de récolter des fonds afin de permettre à une personne de pouvoir suivre une formation ou de reprendre ses études, avec en ligne de mire le projet de retrouver un travail. Beam fonctionne sur le même modèle que tous les job centers du monde : un gestionnaire est affecté à chaque demandeur pour faire un point sur ses compétences et ses aspirations professionnelles afin d'établir un projet de formation. Puis, un budget est déterminé, en incluant tous les frais nécessaires, logement, nourriture, transport. Ensuite, la campagne de crowdfunding est lancée grâce à une communication calibrée qui s'appuie sur les réseaux sociaux ainsi que sur l'envoi de newsletters dédiées pour chaque projet. Autre initiative pertinente, qui préfigure ce que pourra être demain la prise en charge des plus démunis grâce au digital, le projet Youth Homeless Databank, mis en application depuis 2016 en Angleterre, vise à fournir des données précises sur les jeunes qui vivent dans la rue, afin qu'ils puissent être pris en charge plus efficacement par les services sociaux.

Grâce à une application qui mutualise des données en provenance des conseils locaux, des organismes de bienfaisance et des fournisseurs de logements, il est possible d'en savoir plus sur les jeunes en situation de grande précarité, sur leur nombre exact, leur parcours et leur localisation. En faisant remonter ces données aux associations d'aide aux sans-abris, la Youth Homeless Databank joue aujourd'hui un rôle central pour leur venir en aide, leur trouver un logement et les réinsérer. Le digital joue ici le rôle de lien entre institutions et associations pour rendre plus efficace le travail sur le terrain.

Au final, la montée en puissance de l'économie du partage et de la solidarité 2.0 ne font sans doute qu'illustrer les transformations du monde du travail et les bouleversements sociaux que Jeremy Rifkin avait prédits au travers de la Troisième Révolution Industrielle. Aujourd'hui, et plus encore demain, nos seniors sont mieux pris en charge grâce aux objets connectés et aux applications qui surveillent leur santé en temps réel, les populations précaires sont mieux identifiées et plus facilement soutenues, les chômeurs peuvent trouver du travail grâce aux plateformes collaboratives. Les pays africains, asiatiques et sud-américains ne sont pas en reste grâce aux fablabs qui font progresser localement l'innovation sociale et misent sur le « co-fabriquer » et le « co-décider ». Tous ces progrès liés au numérique forment les briques de construction de la Smart City qui, si elle veut rencontrer le succès espéré, doit inclure le maximum de citoyens dans son projet. La ville de demain sera collaborative et inclusive sous peine, peut-être, de ne jamais sortir de terre.

Source : L’Atelier
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15.01.2021

Utiliserons-nous bientôt le CO² pour construire ?

Construire avec du CO², c’est possible. La carbonatation accélérée permet de fabriquer des matériaux de construction à base de CO². À Gand, un trottoir durable illustre cette nouvelle technologie.

La carbonatation accélérée, aussi appelée minéralisation du CO2 est une technologie prometteuse qui pourrait rendre l'industrie de la construction plus durable. Elle permet non seulement une réduction des émissions de CO2, mais génère également des émissions de CO2 négatives en stockant en permanence le dioxyde de carbone dans des objets tels que des briques ou de nombreux autres matériaux de construction.

CO2 Value Europe, un groupe de réflexion et d'action représentant la communauté CCU (Carbon Capture & Utilization) en Europe, organisait un webinaire à la mi-décembre sur l’application de la carbonatation accélérée dans le secteur de la construction. L’occasion de démontrer le grand potentiel de cette technologie durable au travers d’applications concrètes. BNP Paribas Fortis n’occupe pas seulement un rôle de partenaire financier pour CO2 Value Europe – en tant que banque, nous sommes également très impliqués dans la transition durable au sein de nombreuses entreprises.

Le deuxième secteur industriel le plus polluant

Si l’industrie du ciment est l’une des plus importantes dans le monde, elle se retrouve malheureusement aussi dans le haut du classement des secteurs les plus polluants. Le ciment est l’un des composants principaux du béton, qui est lui-même indispensable dans le secteur de la construction. Une nouvelle solution durable pour la fabrication du ciment permettrait donc de faire une grande différence. Et l’un de ces méthodes pourrait être la minéralisation du CO2, également connue sous le nom de carbonatation. Il s’agit d’une technologie de CCU (capture et utilisation du CO2) encore méconnue, mais qui pourrait avoir un impact considérable sur le climat et sur l’environnement.

Un phénomène naturel accéléré

La carbonatation est un processus naturel au cours duquel certains minéraux réagissent avec du dioxyde de carbone de façon à former un type de calcaire et de dolomite. Dans la nature, ce procédé prend des milliers d’années. Mais avec d’importantes concentrations de CO2 et dans les conditions optimales, cette réaction chimique et ce processus peuvent à présent être accélérés et ne prendre que quelques minutes. Un procédé peu énergivore, dont le résultat peut être utilisé dans la création de différents produits, notamment des briques, au sein desquels le CO2 est enfermé de manière permanente.

Le CO2, encore et toujours

Le développement de cette technologie de CCU s’est accéléré au cours des dernières années. Par conséquent, nous disposons désormais de solutions de remplacement pour le ciment qui répondent aux exigences techniques du secteur de la construction. Le CO2 peut être utilisé de différentes manières dans la production de matériaux de construction. Par exemple, l’injection de CO2 peut remplacer l’eau pour durcir le ciment. Par ailleurs, le CO2 peut également être utilisé pour transformer les déchets minéraux issus des polluantes industries sidérurgique et minière afin de créer de nouveaux produits tels que des granulats pouvant servir de base dans la fabrication de pavés ou de blocs de construction.

Bénéfique pour notre planète

L’effet engendré par la carbonatation accélérée sur l’environnement est considérable, car il agit à différents niveaux. La réduction des émissions de CO2 estimée pour 2030 à l’échelle mondiale se situe entre 250 et 500 millions de tonnes par an (source : CO2 Value Europe).

  • Le CO2 peut être directement prélevé des fumées issues de processus industriels impliquant notamment l’acier, le ciment et la chimie. Aucune purification ou concentration n’est requise.
  • Le CO2 peut être prélevé directement dans l'atmosphère et entraîne ainsi des émissions de carbone négatives.
  • Dans les deux cas, le CO2 est stocké en permanence dans les produits finis.
  • Des déchets minéraux ainsi que des déchets de construction sont utilisés afin de construire de nouveaux matériaux de construction. Ils ne se retrouvent donc plus dans les décharges.
  • Le recyclage permet également de faire appel à moins de nouvelles sources naturelles.

Et les inconvénients ?

Comme chaque nouveauté, cette solution s’accompagne également de défis. Afin de pouvoir proposer une solution de remplacement véritablement concurrentielle et qualitative pour la fabrication du béton dans le cadre d’une économie circulaire, des investissements et des modifications sont nécessaires.

  • Les usines doivent modifier leurs installations. Il est préférable d’être installé à proximité d’une source de CO2 suffisamment importante, comme une usine sidérurgique, afin d’éviter le transport du CO2.
  • La fabrication de nouveaux produits, même à base de dioxyde de carbone et de déchets, requiert de l’énergie et entraîne donc également des émissions de CO2. Afin de renforcer l’effet durable, il est donc important d’utiliser le plus possible d’énergies renouvelables.
  • La carbonatation accélérée est un processus relativement nouveau et elle ne se déroule pas toujours de manière optimale.
  • Se pose également la question des politiques et du cadre législatif, qui ne sont pas encore suffisamment adaptés à cette nouvelle technologie. CO2 Value Europe suit ces évolutions de très près.

Toutefois, malgré ces défis, Andre Bardow, professeur d’Energy & Process Systems Engineering à l’ETH Zurich, a affirmé lors du webinaire qu’il était convaincu que la minéralisation du CO2 réduisait l’empreinte carbone, encore plus que le CCS (capture et stockage du CO2) ou que le stockage du dioxyde de carbone.

Zéro déchet dans notre pays

À l’heure actuelle, partout dans le monde, des usines fabriquent déjà des matériaux de construction pauvres en CO2. L’une d’entre elles est située dans le Limbourg. La société Orbix de Genk a réussi à purifier des déchets résiduels de la production d’acier (appelés scories) afin d’obtenir des minéraux servant de base dans la fabrication de blocs de béton respectueux du climat. Non seulement du CO2 liquide est utilisé dans la production des blocs de béton au lieu du ciment polluant, mais des déchets résiduels qui partiraient normalement à la décharge sont également recyclés. 

Il en existe d’ailleurs un bel exemple à Gand. Orbix a réalisé, en collaboration avec l’institut flamand pour la recherche VITO, le projet tremplin de la ville de Gand, où vous pouvez marcher sur le premier trottoir durable de Belgique : 100 m2, entièrement construits avec des pierres durables et ayant permis une économie de pas moins de 2 tonnes de CO2 !

Vous avez des projets pour 2021 en matière de durabilité ? Nos experts du Sustainable Business Competence Centre peuvent vous donner des conseils sur les innovations, telles que la minéralisation du CO2 mentionnée ci-dessus, et vous accompagner dans votre transition durable.

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15.12.2020

Des lunettes de soleil pour sauver les océans

L’entreprise belge Yuma Labs fabrique des lunettes de soleil avec des bouteilles en plastique recyclées. Start-up d’un seul homme au départ, elle s’est développée et produit aujourd’hui également pour d’autres marques. Mais comment conjuguer croissance et durabilité ? Chez BNP Paribas Fortis, nous avons cru au projet sans hésitation.

Yuma Labs (anciennement YR Yuma), c’est l’œuvre de Sebastiaan de Neubourg, indique la co-gérante Lenja Doms. « Sebastiaan travaillait comme consultant mais l’envie le démangeait d’entreprendre un projet lui-même. Son idée était d’imprimer des lunettes de soleil avec une imprimante en 3D, à partir de plastique recyclé. A l’époque, il a vite compris pourquoi personne n’avait encore tenté l’expérience, car la tâche s’est avérée plus difficile que prévu ».

Financement participatif

En 2017, Sebastiaan avait un prototype exploitable et il a lancé une campagne de financement participatif pour ses lunettes ‘durables’. Et il a fait un carton, malgré des débuts difficiles en termes de ventes.

« Pour  Sebastiaan, ces lunettes étaient surtout un moyen de sensibiliser les gens au principe de l’économie circulaire », poursuit Lenja. « Chez Yuma Labs, rien ne se perd : une bouteille en plastique jetée, c’est la matière première de nouvelles lunettes de soleil. Pour boucler la boucle, on demande à l’acheteur de renvoyer les lunettes en fin de vie et de les remplacer par une nouvelle paire, avec une réduction très intéressante comme incitant. »

Plus cher

Produire dans une démarche de durabilité, comme le fait Yuma, rend inévitablement le produit final plus cher.

« Du simple au double », reconnait Lenja. « Nous ne voulons certainement pas que l’économie circulaire soit réservée à l’élite. Mais nous tenons compte du cycle de vie entier du produit et nous prenons la responsabilité du recyclage et du réemploi des matières premières. Et soyons clairs, cela coûte davantage que la mise d’un produit sur le marché sans se soucier de ce qu’il en adviendra ultérieurement. »

Viser la croissance

C’est en été 2019 que Lenja Doms et Ronald Duchateau sont venus renforcer l’équipe. L’occasion pour Yuma Labs d’élargir son champ de vision et de ne pas s’intéresser au seul marché du consommateur. Ce mois-ci, Yuma Labs a d’ailleurs annoncé une collaboration avec une grande entreprise de mode. Ce ‘changement d’échelle’ va permettre à l’entreprise d’atteindre un public beaucoup plus large.

La bonne combinaison

Pour se développer, une entreprise a besoin de moyens. Yuma Labs a étudié toute une série de possibilités, indique Lenja.

« Aujourd’hui, les initiatives visant à soutenir l’entrepreneuriat durable, que ce soit de la part des banques, des pouvoirs publics ou d’investisseurs privés, se multiplient. Nous avons toujours essayé de trouver un bon équilibre entre fonds propres et financement extérieur, ainsi qu’entre différentes formes de financement : capital, subsides et emprunts. »

Lenja a un conseil en or à l’intention des autres entrepreneurs en économie circulaire : « Je constate trop souvent que le volet économique de l’histoire est négligé car les entreprises persistent à chercher la solution parfaite, le produit parfait. Cela n’a pas de sens. Il ne faut pas essayer de laver plus blanc que blanc ».

Créer de la valeur

Chez BNP Paribas Fortis, c’est Maxime Prové qui s’occupe du dossier de Yuma Labs. Il abonde dans le sens de Lenja Doms.

« Les entrepreneurs qui se lancent dans le durable ou le social doivent aussi vouloir créer de la valeur. Sinon leur entreprise n’a pas d’avenir. Vous ne pouvez pas mettre en place un modèle économique durable, écologique ou social, sans avoir derrière un projet qui rapporte. C’est la seule manière de grandir, d’engager davantage de personnel et d’avoir plus d’impact. »

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Photo: Karel Hemerijckx

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07.12.2020

Anticiper l’interdiction des gaz fluorés, un enjeu important des PME

Certains gaz fluorés, utilisés dans les systèmes de climatisation et de refroidissement, seront interdits d’ici 2030 suite à une directive européenne. N’attendez pas pour autant 2029 pour vous y adapter.

Quand il y a du froid, il a certainement des gaz fluorés. Voilà comment on pourrait simplifier et imager l’utilisation de ces gaz. Du glacier aux systèmes de climatisation en passant par les laboratoires et les pharmacies, les gaz fluorés sont très utilisés dans l’industrie et le commerce.

Problème, ces gaz seront progressivement interdits d’ici 2030 suite à une directive européenne transposée en Belgique. « Pourquoi ? Car ces gaz ont un très haut pouvoir d’émission de CO2 » comme le fait remarquer Véronique Leonard, responsable du pôle environnement de la Sowalfin dans la vidéo ci-dessous. Un enjeu important pour les PME : « les décisions qu’elles prennent aujourd’hui auront un impact dans le futur, car la législation aura évolué », continue-t-elle.

Et si on ne suit pas cette directive ?

« Commençons par le moins agréable : les entreprises qui ne seront pas en règle devront faire face à des amendes salées », prévient Erik Vanberg, Sustainable Business Developer au sein du Sustainable Business Competence Centre (SBCC) de BNP Paribas Fortis>.

L’objectif de cette décision est surtout d’accélérer la transition durable des PME et entreprises. Cela leur permettra de concrétiser leur engagement durable et de limiter l’impact financier de cette directive.

« Dans une stratégie de décarbonation, le frigo doit faire partie des premiers leviers à activer », explique l'expert du SBCC. « Au même titre que le recours aux LED, la mise en place de chaudières à haut rendement ou encore l'amélioration de l'isolation de bâtiments ».

Les premiers pas vers cette transition sont possibles et faciles à mettre en place.

Découvrez l’interview vidéo de Véronique Leonard, responsable du pôle environnement de la Sowalfin. 

Nos experts du Sustainable Business Competence Centre
vous accompagnent tout au long de votre transition durable.
N’hésitez pas à prendre contact avec eux !
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07.12.2020

Une scale-up conclut un mégacontrat en pleine crise sanitaire

La scale-up anversoise IPEE transforme des toilettes ordinaires en produits innovants. Et pour ce projet, BNP Paribas Fortis est plus qu’un simple partenaire financier et a permis à IPEE de profiter de son réseau et de rencontrer les bonnes personnes.

“L’urinoir classique n’a pas de cerveau”, déplore Bart Geraets, qui a fondé IPEE en 2012 avec Jan Schoeters. “Son capteur infrarouge détecte uniquement si quelqu’un se trouve devant. Avec, à la clé, un énorme gaspillage d’eau et beaucoup de problèmes.”

La scale-up a imaginé une technologie de mesure qui détecte, à travers la céramique, quand quelqu’un urine ou quand l’urinoir se bouche. Grâce à cette technologie innovante, la scale-up a développé des urinoirs qui consomment moitié moins d’eau et des toilettes qui peuvent être commandées sans contact.

Un design épuré

“IPEE innove dans un secteur qui n’a guère évolué ces dernières décennies”, pointe Conchita Vercauteren, chargée de relation au sein de l’Innovation Hub de BNP Paribas Fortis. “Au départ, nous jouions surtout la carte du développement durable”, embraie Jan Schoeters. “Mais nous avons rapidement senti que, dans les applications non résidentielles, l’économie d’eau potentielle était subordonnée à l’aspect opérationnel. Nous devions pouvoir apporter une valeur ajoutée à chaque partie prenante du processus d’achat.”

L’entreprise a dès lors opté pour un design épuré, apte à séduire les architectes et les utilisateurs finaux. La simplicité d’installation devait convaincre les installateurs, tandis que les responsables de l’entretien apprécieraient avant tout les avantages d’un design simple – facile à nettoyer – et de toilettes qui ne débordent jamais.

La quête de financement

Jusqu’en 2015, Jan Schoeters et Bart Geraets, accompagnés de Victor Claes, expert dans les méthodes de mesure et à la base de la technologie d’IPEE, ont d’abord investi leur énergie dans le développement du produit et l’exploration du marché. Le financement provenait surtout de leur réseau de "friends, family & fools", selon leurs propres dires.

Pour la production et la commercialisation, ils ont dû puiser à une autre source: “Nous avions un produit mais celui-ci n’était pas prêt à être vendu”, se souvient Bart Geraets. “Pour franchir cette étape, nous avions besoin d’investisseurs.”

Cette quête de financement s’est révélée plus complexe que prévu. “Nous ne sommes pas des développeurs de logiciels, le secteur où nous sommes actifs n’a rien de sexy”, avance Jan Schoeters. “Nous ne nous trouvions donc pas dans le cœur de cible de nombreux investisseurs.”

La jeune scale-up a cependant attiré l’attention de Ronald Kerckhaert, qui avait revendu son entreprise à succès Sax Sanitair fin 2015. “Il nous a encouragés à voir les choses en grand, en plus grand que nous n’osions le faire”, sourit Jan Schoeters. “Lui-même ne s’est jamais positionné pour une sortie du capital. Son objectif était clairement de lancer notre produit sur le marché mondial.”

Croissance

Le trajet accompli par IPEE est impressionnant. L’assortiment de produits a été étendu et l’entreprise a pénétré de nouveaux secteurs: enseignement, bureaux et hôpitaux. Et sa technologie a été adoptée par Kinepolis, Texaco, Schiphol et Changi Airport (Singapour).

Elle est distribuée notamment à Singapour (où la scale-up dispose de son propre bureau de vente), en Chine, en Thaïlande et au Vietnam. “Nous nous sommes très vite orientés vers l’Asie parce qu’on y adopte plus rapidement les nouvelles technologies”, indique Bart Geraets. L’entreprise réalise environ la moitié de son chiffre d’affaires à l’étranger, même si la crise sanitaire laissera des traces cette année.

Banquier supporter

“Mon principal souci est d’atteindre une croissance saine”, conclut Bart Geraets. Point positif pour IPEE : la crise sanitaire a remis l’hygiène en haut de l’agenda. Et le sanitaire sans contact de la scale-up rencontre un grand nombre des préoccupations actuelles.

Simultanément, la pénurie d’eau et la nécessité de l’économiser restent des thèmes très prégnants. “En cette période particulière, il nous est encore plus facile de nous imposer”, confirme Bart Geraets. “En pleine pandémie, nous avons conclu un contrat avec le plus grand fabricant de sanitaire au monde. Et à présent, nous devons continuer de professionnaliser nos activités, notre politique de ressources humaines et notre marketing.”

Le banquier attitré d’IPEE, BNP Paribas Fortis, est un partenaire important dans ce contexte. “Notre banque est plus qu’une simple organisation financière”, conclut Jan Schoeters. “Son réseau nous a déjà mis à plusieurs reprises en contact avec les personnes dont nous avions besoin. Nous voyons plutôt notre banquier comme un supporter, qui soutient notre évolution.”

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