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15.03.2018

Le défi durable raconté par un expert en transition écologique

Dans la nature, rien n’est séparé. Aucune activité n’est neutre sur le plan environnemental. Marc Lemaire (EcoRes, Groupe One) nous parle régulation, économie circulaire, entreprises ‘épicéa’ et lois naturelles

Homme, terre et économie ont leurs sorts intimement liés. Rien de ce que nous faisons n’est neutre pour notre planète… « Néanmoins, nous avons construit sur le paradigme de la séparation, lequel a engendré la situation écologique actuelle : une planète abusée, une biodiversité menacée, des émissions carbone excessives, une agriculture conventionnelle nocive », déplore Marc Lemaire, ingénieur commercial agroéconomiste et entrepreneur sociétal, qui se réfère aux limites planétaires  à l’intérieur desquelles l’homme peut fonctionner et vivre correctement : « Nous sommes arrivés à un moment historique : trois d’entre elles sont dépassées.
Et nous allons droit dans le mur. Nous n’avons jamais perdu autant d’espèces ni émis autant de CO2 ! Toutefois, il n’est pas trop tard pour réagir pourvu que l’on ait la bonne attitude. Marc Lemaire : « Ou nous restons indécis. Ou nous prenons notre responsabilité, intergénérationnelle, pour contrôler l’état dans lequel nous laisserons la terre à nos enfants, en tenant compte de l’effet temporel : les feux de forêt au Portugal, les catastrophes climatiques actuelles sont l’effet de notre taux de CO2 en 1968 ! »

Selon cette logique de la séparation, c’est comme si nous avions en toute impunité décidé que nos activités pouvaient être nocives sur l’’autre’ : l’environnement, les ressources, les règnes végétal et animal, la terre qui nous porte. 

Changement collectif et rapide attendu

Pour William De Vijlder, chef économiste du Groupe BNP Paribas, il est clair que le politique peut contribuer à remettre de l’unité, du lien sur le marché en encourageant les acteurs économiques par des incitants fiscaux tels que subvention, fiscalité, marché de droits d’émission… poussant à augmenter les externalités positives ainsi que des normes et des sanctions pour réduire les externalités négatives.
Marc Lemaire, pionnier de la transition écologique aimerait que les choses bougent plus vite qu’elles ne le font : «  L’accord de Paris exige de chaque acteur de réels efforts mais la plus grande partie d’entre eux ne seront pas contrôlables. » Seuls ceux des gros industriels le sont, au travers des accords de branche, lesquels leur imposent de compenser leur émission excessive de carbone par l‘achat de certificats verts destinés à financer des projets de développement d’énergie renouvelable dans l’hémisphère sud. »

La prise de conscience  est en cours

Il y a 20 ans, la majorité d’entre nous était-elle déjà réellement consciente de la portée de nos actes sur le sort de la terre que nous lèguerons à nos enfants ? Nombreux étaient encore sceptiques quant aux causes et à l’étendue des dégâts. Aujourd’hui, nous sommes devenus plus clairvoyants. C’est une étape importante de franchie. Le lien à la santé est aussi de plus en plus prégnant. Exemple : les ‘perturbateurs endocriniens ‘ (certains se retrouvent dans les biberons, dans les matières plastiques et à l’intérieur des boîtes de conserve) sont qualifiés de risques pour la santé par l’OMS. Par ailleurs, nous voyons le nombre de patients souffrant d’asthme et de cas de puberté précoce augmenter… A ce sujet, des études sont publiées depuis 15 à 20 ans. Aujourd’hui donc, nous comprenons mieux les enjeux.

Qu’attend-on des entreprises ?

Ces mêmes citoyens conscients sont aussi des employés de plus en plus sensibles à la démarche de leur entreprise dans la lutte contre les enjeux climatiques, démarche qui doit rester long terme et responsable pour que tout le monde y gagne, des salariés aux actionnaires en passant par les clients. Désormais, il est attendu de l’organisation qu’elle fasse ses comptes - comme son bilan financier - en termes d’émission de C02, de particules fines, mais aussi d’impact social  Sa contribution positive à la société devient une donnée aussi conséquente que ses chiffres et ses revenus.

Des valeurs telles que celles promues par des pionniers comme Exki sont devenues des modèles d’inspiration. Mais, selon Marc Lemaire, une loi ferait sans doute primer davantage l’intérêt collectif. « Partons d’une logique sectorielle : Coca ne va pas se mesurer à un acteur IT sur cette question et une banque ne se compare pas à Unilever. Et identifions par secteur les premiers de classe pour investiguer sur quels critères ils se battent. Bionade est une limonade de fabrication 100% biologique, avec des matières premières 100% biologiques et qui ne contient aucun gramme d’alcool… Leurs critères sont-ils généralisables au secteur ? Si oui, ne serait-il pas opportun  d’imposer leurs bonnes pratiques en tant que standard pour toutes les marques de sodas ? », propose Marc Lemaire.

Et le déchet se transforme en nouveau produit

Le sujet ne doit pas être un domaine fourre-tout où l’on jetterait pêle-mêle du CSR, un peu de développement vert et de la responsabilité sociétale. Les dirigeants d’un nombre croissant d’entreprises comprennent l’intérêt d‘emprunter la voie du durable mais les efforts entrepris ne sont pas suffisants et restent dispersés. Aujourd’hui, nous devons passer à l’étape suivante et structurer sa démarche selon son cœur d’activité. Le concept d’économie circulaire tend à s’imposer, ce n’est pas du buzz. Marc Lemaire insiste : « Nous avons bien intégré la nécessite de recycler. C’est bien mais on reste dans le linéaire, le type d’économie qui extraie des minéraux de la terre pour tous ses besoins et qui les jette ensuite. Nous faisons pareil avec les ‘consommables’. »

Observons donc la nature et inspirons-nous de ses ‘lois’ dictées par le bon sens. Dans la nature, rien ne se perd. Tout se recrée pour se transformer. Un organisme vivant qui meurt va être récupéré en tant que nutriment pour donner la vie à un autre. Les cycles de la vie et de la mort sont intimement liés. Seul l’homme a créé la notion de déchet.

A l’inverse du linéaire, l’économie circulaire crée des boucles et s’arrange pour utiliser un déchet industriel dans le cadre d’un autre cycle économique : exemple, l’huile de friture n’est plus jetée mais sert pour 90% à la fabrication du biodiesel.

La gestion distincte des cycles biologique et technique est un autre principe de base du circulaire. D’une chaise en bois seront extraits les composants ‘inertes’ tels les vis et boulons que l’on séparera par la suite des parties vivantes. Le bois peut repartir dans le circuit biologique et revivre un cycle. Le but ? Qu’il ait le plus de vies possibles. C’est aussi envisageable avec les boulons et on va veiller à rallonger leur durée de vie en les récupérant et en multipliant leurs utilités, pour devoir en produire moins, in fine.

Comment gérer les vies et la durée d’utilité ? En devenant propriétaire du matériau et en organisant sa traçabilité, comme Unicore qui achète du cobalt dans des mines au Katanga et en reste responsable.
L’économie de la fonctionnalité participe aussi de ce souci de partage intelligent des ressources. « Je ne vais plus acheter une voiture qui me transporte occasionnellement, ma famille et moi, mais je vais en louer le service. Les services de location s’étendent à de plus en plus de domaines, mais peu d’étude n’est encore sortie à leur sujet », ajoute encore Marc Lemaire.

Le rôle d’une banque ? Faire le tri dans la forêt

La banque a un impact sur tout et ses effets sont d’abord indirects puisqu’elle soutient l’ensemble des activités de ses clients. Cela lui confère une autre responsabilité.

Comment Marc Lemaire envisage-t-il le rôle d’une banque demain ? « Un opérateur financier a les capacités de faire bouger les choses de façon énorme. Tel un arbre, une banque doit être rentable et n’a pas envie de mourir. Mais si elle se saisit de la responsabilité d’un garde forestier, elle peut favoriser la biodiversité en privilégiant la naissance de nouvelles espèces. J’ai dans ma forêt, des arbres occupés à appauvrir le sol, lequel se dégrade significativement ? » Marc Lemaire : « Imaginons, qu’en bon gestionnaire, elle décide de faire le tri : moins financer les entreprises type épicéa’ qui appauvrissent le sol et faciliter l’accès à l’argent pour des jeunes pousses qui ont envie de grandir. Ce sont les pépites durables de demain. Cela ne se fera pas du jour au lendemain mais, à terme, cela devrait optimiser la structure de son portefeuille ». En d’autres mots, la banque a aussi la responsabilité de choisir à qui elle distribue son énergie’ : aux entreprises qui feront tourner l’économie durable ou aux épicéas nuisibles à l’écosystème…

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06.12.2017

L’usine islandaise qui absorbe plus de CO2 qu’elle n’en émet

La GreenTech serait-elle la clé pour réduire le réchauffement climatique ? En Islande, une usine montre l’exemple et devient négative en carbone.

Plusieurs pays, dont la France, se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en ratifiant l’Accord de Paris sur le climat. Des villes comme Copenhague ou Barcelone vont encore plus loin et ambitionnent même d’être neutres en carbone d’ici quelques années. Un souhait que les GreenTech pourraient aider à exaucer comme le montre l’exemple islandais. Sur cette petite île, l’entreprise suisse Climeworks vient d’inaugurer dans une centrale géothermique le premier système qui absorbe plus de dioxyde de carbone (CO2) qu’il n’en émet. Les équipes mettent ainsi en oeuvre le projet CarbFix2. Le principe est simple à comprendre : la machine capture le CO2 de l’air et le transforme en pierre, s’assurant ainsi que le gaz ne s’échappe pas dans l’atmosphère avant plusieurs millions d’années. Bien que le processus soit encore coûteux, une telle avancée représente beaucoup d’espoir pour parvenir à maintenir la température mondiale en-dessous de 2 degrés Celsius et lutter contre le changement climatique. Cette usine islandaise devient en effet la toute première à être négative en carbone.

Source : l’Atelier
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11.12.2017

Une start-up GreenTech recycle la pollution en encre

Et si la pollution devenait une matière première ? La start-up Graviky, sélectionnée au Hello Tomorrow Global Summit, propose une solution écolo pour le moins originale.

Si certaines start-up s'emploient à protéger le citoyen de la pollution, d'autres cherchent à en exploiter le potentiel. C'est à cette fin que Graviky Labs, un spinoff du MIT Media Lab – sélectionnée parmi les six meilleures start-up dans la catégorie environnement au Hello Tomorrow Summit 2017 –, a mis au point Air-ink, la première encre produite à partir de la pollution.

Grâce à Kaalink, un procédé technologique installé dans le prolongement d'un pot d’échappement d'un véhicule motorisé, les particules fines sont capturées via la suie émise. Cette matière collectée passe par plusieurs processus afin d'extraire les métaux lourds et cancérigènes. Cela permet d'obtenir le produit final, un pigment purifié à base de carbone.

Ensuite, ce pigment va passer par d'autres procédés chimiques afin de produire différents types d'encres et de peintures. Mais alors pourquoi ne pas éradiquer tout simplement la pollution plutôt que d'en faire de l'encre ? Pour éliminer sa propension à flotter dans l'air nous explique Graviky. Pour le moment, le dépôt de brevet est en cours pour cette technologie et son usage s'oriente vers l'art. Le procédé aurait déjà capturé 1,6 milliard de microgrammes de particules, ce qui équivaut à nettoyer 1,6 milliard de litres d'air extérieur. Comme le disait Richard Buckminster Fuller, architecte, designer, inventeur et futuriste américain, « La pollution n'est rien qu'une ressource que nous n'exploitons pas. Nous lui permettons de se disperser parce que nous en ignorons la valeur. »

Source : L’Atelier
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12.12.2017

Les entreprises les plus vertes séduisent les millennials

Les millennials s’inquiètent du réchauffement climatique mais comptent sur les entreprises pour agir, selon une récente étude. Est-ce à dire que le futur du retail passe par la GreenTech ?

De nombreux acteurs s’engagent pour la planète : 145 États ont ainsi ratifié l’Accord de Paris sur le climat. À plus petite échelle, les villes s’imposent parfois des objectifs plus ambitieux. Douze métropoles mondiales viennent d’annoncer leur volonté d’être neutres en carbone d’ici à 2030 pour lutter contre le réchauffement climatique.

Quid des entreprises ? Les jeunes générations comptent en tout cas sur ces dernières pour agir à leur tour. Selon une récente étude publiée par le groupe de relations presses Shelton, les millennials sont 76 % à s’inquiéter des conséquences du dérèglement climatique sur leur qualité de vie et 82 % à se soucier de celle de leurs enfants. À défaut d’agir d’eux-mêmes, (ils ne sont que 34 % à recycler contre 52 % des Américains toutes tranches d’âge confondues), 59 % des membres de la génération Y se tournent vers les entreprises pour régler ce problème qui les dépasse. 70% des millennials disent ainsi que les bonnes pratiques environnementales d’une firme influencent leur décision d’achat.

Et en réponse à la question : « A quels types de pratiques environnementales ou sociales portez-vous le plus d’attention », les sujets écologiques arrivent en deuxième position juste après le bien-être des employés. Des préoccupations en ligne avec une précédente étude réalisée par Nielsen, selon laquelle 55 % des consommateurs seraient disposés à payer plus pour des marques qui se sont engagées à avoir un impact environnemental positif. Dans la même veine, un rapport de UCLA a par ailleurs établi que les employés d’une entreprise verte seraient plus productifs que ceux d’une entreprise qui ne l’est pas. À croire que les firmes ont tout à gagner à être écologiques. Gageons que la GreenTech pourra faciliter la transition.

Source : L’Atelier

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07.12.2017

Ils ont pris l'Innovation Plane jusqu'à Berlin

Forts du succès de l’Innovation Train parisien en juin dernier, Co.Station, BECI et Brussels Creative ont organisé – avec le soutien de BNP Paribas Fortis - un vol de 100 places pour Berlin le 23 novembre dernier. Dans l'avion, pas moins de 54 clients, collaborateurs et experts invités par la banque se préparaient à plonger au cœur de l'économie circulaire berlinoise durant deux jours.

L'économie circulaire, 'Scaling-up' et 'Intelligence artificielle et support pour réinventer la ville' étaient les trois trajets prévus lors de ce séjour à Berlin. Au programme: visites d'entreprises, workshops et networking. La banque a résolument opté pour le premier trajet; c'est celui qu'elle a proposé à tous ses invités.

"L'économie circulaire est en effet l'un grands thèmes* de développement stratégique de Corporate Banking", explique Aymeric Olibet, responsable du groupe de travail mis sur pied sur le sujet depuis juillet dernier.

"Nous sommes convaincus que, compte tenu des immenses enjeux environnementaux, en particulier le réchauffement climatique et la raréfaction des ressources, la plupart des entreprises devront tôt ou tard changer de business model. Nous voulons les sensibiliser à cette nécessité, et ce voyage à Berlin est l'une de nos premières initiatives à cet égard. Les entreprises, mais aussi leurs chargés de relation, doivent savoir que la banque veut et peut les accompagner dans cette transition."

La surprise des clients

 Frédéric Tourné, Head of Environmental Management chez Befimmo, était du voyage. "J'ai été tout autant surpris qu'enchanté par cette invitation. A priori, ce n'est pas là qu'on attend son banquier. J'ai pu découvrir des projets inspirants, comme 'Block-6', qui récupère et traite les eaux usées d'un ensemble de logements pour les réinjecter dans ces habitations mais aussi dans la culture de légumes (hydroponie) et l'élevage de poissons (aquaponie). La rencontre avec un des fondateurs d'Ecosia, le moteur de recherche qui plante des arbres, a également été très intéressante."

"Mais ce qui m'a surtout frappé, c'est l'attention et la disponibilité que nous ont témoignées les gens de la banque; ils voulaient vraiment comprendre nos attentes et nos besoins, savoir où nous en sommes dans notre réflexion pour un monde plus durable. Réaliser que sa banque partage cette préoccupation donne envie de développer de nouveaux projets. La durabilité est certes une valeur importante chez Befimmo, mais nous pouvons encore aller plus loin, j'en suis plus que jamais convaincu. C'est aussi très précieux de rencontrer d'autres entreprises, de sortir du quotidien où nous avons tous le nez dans le guidon. Bref, je suis revenu avec plein de cartes de visites et une très très grande envie de faire bouger les choses dans mon entreprise. "

S'inspirer de la nature

L'économie circulaire s’inspire des principes du vivant, lesquels reposent sur les cycles (et le recyclage), l'interdépendance, la coopération, l'optimisation (plutôt que la maximisation).

Aymeric Olibet: "Cette économie vise à limiter les externalités négatives, comme la consommation de matières premières et d’énergie, au profit d’externalités positives, telles que la régénérescence de la biosphère ou la création d’emplois locaux. Notre ambition est de soutenir les projets visant à passer de processus de production industriels linéaires à des processus circulaires. Soutenir, c'est non seulement offrir des solutions financières adaptées, mais aussi et surtout aider le client à se remettre en question et à franchir le pas. Ce voyage à Berlin n'est, je l'espère, que le premier événement d'une longue série."

Plus d'infos sur ce voyage ici.

*Les autres thèmes de développement stratégique de Corporate Banking sont: la décarbornisation, la capital humain et les smart cities.

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