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02.05.2017

Le pouls du secteur Transport et Logistique

En Belgique, carrefour de l’Europe, le secteur pourvoit plus de 90 000 emplois en 2015. Son activité reflète les cycles d’expansion et de contraction de l’économie. Comment s’en sort-il ? Etat de santé et pronostic.

Face aux enjeux qu’affronte le secteur Transport & Logistique, HEC Liège (Ecole de gestion de l'Université de Liège) et BNP Paribas Fortis ont décidé de mener une étude basée sur l’analyse financière des 20 principaux acteurs* du transport routier de marchandises pour compte de tiers. L’analyse porte sur les comptes annuels de 2011 à 2015 et se complète par des entretiens réalisés auprès d’un acteur majeur du secteur et de l’UPTR (Union Professionnelle du Transport et de la Logistique).

Le but pour la banque est de constituer un benchmarking des chiffres clefs du secteur afin de mieux positionner les principaux acteurs et d’objectiver leur situation et les décisions de financement. Benoît Melot, Directeur Commercial Banking de BNP Paribas Fortis pour la Wallonie :  « Nous disposons à présent d’une manne d’informations très utiles qui vont nous permettre de mieux comprendre les besoins de nos clients, de connaître les facteurs de risque et de succès du secteur et in fine d’améliorer notre offre de produits et de services. » 

La Belgique, terre attractive pour le secteur

La situation géographique de la Belgique lui confère des atouts majeurs en matière de transport et de logistique. L'indice de performance logistique de la Belgique est d'ailleurs très élevé et place notre pays dans le haut du classement mondial. Par ailleurs, la Région wallonne dispose d’espaces encore disponibles particulièrement adaptés aux besoins de stockage de l’activité logistique. On attend de celle-ci qu’elle soit, contrairement au domaine du transport, moins sujette aux fluctuations économiques et qu’elle puisse donc atténuer le risque auquel les acteurs sont confrontés.

La route reste le mode favori pour les courtes et moyennes distances. Ses atouts reconnus : flexibilité en réponse aux besoins du client, adaptabilité et rapidité, accessibilité grâce au maillage autoroutier, coût réduit / moins de manutention.

Consolidation et fragmentation

Le secteur Transport & Logistique belge est en mutation. « Nous assistons à un double phénomène : d’une part, le regroupement des principaux acteurs qui ont grandi par acquisition d’entreprises de taille moyenne et d’autre part, la fragmentation du secteur avec une multitude de petits acteurs qui forment 70 % du marché et détiennent moins de 5 camions », souligne Marie Lambert,  Professeur de Finance à HEC Liège.

En marge de l’étude, on assiste également à une ubérisation du secteur. Ce marché déréglementé constitué d’acteurs de taille très réduite échappe à la réglementation et aux coûts salariaux. Les chiffres d'activité du secteur sont donc clairement sous-estimés.

Cette évolution est une résultante des pressions réglementaires et concurrentielles dans un secteur déjà pénalisé par une pénurie permanente de main-d’œuvre, des règles sur les heures de conduite, des normes durcies, peu de vie privée, la libre concurrence... Tous ces éléments ôtent beaucoup d’attrait au métier.

Diversification

La concurrence étrangère se renforce face à des acteurs belges en perte de compétitivité. Plusieurs défis leur sont adressés : multilinguisme, maîtrise du contexte réglementaire, diminution de la liquidité opérationnelle depuis l’introduction de la taxe au kilomètre payable à court terme …  

Il semble que cette évolution soit favorable aux leaders de marché taillés pour lisser leur année et leur chiffre d’affaires grâce à une diversification d’activités et/ou de clients, voire à une spécialisation (type de marchandises par exemple).

Découvrez en images un extrait des résultats de l’étude

* 19 Belges et 1 Luxembourgeois principalement implanté en Belgique, actifs dans le transport et dans une moindre mesure en logistique, sélectionnés sur base de leur valeur ajoutée.

Consultez le rapport détaillé de l’étude (en anglais)

Source: Evolution du secteur du Transport et de la Logistique en Belgique, HEC Liège et BNP Paribas Fortis

 

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15.05.2017

La logistique en mode durable

Outils embarqués, camions autonomes, drones, péniches-poubelles, Big Data… l’innovation bat son plein. Quels sont les exemples à suivre ? Interview de S. Limbourg, Professeur à HEC Liège.

L’horizon 2020 est à nos portes. En ligne de mire, l’objectif européen d’optimisation des ressources dans le domaine du transport. Même si nous sommes loin d’égaler certains pays innovants, la Belgique a été plusieurs fois couronnée terre d’excellence logistique pour sa situation, son réseau routier, ses voies d’eau, ses ports, ses pôles de compétitivité. Preuve en est : les nouveaux centres de distribution qui s’installent sur son territoire.

HEC - ULiège, avec laquelle BNP Paribas Fortis collabore dans le cadre d’un partenariat de recherche, se consacre entre autres à l’étude de l’optimisation logistique liée au durable. Nous y avons rencontré Sabine Limbourg, Professeur en Logistique. Elle nous fait un état des lieux de ses investigations en matière d’innovation.

Quid du tout à la route tant décrié ?

Le transport routier, très polluant, reste dominant. « La voie d’eau ou le rail ne couvre pas tout le territoire et requiert de la ‘multimodalité’ avec la route  », justifie Sabine Limbourg. « L’enjeu est que les frais de transbordement soient compensés par les coûts moindres de la partie ferroviaire ou fluviale. L’idéal - vers lequel nous tendons grâce à la ‘synchromodalité’ via assistance logicielle - consiste à pouvoir choisir, à tout moment, le meilleur mode de transport en fonction des circonstances opérationnelles et/ou des exigences du client.  Lequel sera prêt à payer pour la fiabilité car connaître l’heure de livraison l’aidera à planifier sa production. » Un bon exemple d’assistance par logiciel est le ‘Smart Port’ développé par Hambourg qui donne accès aux infos en temps réel à tous les intervenants.

Réduire les nuisances urbaines

Le fret urbain représente 20 % du trafic. Pour alléger et assainir ce trafic, certaines villes testent déjà des solutions de logistique urbaine :

  • les zones de basse émission (comme à Anvers ou bientôt à Bruxelles) : elles sont uniquement accessibles aux véhicules en dessous d’un certain niveau d’émission de polluants et privilégient les camions à hydrogène, hybrides ou électriques. Ces derniers sont silencieux et permettent des livraisons tôt le matin ou tard le soir. Sont-ils propres pour autant? En Norvège oui, car l’électricité provient de l’hydraulique. Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays;
  • les péniches électriques qui distribuent la bière et collectent les déchets à Utrecht;
  • les remorques légères tirées par une voiture de golf;
  • les petits ‘trains’ modulaires (sur roues) : ils font 16 m de long et 1,25 m de large et se faufilent dans les ruelles d’Utrecht ou d’Amsterdam. «Les remorques équipées de panneaux solaires pourraient être désolidarisées au fil du parcours. Le client garderait la sienne, le temps de la décharger, de la recharger et d’en réapprovisionner la batterie. Ce sont ces remorques réapprovisionnées qui alimenteraient en énergie le convoi au retour. On gagnerait ainsi le temps d’un rechargement complet », illustre Sabine Limbourg;
  • le centre de consolidation urbaine qui regroupe les flux de différents transporteurs à destination d’un territoire urbain. «Ceci dit, un camion chargé à plus de 90 % qui se rend d’un point A à un point B n’aura pas d’intérêt à passer par le centre de consolidation. »

Big Data appliquées à la logistique

La ville de Vérone, par exemple, stimule l’éco-conduite en connectant les véhicules à l’infrastructure routière, qui leur signale l’état des feux de circulation. Le tracking des camions est aussi un moyen d’améliorer l’accessibilité routière et de minimiser l’impact environnemental. Sabine Limbourg tempère : « Toutes les villes ne sont pas adaptées, il faut encore une connexion très fiable et un logiciel ». Et qu’en est-il des véhicules autonomes ? Le métro lillois est déjà autonome mais c’est un milieu fermé, ce qui facilite le travail de cartographie et de repérage d’incidents potentiels. Pour des tests en milieu ouvert, il faut se rendre dans certains états des USA. Chez nous, le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot, veut que la Belgique soit parmi les pays à la pointe en la matière. À suivre donc …

Par ailleurs, le Professeur de HEC Liège-ULiège voit un autre phénomène émerger : l’ubérisation du transport de marchandises. Un particulier, relié à un bon logiciel de route, peut désormais aisément déposer des colis sur son trajet domicile-bureau. Nous évitons ainsi les retours à vide d’un transporteur. Mais quid de l’accès à la profession ? En Italie, ils ont interdit ‘Uber’ en avril 2017 pour protéger leurs chauffeurs de taxi. La riposte ne s’est pas fait attendre.

Optimisation des itinéraires

Dans le cadre de sa recherche opérationnelle, HEC Liège-ULiège veille à optimiser les tournées des transporteurs via des outils électroniques connectés afin de diminuer le temps consacré à la distribution, de réduire les coûts et les émissions de CO2. Sabine Limbourg insiste : « Tout dépend du type de transport. Les véhicules électriques  par exemple ont d’autres contraintes : les tournées ne s’effectueront pas forcément dans le même ordre puisqu’il faudra éviter les ruptures et organiser les recharges en fonction des descentes… Nous intégrons aussi dans nos réflexions le taux de retours à vide et recommandons, soit de passer par des stations de fret urbain de proximité, équipées de casiers pour l’enlèvement des colis par le client, soit de mutualiser les tournées », ajoute-t-elle en conseillant de bien examiner et de quantifier les bénéfices de ce type de collaboration selon diverses logiques : first in-first out, répartition des bénéfices, livraison partielle, compensation pour report de livraison etc.

La logistique à la portée unique des grands ?

Pour Sabine Limbourg, la logistique est aussi un marché de niche, elle en veut pour preuve la biologistique soutenue entre autres par le pôle de compétitivité Logistics in Wallonia depuis de nombreuses années et qui demande une logistique spécialisée, tel le transport à température contrôlée ou stérile des vaccins. La sous-traitance est aussi une piste : des petits acteurs locaux au fait des restrictions urbaines - Gand impose par exemple de reprendre le ring entre deux points de livraison dans la ville - pouvant pour le compte de grands acteurs, pénétrer dans le centre avec des unités plus légères.

Enfin, à quand notre ciel belge survolé de drones qui lâchés par des Mercedes Van à toit ouvrant déposeraient leur colis de domicile à domicile ? Aiguilleur de drone, un métier pour demain ?

Source : HEC Liège-ULiège
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01.03.2016

Les entreprises doivent améliorer leur accessibilité

Les Belges actifs en ont assez des files. Leur satisfaction professionnelle en pâtit. Tout comme votre politique de rétention.

Près d'un quart des travailleurs (23 %) souhaitent en effet changer de travail. Non pas parce que le job en lui-même leur déplaît, mais juste pour se rapprocher de leur domicile et réduire le temps qu’ils perdent en déplacements. C'est ce qui ressort d'une enquête de Securex.

Le prestataire de services HR a interrogé 1 671 belges sur le temps qu’ils prennent pour effectuer leur trajet domicile / lieu de travail (aller et retour). Ce sont principalement les Bruxellois qui en ont assez des déplacements, constate Hermina van Coillie, experte HR chez Securex :

« Pas moins d'un bruxellois actif sur 3 envisage de changer de travail pour cette raison. En Wallonie, ils sont 1 sur 4, et en Flandre, 1 sur 5. Fait non surprenant : ce sont principalement les personnes avec enfants (31 %) qui aspirent à un lieu de travail plus proche. Même si ce n'est pas la solution miracle. L'enquête révèle qu'un tel déménagement ne se traduit pas nécessairement par un gain de temps. »

Quoi qu'il en soit, pour les organisations qui souhaiteraient voir leurs collaborateurs franchir le seuil de l’entreprise en souriant, il s'agit là de chiffres alarmants.

Temps de trajet rallongé

Ce n'est pas tant la distance mais bien le temps de trajet qui pèse sur l'humeur du navetteur. Et il est en hausse. Le Belge perd en moyenne jusqu'à 54 minutes par jour pour se rendre sur son lieu de travail et en revenir. Le moyen de transport y est pour beaucoup. Le trajet d’un piéton ou d’un cycliste dure en moyenne 29 minutes. En voiture, cela prend près d'une heure. Et le train ? C’est décevant : les transports en commun sont souvent avancés comme alternative aux files, mais en train, tram ou bus, le trajet moyen dure 96 minutes par jour. Si demain l'on peut aller travailler à bord d'une voiture autonome, que restera-t-il de l’attrait du train ? Vous pourriez conseiller à vos collaborateurs de ne pas changer de travail, mais de domicile. Dans ce cas, il est préférable que votre entreprise ne se situe pas en plein centre-ville. Une plus courte distance n’est pas toujours synonyme de gain de temps. En Belgique, un travailleur perd 61 minutes par jour pour se rendre sur un lieu de travail situé en ville et en revenir. Ce temps est réduit d'un quart d'heure en dehors de la ville. La situation est particulièrement pénible à Bruxelles. Plus de 60 % des personnes travaillant à Bruxelles sont plus d'une heure sur la route. En Flandre et en Wallonie, ils ne sont que 21 % à être dans ce cas. Avec plus d'une heure et demie (95 minutes) de temps de trajet par jour, les Bruxellois sont les plus mal lotis. En Flandre et en Wallonie, ce temps se situe autour des 50 minutes.

Miser sur l'accessibilité

Les derniers chiffres de l'enquête Securex sont interpellants : 71 % des travailleurs se rendent au travail généralement en voiture. 15 % en vélo et 14 % en transports en commun. Si les prévisions du Bureau fédéral du Plan se confirment, les routes belges se congestionneront davantage à l'avenir et le temps perdu dans les bouchons ne diminuera pas, bien au contraire. On the road again… again… est le titre faussement joyeux d'une étude présentée par le Bureau du Plan fin 2015.

En résumé : si rien ne change, nous passerons encore plus de temps dans les files en 2030 qu'à l'heure actuelle. En cas de politique inchangée, le nombre de passagers-kilomètres augmentera de 11 % d'ici 2030 et le nombre de tonnes-kilomètres de 44 % (par rapport à 2012). Le transport routier restera dominant en 2030 et représentera 87 % des passagers-kilomètres, dont 82 % en voiture, et 70 % des tonnes-kilomètres, dont 66 % en camion. Conséquence : la vitesse moyenne du trafic diminuera encore. En heures de pointe, nous resterons 24 % plus longtemps dans les files. Une perspective bien peu réjouissante...

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01.03.2016

Budget mobilité : pour une flexibilité accrue et des coûts réduits

Résoudre le problème des embouteillages requiert un arsenal de solutions. Le budget mobilité en est déjà une.

Existe-t-il un remède contre les files ? Créer davantage de routes n'est en tout cas pas une solution, elles aussi se verront rapidement congestionnées. Et la taxe kilométrique pour les poids lourds alors ? Certes, elle fera légèrement baisser le nombre de camions, mais ils seront remplacés par des véhicules particuliers. En outre, la taxe rendra les camionnettes encore plus populaires qu'elles ne le sont déjà. D'ici 2030, on estime qu’elles parcourront 43 % de kilomètres en plus. Quant à l'augmentation des accises sur le diesel, selon les calculs du Bureau du Plan, c’est à peine si cela a un effet sur les files.

De nombreux experts montrent du doigt les voitures de société. Selon eux, en Belgique, elles bénéficient d’un traitement trop généreux. Aussi bien l'OCDE que la Commission européenne dénoncent l'avantage fiscal octroyé dans notre pays aux voitures de société. « La moitié des véhicules roulant sur les routes belges sont des voitures de société », affirme-t-on souvent. Ce n'est pas vrai. Le CVO (Corporate Vehicle Observatory) a demandé à la Febiac, la fédération de l'automobile, les chiffres des immatriculations automobiles belges :

  • La Belgique compte quelque 700 000 véhicules utilitaires légers et environ 930 000 autres véhicules (autobus, camions, motos, etc.).
  • La majeure partie des véhicules – environ 5,6 millions – sont toutefois des voitures particulières. Parmi ces voitures, 4,48 millions appartiennent à des particuliers et 1,12 million à des entreprises ou des indépendants. Les voitures de société ne sont donc pas les seules responsables de la congestion du trafic. Se limiter à supprimer progressivement la réglementation fiscale favorable à leur égard ne suffira pas à résoudre le problème.

Changement de mentalité

 La solution miracle n'existe pas : le remède se composera de nombreux éléments interdépendants. C’est surtout un changement de mentalité qu’il nous faut. Vous souhaitez sensibiliser vos collaborateurs au mode de transport le plus efficace, le moins polluant et le plus économique à chaque déplacement ? Le budget mobilité devrait vous y aider. Chez Arval Belgium, l'un des principaux acteurs sur le marché du leasing, cette formule est actuellement en cours de développement. Els Costers (sales director Arval Belgium) :

« Le concept est simple. Au lieu de recevoir une voiture, une place de parking, un abonnement de train ou un vélo de location, les collaborateurs bénéficient d'un budget mobilité. Ce budget leur permet de consacrer le montant convenu à un large éventail de moyens de transport : voiture de société, transports en commun, vélo, voiture de pool, etc. L'employeur fixe le montant du budget et définit l'offre de moyens de transport. L'employeur et le travailleur conviennent également des types de déplacements auxquels le budget mobilité s'applique : uniquement aux déplacements entre le domicile et le lieu de travail ainsi que les déplacements professionnels, ou également à l’usage strictement privé. »

Éléments positifs

 Le budget mobilité présente de nombreux avantages pour l'employeur :

  • Vous devenez un employeur intéressant, car vous stimulez le travail flexible et offrez à vos travailleurs une liberté de choix et une solution de mobilité globale.
  • Vous atteignez vos objectifs ESR (Entrepreneuriat Socialement Responsable) en stimulant les transports publics et en réduisant le nombre de voitures, de kilomètres parcourus et de litres de carburant consommés.
  • Vous baissez votre TCM (Total Cost of Mobility) en exerçant un meilleur contrôle sur vos véhicules de leasing. Vous payez plus souvent pour l'utilisation que pour la possession et vous allégez votre charge administrative.

À leur tour, vos travailleurs jouissent d’une plus grande liberté et d’une flexibilité appréciable dans l'organisation de leurs déplacements. Et puis, l'environnement en profite également. En 2012, la ministre flamande de la mobilité de l'époque, Hilde Crevits, avait commandé le projet pilote Mobiliteitsbudget werkt (Le budget mobilité, ça fonctionne). Celui-ci prouvait que les travailleurs qui disposaient d'un budget mobilité délaissaient plus souvent la voiture et optaient pour un mode de transport alternatif. Dans les cinq entreprises qui ont essayé le système, l'utilisation de la voiture pour les déplacements domicile-lieu de travail a diminué de 37 %.

Il est donc fantastique, ce budget mobilité ! Dans ce cas, pourquoi n'est-il pas encore monnaie courante. Une nouvelle loi est attendue, elle doit surmonter une montagne d'obstacles juridiques, principalement sur le plan de la fiscalité et de l'ONSS. La proposition de loi est prête. Els Costers :

« À l'heure actuelle, un employeur est incapable de proposer tous ces modes de transport. Les règles juridiques sont différentes pour les trajets professionnels, domicile-lieu de travail et privé, et varient également en fonction du moyen de transport. Cela rend l'administration très complexe et chronophage. Le budget mobilité va à l'encontre de toutes ces règles. La nouvelle loi doit résoudre ce problème. Une fois qu'elle sera d’application, les choses pourront aller très vite. »

Prêt pour le budget mobilité ? Quelques règles pratiques !

Si vous désirez évoluer dans la direction d'un budget mobilité, vous devez d’ores et déjà tenir compte des points suivants :
  • Pour établir un budget mobilité, il faut d'abord analyser le fonctionnement de l'organisation et les habitudes de déplacement. C’est ainsi que vous pourrez au mieux apprécier les combinaisons utiles, faisables et rentables.
  • Impliquez les partenaires sociaux dès l'introduction du budget mobilité.
  • Voici les combinaisons qui sont déjà possibles actuellement, sur le plan fiscal :
    • voiture de société et vélo de société exonéré d'impôts ;
    • voiture de société et indemnité vélo ;
    • voiture de société et transports en commun ;
    • voiture plus petite ou électrique pour l’usage quotidien combinée à une voiture familiale plus spacieuse pour les périodes de vacances. Dans ce cas, l'avantage de toute nature doit être calculé en fonction de l'utilisation. 
  • Misez un maximum sur la flexibilité. Avec une formule comme Arval Select, les conducteurs de voitures de leasing peuvent par exemple utiliser différents véhicules au gré de leurs besoins. 
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01.03.2016

Les entreprises de leasing deviennent des consultants en mobilité

Les sociétés de leasing comme Arval Belgium évoluent : de bailleurs purs, ils se transforment en consultants en mobilité proposant un large éventail de solutions.

Arval Belgium est l'un des principaux acteurs sur le marché du leasing. Quel est son projet dans le contexte de la nouvelle mobilité ? Els Costers, sales director :

« Nous développons une plateforme de mobilité, qui répond au nom d'Arval Mobility Link. Elle comporte trois modules. Le budget mobilité en est l'un d’entre eux. Le cadre légal doit encore évoluer pour en uniformiser le traitement fiscal. Une fois que ceci sera prêt, les organisations voudront avoir une vision claire des différents modes de mobilité, des coûts et des déplacements.

Le second module est le budget leasing dynamique. Cet outil vise spécifiquement les conducteurs d'un véhicule de leasing. À l'heure actuelle, vous fixez avec eux le nombre de kilomètres par an qu'ils peuvent parcourir– par exemple, 30 000 kilomètres. Ce maximum est la norme : il est identique pour tout le monde mais pas toujours logique. Si votre travailleur parcourt plus de kilomètres, il devra éventuellement les payer. En revanche, s'il roule moins – disons 10 000 kilomètres –, il ne fait hélas pas une bonne opération, car la réduction salariale est calculée sur 30 000 kilomètres par an, et non pas sur 10 000. »

Bonus-malus

Le budget leasing dynamique est plus juste, il y remédie. Le nombre de kilomètres pouvant être parcourus par année est fixé par travailleur ou par groupe de travailleurs. Pour déterminer ce chiffre, on comptabilise la distance domicile-lieu de travail. Une personne contrainte de faire la navette entre le Limbourg et Bruxelles n'est de cette façon plus désavantagée par rapport à un collègue qui vient de Vilvorde. Un travailleur qui parcourt moins de kilomètres se constitue une épargne, que vous pouvez décider de payer sous forme de bonus ou autre. En revanche, vous réclamerez une contribution à celui qui parcourt davantage de kilomètres– par exemple, 5 cents du kilomètre. Les travailleurs qui font du covoiturage reçoivent eux aussi un bonus. Ainsi que ceux qui font le plein à une station-service bon marché ou qui adoptent un style de conduite économique.

Els Costers : « Nous fournissons l'outil et aidons l'employeur à élaborer un règlement sur mesure. L'agencement précis de ce règlement dépend des objectifs de l'organisation : maîtriser les coûts, parcourir moins de kilomètres, consommer moins de carburant, réduire les émissions de CO2, encourager au covoiturage ou éveiller à d'autres modes de transport... »

Le déploiement d’Arval Mobility Link est prévu en 2016. Cela peut aller vite. Voici ce dont vous avez besoin : un règlement qui corresponde aux objectifs de votre organisation, une plateforme sur laquelle tout est enregistré, une boîte noire dans les véhicules de leasing et... un collaborateur honnête. En effet, celui-ci doit attribuer le nombre de kilomètres parcourus à la bonne catégorie sur son ordinateur portable ou son smartphone : domicile-lieu de travail, usage professionnel ou privé.

« La boîte noire que nous allons utiliser pour la plateforme Arval Mobility Link nous sert déjà pour l'application télématique Arval Active Link », explique Els Costers. « L'appareil enregistre entre autres les déplacements, la vitesse de conduite, de freinage et de démarrage, la consommation de carburant... Ce qui peut conscientiser les collaborateurs sur leur conduite au volant afin de leur apprendre à rouler de manière économique, défensive et prudente. »

Frais de déplacement

De nombreuses entreprises ont une flotte de leasing plutôt restreinte. Mais elles remboursent tout de même des frais de déplacement. Le premier module d'Arval Mobility Link, l'indemnité de frais de déplacement, se destine aux collaborateurs qui ne disposent pas de véhicule de leasing ou de budget mobilité. Cet outil permet à l’employeur de gérer et de rembourser les frais de déplacement en toute facilité, explique Katrien Jacobs (business team manager Arval Belgium) :

« Aujourd'hui, dans de nombreuses entreprises, les frais de déplacement se traduisent par de la paperasserie : les collaborateurs remettent leurs billets de train, tickets de parking et notes de station-service, qui sont ensuite conservés dans un dossier ou, dans le meilleur des cas, dans un tableur. Parfois, cela prend des mois avant que le montant ne soit versé sur le compte du collaborateur. Ce n'est pas pratique. L’outil permet de déclarer les frais de déplacement en ligne. Et grâce à un lien renvoyant vers la plateforme HR de l'organisation, les remboursements se font plus facilement. »

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