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08.05.2018

L’insolvabilité des entreprises revue et corrigée

La nouvelle loi sur l’insolvabilité est entrée en vigueur le 1er mai et apporte son lot de modifications en matière de réorganisation judiciaire, de faillite, de responsabilité des dirigeants, etc.

Publiée au Moniteur belge en septembre dernier, la nouvelle loi du 11 août 2017 est d’application pour toutes les procédures d’insolvabilité ouvertes depuis le 1er mai. Du changement en vue ? Oui ! Plus qu’un simple aménagement des règlementations existantes, celles du 31 janvier 2009 sur « la continuité des entreprises » (LCE) et du 8 août 1997 sur les « faillites », le nouveau droit de l’insolvabilité apporte son lot de nouveautés. L’objectif affirmé ? Proposer un cadre législatif plus cohérent en la matière et insérer l’ensemble dans le Livre XX du Code de droit économique (CDE). Ce « saut vers le droit de demain », selon l’expression consacrée par le ministre de la Justice, découle, entre autres, de la règlementation européenne sur l’insolvabilité et d’un certain nombre d’arrêts de la Cour constitutionnelle et de la Cour de cassation. Cette uniformisation vise aussi à renforcer la distinction entre « insolvabilité » et « faillite », tentant de faire la part belle à la notion de « seconde chance ».

L’insolvabilité pour (presque) tous

Au-delà de l’harmonisation souhaitée et de l’informatisation renforcée des démarches, le but était aussi d’élargir considérablement le champ d’application des procédures d’insolvabilité. Alors que seuls les « commerçants » pouvaient jusqu’ici être déclarés en faillite, désormais pratiquement toutes les « entreprises », ce compris les professions libérales, pourront profiter des procédures de réorganisation ou déposer le bilan. Mais ils ne sont pas les seuls… Les entités agricoles (qui pouvaient déjà avoir recours à la LCE), les ASBL, les associations de propriétaires ou toute personne physique qui exerce une activité professionnelle indépendante (même les gérants et administrateurs de société) sont également concernées… Une conception plus étendue qui intronise donc la notion « d’entreprise » comme référence.

Place à la « seconde chance »

C’est l’un des aspects mis en avant par cette législation : encourager les entrepreneurs à redémarrer, que ce soit à travers la restructuration des activités ou grâce à un rebond plus rapide après une faillite. Cette intention se dévoile dans plusieurs innovations :

  • La modernisation de l’accord à l’amiable, hors réorganisation judiciaire, pour le rendre plus attrayant et « sécurisé » pour le créancier. Notons aussi l’apparition du « médiateur d’entreprise », dont le rôle sera s’accompagner l’entreprise en difficulté dans la préparation de l’accord.
  • Du côté de la réorganisation judiciaire, il n’y a pas vraiment de révolution : les trois formes existantes sont maintenues, mais certaines règles sont précisées pour mieux coller à la pratique.
  • Enfin, les dispositions relatives à la faillite vont dans le même sens : permettre un « fresh (and quick) start » au faillite de bonne foi.

Responsabilité des dirigeants

La cohérence des règles en matière de responsabilité des dirigeants d’entreprises en difficulté (hormis les personnes physiques) a également été revue et celles-ci sont étendues à toutes les « entreprises » (sauf quelques exceptions, entre autres pour les personnes physiques, les PME et les ASBL). Trois cas spécifiques : le comblement de passif en cas de faute grave manifeste, le défaut de paiement de cotisations sociales ainsi que la poursuite déraisonnable d’une activité déficitaire.

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06.06.2019

Les baby-boomers à la retraite : comment sauvegarder les savoirs ?

Le constat est connu : le vieillissement de la population belge est plus que jamais un enjeu pour les entreprises. Comment éviter que les départs à la retraite ne provoquent une fuite massive des compétences ?

Selon des chiffres publiés par Robert Half, près de 700.000 baby-boomers s’apprêtent à quitter massivement le marché du travail dans les années à venir. Et pour cause, les travailleurs de plus de 50 ans sont la tranche d’âge la plus représentée. De plus, le solde des entrées et des sorties pourrait prochainement être négatif pour la première fois de l’histoire. Avec ces départs à la retraite, ce sont évidemment des compétences et des connaissances inestimables qui risquent de se perdre… Les prochaines années s’annoncent donc décisives. 

Une richesse en danger

Compte tenu de l’importance de ces savoirs en péril, les entreprises prennent de plus en plus conscience de l’enjeu. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Certains experts identifient deux catégories de savoirs : explicites et tacites. Le premier faisant référence à ce qui peut être structuré et documenté, alors que le second est davantage lié à l’individu : son expérience, sa capacité de réflexion et de jugement, voire son intuition. Assez logiquement, des recherches indiquent que plus les connaissances sont codifiables, enseignables et observables, plus le processus de transmission sera aisé. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : créer les conditions pour que les baby-boomers puissent transmettre l’ensemble de leurs savoirs aux nouvelles générations de travailleurs.

Des gains inestimables

Pour paraphraser Churchill « celui qui n’a pas de mémoire, n’a pas d’avenir ». Alors avant les départs, il est impératif d’assurer le transfert des compétences et de connaissances. Un véritable challenge, mais dont la portée est décisive pour la « survie » des entreprises. D’une part, sur le plan des ressources humaines, puisque les travailleurs qui « restent » ont la possibilité de s’améliorer et de devenir plus performants. Mais la transmission de la « richesse des anciens » aura également un impact sur les résultats commerciaux (avantages compétitifs, gains financiers, réduction des coûts, etc.), au même titre que sur la relation client (qualité de l’offre, fidélisation, etc.), sur les processus internes ou encore sur la capacité d’innovation de la structure.

Des mesures transversales

La première étape pour les entreprises consiste à prendre conscience de la nécessité d’agir. Mais intervient ensuite une question cruciale : comment créer les conditions de ce transfert et tenter de combler l’écart laissé par le départ des baby-boomers ? L’organisation a tout intérêt à agir sur trois plans distincts :

  1. Individuel : la motivation des travailleurs — qu’il soit « détenteur » ou « destinataire » du savoir — est un facteur clé pour réussir une démarche de transmission. Par exemple :
    • Valoriser le travail réalisé, mais aussi ceux qui s’impliquent afin de s’inscrire dans une culture de reconnaissance du partage des savoirs ;
    • Encadrer ces efforts comme des leviers de développement professionnel (enrichir son travail, diversifier sa fonction, etc.) ;
    • Offrir des avantages au niveau de la rémunération ;
    • Ou encore, mettre en place des mécanismes de suivi régulier des progrès réalisés.
  2. Interpersonnel : la qualité de la relation joue également un rôle clé. Un paramètre favorisé par la culture d’entreprise. Autrement dit, le fait de partager une vision et des valeurs communes. Cela permet, entre autres, de développer un esprit de communauté ainsi que de stimuler la communication et la création d’un langage commun.
  3. Organisationnel : les structures plus flexibles et horizontales — peu hiérarchiques — faciliteraient la transmission des savoirs. Tout comme celles qui favorisent les réseaux et où règne la polyvalence et un haut niveau de délégation de la prise de décision.

Concrètement ?

La définition d’une stratégie de transfert de connaissances est évidemment une étape clé. Celui-ci doit reprendre les différentes mesures à mettre en place pour éviter la fuite des savoirs. Des actions telles que :

  • Créer des équipes intergénérationnelles ou des binômes mixtes ;
  • Organiser et instaurer de sessions de formation structurelles pour tous les employés ;
  • Mettre en place des programmes de mentorat, de compagnonnage et de coaching entre seniors et juniors, notamment pour aider à transmettre les savoirs « tacites » ;
  • Sensibiliser et former les managers ainsi que des départements RH ;
  • Investir dans les nouvelles technologies est aussi important afin de partager et rendre l’information disponible ;
  • Dégager du temps « officiel » est un aspect crucial pour que les travailleurs s’engagent réellement.

Une action globale…

La question du transfert des compétences doit être appréhendée dans une approche plus large, prenant également en compte le volet du recrutement et de la fidélisation des talents. Bien recruter et garder son personnel devient plus important que jamais !

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23.05.2019

Entreprises : comment réagir face aux risques géopolitiques ?

William De Vijlder, Group Chief Economist BNP Paribas, se penche sur la montée de l’incertitude géopolitique.

Le ralentissement de l'économie mondiale, de plus en plus visible au second semestre de l'année dernière, a de multiples causes. Toutefois, il existe un large consensus sur le fait que la montée des conflits commerciaux et des droits de douane à l'importation, ainsi que l'inquiétude face au rythme du resserrement monétaire américain ont joué un rôle important. En Europe, l'incertitude sur le Brexit a eu un effet négatif, tout comme des problèmes spécifiques à certains secteurs, tels que les nouvelles normes d'émission de l'industrie automobile. Il est clair que, l'incertitude, sous ses diverses formes, a posé problème que ce soit au niveau de l'économie (les conséquences internationales du ralentissement chinois), des politiques économiques (la position monétaire de la Réserve fédérale américaine), des décisions politiques (Brexit dur ou doux, le budget de l'Italie) et de la géopolitique (la hausse des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis dépassent le cadre du déficit commercial bilatéral).

Hausse des incertitudes géopolitiques

L'économie, les politiques économiques et l'incertitude politique évoluent fréquemment, selon le cycle économique et politique. Cependant, des études basées sur la couverture médiatique des tensions géopolitiques montrent que l'incertitude géopolitique est, en moyenne, plus élevée depuis le début du siècle que dans les années 90. Cette moyenne plus élevée est associée à une fréquence accrue des pics d'incertitude causés par des événements comme le 11 septembre, la guerre en Irak, le Printemps arabe, la Crise de Crimée, la guerre en Syrie, les attentats, etc. Ces événements prouvent que la géopolitique couvre maintenant un large éventail de questions, bien au-delà de l'ancien concept de la manière dont les nations projettent leur pouvoir à l'échelle internationale et réagissent à cet égard au comportement des autres nations.

La recherche empirique indique qu'une hausse du risque géopolitique a des conséquences sur la production industrielle, l'emploi, le commerce international et la confiance des consommateurs. De plus, si l'impact économique de certains événements est bref - l'incertitude chute en effet assez rapidement après un pic- les menaces géopolitiques (même sans survenance d'événement) peuvent causer une hausse prolongée de l'incertitude ; elles ont donc un impact à plus long terme. Ce problème de résolution de l'incertitude (« combien de temps faudra-il encore attendre avant de connaître l'issue ? ») était manifeste dans la réaction au report de la date du Brexit.

Une priorité absolue ?

Les articles de presse sur les risques géopolitiques sont nombreux. Toutefois, à en juger par le ‘Global Risks Report’ 2019 du ‘World Economic Forum’, les entreprises sont plus préoccupées ces dernières années par le changement climatique et les cyberattaques.

Evaluées sous l’angle de leur probabilité et de leur impact, ces questions se situent au-dessus de la moyenne, moyenne dans laquelle se trouvent les questions liées à la géopolitique. C’est néanmoins suffisant pour que les entreprises y prêtent une attention particulière, compte tenu du vent macroéconomique contraire dû à l'incertitude prolongée ou aux conséquences non linéaires possibles d'événements à risque. La liste des questions à aborder est longue, mais comme d’habitude lorsqu’il s'agit d'incertitude, elles portent essentiellement sur le suivi, l'exposition et la gestion de l'incertitude. Le suivi est la plus simple des trois tâches, car les études sur les sujets géopolitiques sont nombreuses. Des indicateurs d'incertitude de haute qualité, basés sur les médias, sont même disponibles gratuitement sur Internet.

« Les tensions entre les Etats-Unis et la Turquie l’été dernier se sont avérées de courte durée, mais elles rappellent aux entreprises la nécessité d'être préparées à réagir à une hausse, brève ou prolongée, du risque géopolitique. » William De Vijlder, Group Chief Economist, BNP Paribas

Exposition directe et indirecte

Evaluer l'exposition est plus complexe, en particulier lorsqu’il s’agit d'exposition indirecte. Il ne suffit pas d'évaluer si des menaces ou des événements géopolitiques peuvent affecter votre entreprise, il faut aussi, et c'est plus compliqué, déterminer dans quelle mesure.

En cas d'exposition directe, plusieurs questions doivent être abordées. Par exemple, l'incertitude géopolitique a-t-elle un impact sur votre lieu et votre processus de production ? (quelles marchandises, quels apports intermédiaires, quelle complexité de chaîne de valeur globale…) En a-t-elle sur les marchés où vous réalisez des ventes ?  Qu’en est-il d’un éventuel impact sur vos coûts de financement, sur votre accès au financement, sur l'utilisation de votre cash-flow ou sur le rapatriement de bénéfices étrangers ?

En cas d’exposition indirecte, les questions à se poser sont essentiellement les mêmes mais les canaux sont différents, plus complexes et donc plus difficiles à évaluer. La mondialisation a permis aux entreprises d'élargir leur base de clientèle et de réduire leur base de coûts, mais, en exagérant un peu, on peut dire que désormais tout peut les toucher n'importe où. Les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine peuvent avoir des conséquences sur des pays tiers en cas de réorientation des échanges (le syndrome du spectateur innocent). Il peut y avoir contagion politique, les troubles dans un pays pouvant s'étendre à d'autres pays qui souffrent de problèmes similaires. Les marchés financiers peuvent agir comme un accélérateur ou un canal de transmission. Le durcissement du ton l’été dernier entre les Etats-Unis et la Turquie a perturbé les investisseurs internationaux et a contribué à l'affaiblissement significatif de la livre turque. Elle a également soulevé des inquiétudes quant à la possible contagion financière à d'autres devises de marchés émergents. Finalement, les tensions se sont avérés de courte durée, mais elles rappellent aux entreprises la nécessité d'être préparées à réagir à une hausse, brève ou prolongée, du risque géopolitique.

Accepter ou éviter l’exposition

« Réagir » peut simplement signifier « accepter les faits », « élaborer une stratégie solide qui tient explicitement compte de l'incertitude » ou « éviter l'exposition ».

Accepter l'exposition pourrait être judicieux si, dans l’ensemble, l’impact financier des événements à risque semble plutôt limité. Le coût d'une incertitude prolongée peut être pris en compte en ciblant un rendement sur investissement suffisamment élevé avant d'engager des fonds.

Eviter l'exposition pourrait être justifié si le compromis entre le risque de rendement et le risque de perte extrême est peu attractif, si elle pourrait susciter une attention disproportionnée des actionnaires ou des créanciers, si des alternatives de croissance attractives pour l’entreprise existent, etc. « Éviter » pourrait aussi signifier « attendre avant de décider d'investir » mais la question du manque à gagner lié à l'attente se pose alors. Pour une entreprise qui envisageait de construire une usine au Royaume-Uni avant le référendum du Brexit, y a-t-il un manque à gagner à attendre de connaître le type de Brexit appliqué alors que d'autres sites sont disponibles dans d'autres pays ? Le temps, c'est de l'argent, et attendre finit par coûter cher.

Elaborer une stratégie solide est la plus intéressante des options mais elle pose beaucoup de défis. Elle part du constat que l’entreprise devrait développer des activités dans un pays (par ex. parce que le marché est énorme ou parce qu’il est crucial de maintenir sa compétitivité) mais que ceci pourrait augmenter son exposition au risque géopolitique. Lors de la conception d'une stratégie solide, différents scénarios sont analysés et l'approche choisie doit en fin de compte fonctionner dans une multitude d'environnements, sans être optimale dans l'un d'eux en particulier, tout simplement parce que lorsque nous devons décider dans un contexte d’incertitude, nous ne sommes (par essence) pas capables d'anticiper quel scénario se réalisera. Un contrôle continu du risque géopolitique permettra de planifier les actions correctives nécessaires au fil du temps.

Comment votre entreprise gère-t-elle les risques géopolitiques ? Les avez-vous suffisamment cartographiés ? Restez informé : suivez-le blog de William De Vijlder, Group Chief Economist, BNP Paribas ou abonnez-vous à nos publications économiques.
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27.03.2019

Registre UBO : jusqu’au 30 septembre 2019 pour se mettre en ordre

Depuis le 1er janvier dernier, le registre UBO (pour Ultimate Beneficial Owner) a fait son apparition. Une base de données répertoriant tous les « bénéficiaires effectifs » des entreprises. L’objectif annoncé ? Renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Mais qui sont les « UBO’s » et que doivent précisément faire les sociétés ?

Qui sont les « UBO’s » ?

L’idée est donc de créer un répertoire centralisé et actualisé de tous les « bénéficiaires effectifs » en Belgique. Des « UBO’s » qui varient en fonction de l’entité juridique concernée… Pour les entreprises, ce sont :

  • Les associés ou actionnaires qui disposent directement ou indirectement de plus de 25 % des actions ou du capital de la société ou encore de plus de 25 % des droits de vote ;
  • Les personnes physiques qui ont le contrôle de l’entreprise par d’autres moyens (un pacte d’actionnaires, le droit de nommer les membres du conseil d’administration, un droit de veto, etc.) ;
  • Si aucune personne ne peut être identifiée dans ces deux catégories, alors ce sera au dirigeant principal de s’enregistrer. Dans ce cas, ce choix doit être expliqué, fondé et documenté par l’entreprise.

Dans le cas d’une ASBL ou d’une fondation, on retrouvera, dans l’ordre, les administrateurs, les personnes habilitées à représenter l’association, celles chargées de la gestion journalière, les fondateurs d’une fondation ou encore les personnes physiques « bénéficiaires » de l’association.

Quelles informations communiquer ?

Précision importante : si plusieurs « UBO’s » existent au sein de l’entreprise, ils doivent tous figurer au registre. Les données à encoder dans l’application vont ensuite varier en fonction de la catégorie du bénéficiaire effectif… Il faudra forcément fournir des informations d’identification (nom et prénom, date de naissance, nationalité, adresse complète de résidence, numéro de registre national, etc.), la date à laquelle la personne est devenue UBO ainsi que la ou les catégorie(s) concernées.

Des données complémentaires sont aussi demandées, notamment pour déterminer s’il s’agit d’un UBO isolé ou groupé (lorsque le contrôle de l’entreprise résulte de sa coordination avec plusieurs personnes), direct ou indirect (dans ce cas, le nombre d’intermédiaires ainsi que leur identification doit également être indiqué – le point 4.3 du FAQ du SPF Finances apporte un éclairage sur la façon d’identifier un UBO indirect) ou encore le pourcentage des parts ou de droits de vote détenus. Enfin, l’enregistrement est aussi obligatoire pour un UBO étranger ou résidant dans un autre État.

En ligne et avant le 30 septembre !

Chaque entreprise dispose donc de quelques mois encore pour effectuer ses obligations d’enregistrement, puisque le délai (initialement fixée au 31 mars) a été étendu au 30 septembre 2019. La procédure est « simplifiée » : la déclaration peut être réalisée via l’application prévue à cet effet sur les portails MyMinFin (en tant que citoyen) ou MyMinFinPro (en tant que représentant d’une entité juridique). De plus, l’administration fiscale a concocté plusieurs manuels destinés à aider les utilisateurs, que ce soit les représentants légaux de l’entreprise ou les mandataires.

Un registre UBO toujours à jour

Après l’enregistrement, le « bénéficiaire effectif » est informé par l’Administration de la Trésorerie de son inscription. En outre, il existe également une obligation d’actualisation de la part des UBO’s. En effet, les informations doivent être adéquates, exactes et actuelles : tout changement doit donc être communiqué endéans le mois. Par ailleurs, les entreprises devront confirmer chaque année l’exactitude des données reprises dans le cadastre…

En cas d’infraction ? Des amendes salées…

Nul doute que le « bâton » du fisc fera bouger les entreprises, puisque des amendes administratives allant de 250 et 50.000 euros sont prévues par la réglementation. Celles-ci seront infligées aux administrateurs, ou, le cas échéant, à un ou plusieurs membres dirigeants de l’entreprise.

Qui a accès au registre ?

Les autorités compétentes, forcément, mais aussi les institutions bancaires ou encore le grand public, même si l’accès sera payant et limité à un certain nombre d’informations. De plus, la consultation des données est enregistrée et conservée pour une durée de 10 ans. Enfin, toute personne peut solliciter à ne pas voir ses informations (partielles ou complètes) apparaître à la consultation… Cette demande de dérogation peut aussi être introduite via la plateforme électronique. Cela ne le dispense évidemment pas de l’inscription.

Pour toute question complémentaire sur le sujet, l’administration fiscale a mis à disposition une adresse e-mail dédiée : ubobelgium@minfin.fed.be.

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21.02.2019

Un avenir « risqué » ? De l’urgence climatique aux cyberattaques

Le contexte mondial est plus tendu que jamais. La planète fait face à un nombre croissant de défis, plus complexes et interconnectés que jamais, faisant croître le sentiment d’incertitude pour les acteurs économiques. Si les risques semblent se multiplier, quels sont ceux qui inquiètent le plus les entreprises ?

Du ralentissement de la croissance à l’urgence climatique, en passant par la persistance des inégalités, les tensions géopolitiques ou encore l’accélération de la révolution technologique, les défis auxquels la planète fait face sont immenses. Dans la quatorzième édition du rapport « Global Risks 2019 », une enquête menée par le Forum économique mondial (WEF) avec l’appui du spécialiste de la gestion des risques Marsh & McLennan Companies et le groupe d’assurance Zurich, plusieurs milliers de dirigeants, à travers la planète, partagent leurs plus grandes inquiétudes pour l’avenir…

Les enjeux climatiques en tête

Si les risques environnementaux dominent les résultats de l’enquête depuis maintenant plusieurs éditions — alors qu’ils étaient absents du top 5 en 2009 —, l’année 2019 renforce encore davantage leur poids dans ce classement, notamment en termes de probabilités. On retrouve ainsi aux trois premiers rangs : les phénomènes météorologiques extrêmes, l’échec en matière d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques ainsi que les catastrophes naturelles. Les entreprises sont également persuadées que ces évènements — ainsi qu’une éventuelle crise de l’eau — pourraient avoir un impact énorme, que ce soit sur la santé, sur le développement socio-économique, ou encore en terme d’implications pour le bien-être, la productivité ou pour la sécurité régionale. Signe que les dirigeants prennent cela au sérieux. Ils exigent, à ce sujet, une plus grande intervention politique ainsi que de meilleures mesures de résilience pour anticiper les conséquences futures. L’enquête souligne, en parallèle, l’influence négative issue des échecs successifs comme l’Accord de Paris sur le climat, par exemple, ou lors de la récente COP24.

La piraterie informatique inquiète…

C’est l’une des craintes qui hante le plus les dirigeants à travers le monde. Les technologies ne cessent d’évoluer, contribuant également à augmenter la vulnérabilité des entreprises, insuffisamment préparées. Des préoccupations qui concernent essentiellement la fraude (notamment à l’identité), la fuite de données et les cyberattaques. Des évènements dont les conséquences potentielles sont importantes. Les différents scandales liés au vol de données privées ainsi que la menace croissante des fake news accentuent également ce sentiment de menace informatique, sans oublier, le niveau d’ingénierie de plus en plus élevé des pirates ainsi que le recours à de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que les acteurs économiques, mais aussi les gouvernements, soient tentés de renforcer leurs moyens de protection.

Le poids des tensions géopolitiques

Un autre élément notable du rapport, ce sont les guerres commerciales ou politiques qui inquiètent plus que jamais les entreprises. Sur les dix principaux risques de détérioration attendus pour 2019, sept sont liés au contexte géopolitique négatif. En effet, plus de 90 % des participants à l’enquête anticipent une montée en puissance des conflits et des frictions économiques entre les grandes puissances. En tête ? La bataille commerciale entre la Chine et les États-Unis, l’augmentation de l’instabilité dans plusieurs pays ainsi que le hard Brexit annoncé. Dans le même sens, la grande majorité des dirigeants anticipe l’érosion des règles et des accords commerciaux multilatéraux. Sans oublier les incertitudes réglementaires nationales ou régionales, qui compliquent la tâche aux entreprises. Dans ce contexte, il devient de plus en plus difficile de prendre des décisions, managériales ou d’investissement, ou encore de reproduire des modèles commerciaux à succès.

Le risque systémique

Outre ces éléments majeurs, le rapport pointe également d’autres risques, notamment macro-économiques : la hausse de la volatilité des marchés financiers, les « vents contraires » face à la mondialisation, la dette mondiale (qui atteint près de 225 % du PIB mondial) ou encore le ralentissement prévu de la croissance (entre autres en Chine). Enfin, l’enquête, très riche, étend son analyse à plusieurs autres paramètres, tels que l’impact — à ne pas sous-estimer — de ce contexte incertain sur le capital humain et le marché de l’emploi.

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