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11.12.2016

Pourquoi la Justice européenne sonne le glas de la « Fairness Tax »

La « Fairness Tax » est contraire aux règles fiscales européennes, juge l'avocat général de la Cour de Justice. Quelles conséquences pour les entreprises belges et... le budget de l'État ?

Depuis l'exercice d'imposition 2014, les sociétés nationales et les filiales belges de sociétés étrangères sont soumises à la taxe d'équité (ou « Fairness Tax »). Introduite par le gouvernement Di Rupo, cette cotisation distincte à 5,15 % s'applique à la distribution de dividendes non soumis à l'impôt des sociétés au taux normal. En cause, l'application de la déduction des pertes fiscales reportées ou des déductions pour le capital-risque.

Quel était l'enjeu ?

Lors de son introduction, le gouvernement voulait alors soumettre à un impôt minimum des entreprises qui ne paient pas (ou peu) d'impôts en appuyant sur des mécanismes de déduction fiscale. Problème : lors de l'introduction de cette taxe, des questions se sont posées par rapport à la compatibilité de la législation avec le droit fiscal dans l'Union européenne.

En février 2014, la filiale belge de Fortum Project Finance (société finlandaise) introduit un recours en annulation de cette taxe devant la Cour constitutionnelle. Trois questions ont été posées par la Cour constitutionnelle à la Cour européenne de justice :

  • La taxe d’équité constitue-t-elle une retenue à la source interdite par la directive européenne mères-filiales ?
  • Les dividendes perçus par les sociétés belges non exonérées en Belgique sont-elles contraires à la directive ?
  • La différence de traitement entre des sociétés belges et des filiales belges de sociétés étrangères est-elle contraire à la liberté d'établissement dans l'Union européenne ?

Une taxe compatible, mais... problématique

La Cour de justice de l'Union européenne a finalement rendu son verdict, mais l'avis reste nuancé à certains égards. L'avocat général de la Cour de justice européenne juge en effet la taxe d'équité «contraire aux règles européennes », mais il estime la mesure compatible avec le principe de libre établissement consacré dans les textes et traités. Le problème se situe précisément au niveau de la directive régissant les sociétés mères et leurs filiales en Belgique, dont l'objectif est une exonération de retenue à la source (sous conditions) pour les dividendes payés par les filiales aux sociétés mères, que la taxe d'équité vient remettre en cause.

Un enjeu (également) très politique

« Un cadavre tombe du placard », a commenté le Ministre des Finances Van Overtveldt suite à l'avis rendu par l'avocat général. Pour lui, les conséquences peuvent être immenses, notamment d'un point de vue budgétaire, sans donner la moindre estimation à l'heure qu'il est. Il ajoute avoir « toujours eu beaucoup de doutes » sur cette taxe, « un doute confirmé par la Cour. » Le gouvernement précise qu'il se penche actuellement sur une réforme de l'impôt des sociétés, dans un climat tendu entre les partenaires de l'actuelle majorité, notamment pour rendre « cet impôt plus juste pour les PME. » 

De son côté, le Parti Socialiste continue de défendre cet imposition minimale contre vents et marées. Le Chef de groupe à la Chambre, Laurette Onkelinkx, soupçonne, dans l'Avenir, que le Ministre profite d'une « remarque technique de l’avocat général pour faire un cadeau fiscal aux multinationales », et qu'il faut « préserver cet impôt minimum, (...) une question de justice fiscale et de décence au regard des efforts demandés à la population. »

 

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08.05.2019

L’IA offre des « superpouvoirs » au CFO digital

L’intelligence artificielle ne se résume pas à une couche technologique. Véritable game changer stratégique, cette technologie risque de transformer le rôle et la façon de travailler du CFO (et de l’entreprise).

Un vent nouveau souffle sur les missions du CFO pour le transformer en véritable Directeur financier digital ! S’il reste le dépositaire des finances, son rôle ne cesse d’évoluer vers une position de décideur, en mesure de peser sur la stratégie de l’entreprise. À la fois source de ce nouveau paradigme et levier d’action, les nouvelles technologies ne lui laissent pas d’autre choix : il doit s’imposer comme un leader de l’innovation et du changement. Un guru technologique qui se saisit de ces nouveaux outils pour améliorer l’exécution de ses missions, créer de la valeur ou guider les investissements en la matière. En tête ? L’intelligence artificielle. Entre promesses et inquiétudes, la question fait parfois encore débat, mais une chose semble certaine : l’IA est devenue incontournable. Et le CFO n’y échappera pas…

Un mot sur l’IA…

L’intelligence artificielle réveille l’imaginaire et sa (ses) définition(s) n’est pas réellement tranchée. Nous ne sommes probablement qu’aux prémices d’une technologie qui a connu un véritable tournant dans les années 2000. Si le cloud computing, le machine learning ou le deep learning sont autant de facettes de l’IA, certains chercheurs tendent à diviser cette technologie en quatre grands paliers : la réactivité (le stade de développement le plus utilisé actuellement), la mémoire limitée, la théorie de l’esprit et l’étape ultime : l’autoconscience. Quelle que soit le stade de développement actuel, l’IA a aujourd’hui franchi la porte de l’entreprise et de nombreuses applications ne sont plus du domaine de la science-fiction. Et le CFO dans tout cela ?

Déjà entre ses « mains » !

L’intelligence artificielle offre déjà de nombreux outils pour dépasser la « simple » digitalisation de l’entreprise, notamment par sa capacité à traiter des volumes de données impossibles à appréhender pour l’être humain. Cette masse de smart data, exploitée par des applications qui se démocratisent, devient alors une véritable « arme » susceptible d’influer sur tous les départements de l’entreprise : à commencer par les finances, mais aussi du côté de la relation client (chatbots, reconnaissance vocale ou faciale, recommandation produit, etc.).

Le « pilote » du cycle client

Certaines entreprises (Tesla, Amazon, etc.) ne s’y sont d’ailleurs pas trompées et utilisent ces informations à haute valeur ajoutée pour maximiser l’engagement client, augmenter leurs ventes, améliorer l’efficacité opérationnelle, réduire les coûts ou encore faire émerger de nouvelles idées et business models. Un contexte qui permet au CFO de disposer d’une vision intégrale des clients et agir en conséquence : des comportements de paiement à la gestion des risques, en passant par la fidélisation ou encore les opportunités d’exploitation de nouvelles offres commerciales. L’IA, au travers de la data, permet donc au CFO de se positionner comme un facilitateur entre les divisions financières, marketing et commerciales. Un décloisonnement salutaire en termes stratégiques, puisque le cycle client est appréhendé de forme globale et prioritaire.

Le CFO « augmenté »

Nul doute que l’IA permettra aussi au Directeur financier de « mieux » exécuter son rôle traditionnel… À tel point que ses analyses et projections deviendront incontournables d’un point de vue stratégique. Comment ? En permettant d’automatiser des processus complexes ; d’analyser les transactions de l’entreprise afin de garantir le respect de toutes les exigences de conformité ; de déployer une application pour examiner des opérations spécifiques à la fermeture des comptes ; d’opérer des corrélations « invisibles » à l’œil nu. D’un point de vue prédictif, l’IA est essentielle et permet, par exemple, d’enrichir la planification (investissements, revenus, dépenses, etc.) dans la mesure où le CFO peut complexifier et faire varier (plus que jamais) les scénarios. Sans oublier la possibilité de mesurer les écarts entre prévisions et réalisations, d’ajuster ou de corriger automatiquement en cours de route. Un suivi quotidien qui deviendra rapidement indispensable…

Des superpouvoirs pour le CFO digital ?

Même si les atouts de l’IA semblent indéniables, il est parfois difficile d’anticiper clairement tout son potentiel. Voici la vision des experts de chez Wolters Kluwer sur les cinq superpouvoirs que l’IA peut offrir au CFO digital :

  1. Annoncer l’avenir financier de l’entreprise grâce à sa « boule de cristal » ;
  2. Lire le comportement des clients pour réagir vite comme l’éclair ;
  3. Connaître le profil des clients sur le bout des doigts ;
  4. Décrypter les CV pour dénicher les meilleurs talents ;
  5. Faire disparaitre la paperasserie et réduire les dépenses ;

Un engagement pour demain !

L’intelligence artificielle ? Un pari gagnant à condition de choisir les outils adaptés, de tenir en compte les évolutions technologiques. De plus, l’intégration de l’IA dans l’entreprise ne se fera pas du jour au lendemain et le CFO devra s’investir personnellement et devenir un véritable ambassadeur interne.

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03.05.2019

Ces femmes CFO qui contribuent à changer la donne !

Une femme à la tête d’un département financier ? C’est (heureusement) devenu une réalité, signe que les mentalités évoluent. Toutefois, leur présence reste encore minoritaire…

À l’heure où le CFO prend de plus en plus de place au sein de l’entreprise, passant progressivement de la sphère financière à une véritable fonction stratégique, on assiste à l’entrée en scène d’un nombre croissant de femmes. Des profils polyvalents, capables de dépasser ce rôle traditionnel pour s’assumer en réelles business partner. Faisant preuve de compétences techniques pointues, mais aussi d’excellentes aptitudes relationnelles, en mesure de peser sur les décisions stratégiques de l’entreprise. Exemple éclairant ? Birgit Conix, ex-CFO de Telenet (pendant cinq ans) et élue Trends-CFO de l’année en 2018. Une reconnaissance nécessaire pour faire évoluer les mentalités…

Plus de visibilité !

Mais l’Anversoise, qui a depuis lors rejoint le groupe international Tui, n’est pas la seule belge aux commandes financières d’un grand groupe. Parmi les nommés pour le prix 2019 du CFO de l’année (qui aura lieu le 15 mai prochain), on compte quatre femmes sur les cinq candidats. Els Verbraecken du groupe de services maritimes DEME, Ann Desender chez Barco, Nathasja Van Bael en place à De Persgroep Publishing-Medialaan ainsi que Catherine Vandenborre au sein d’Elia. Une visibilité qui prouve que les entreprises commencent à faire confiance aux profils féminins pour diriger leurs départements financiers. Une réalité qui répond peut-être au fait que ces femmes sont capables d’apporter un vent nouveau dans les boards : des études, comme celle conduite par McKinsey en 2018, établissent une corrélation entre performance économique et diversité. Si l’on peut se féliciter de cette présence féminine accrue, et même si les opportunités semblent de plus en plus grandes, les chiffres restent encore faibles !

Mieux, mais insuffisant…

Dans son rapport 2018 « Women on boards », l’entreprise de services financiers MSCI fait une évaluation détaillée de la présence des femmes au sein des conseils d’administration. En ce qui concerne les CFO, la Belgique affiche une proportion féminine qui s’élève à 20 %... Une information à prendre avec des pincettes, puisque l’étude ne concernait que 10 sociétés nationales. Si l’on observe nos voisins français, les résultats se situent juste en dessous des 10 % pour un échantillon plus large (72 sociétés). Rappelons que la première femme nommée Chief finance officer dans une entreprise du CAC40 ne date que de 2001 (Siân Herbert-Jones chez Sodexo). Désormais, elles sont sept à occuper un tel poste parmi les groupes cotés, c’est-à-dire 18 %. Selon une enquête récente, menée auprès de 1000 entreprises hexagonales tous secteurs confondus, cette proportion baisse pour se fixer autour des 11 %...

Au sein des 500 sociétés cotées en bourse aux États-Unis, seuls 6 % des CFO étaient des femmes en 2000. Des chiffres qui ont évolué, mais pas autant que l’on pourrait croire : quinze ans plus tard, 9 CFO sur 10 étaient toujours des hommes ! Dans son enquête « Women in Business » de 2019, menée à travers 35 pays, la société d’audit Grant Thornton se voulait plus optimiste : 34 % des Chief finance officer seraient des femmes.

Briser le plafond de verre

Derrière ces statistiques, le constat partagé semble plus important qu’un chiffre précis : les femmes sont encore minoritaires dans les milieux financiers et des efforts restent à mener pour leur permettre d’accéder à des postes comme celui de CFO, ou plus largement à la C-Suite et en particulier à la fonction de CEO. Si l’on évoque moins la présence d’un véritable « plafond de verre », les freins sont tenaces : le manque de confiance des investisseurs, des mandats de recrutement restreints, l’absence de « modèles » féminins, le poids d’un environnement professionnel largement masculin, les difficultés pour concilier vie privée et professionnelle ou encore l’insuffisance de femmes dans « l’entonnoir » d’accession à ces fonctions.

Les progrès sont lents et dépendent souvent d’un véritable changement de paradigme, entre autres en termes de culture d’entreprise, afin que plus de femmes s’engagent sur la voie de la finance. Pour aider à combler ce gap, plusieurs initiatives se mettent en place. À titre d’exemple, Deloitte proposait en 2012 un « programme » destiné aux femmes qui aspirent à atteindre le poste de CFO. Même si de l’eau a coulé sous les ponts depuis lors, ce document mérite encore le détour…

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30.04.2019

Les multiples casquettes du CFO d’aujourd’hui

La mission du CFO au sein des entreprises évolue… Au-delà des finances, il occupe de plus en plus une fonction stratégique au cœur de l’organisation. Franciane Rays, CFO de BNP Paribas Fortis, confirme…

Qui dit ‘responsabilités accrues’ suppose également de nouvelles compétences à développer !

L’ensemble de l’univers des entreprises est en mutation accélérée, sous l’impulsion des nouvelles technologies, de la financiarisation de l’économie ou encore devant les importants et inéluctables enjeux environnementaux qui secouent la planète. Dans ce contexte, les marchés sont disruptés, les business models forcés d’évoluer, les entreprises bousculées et poussées à se réinventer.

Au sein des organisations se dessine également une ‘nouvelle place’ pour le CFO de demain. Toujours capable de maîtriser les aspects techniques et financiers, mais plus largement, en mesure d’endosser un rôle transversal et stratégique au sein de la structure. Un ‘guide-conseiller’ incontournable de la prise de décision, véritable vecteur de création valeur pour son entreprise… Une position privilégiée, plus proche que jamais du pouvoir, mais aussi davantage sous pression face aux exigences croissantes de performance. Cela exige à ces profils, de plus en plus polyvalents, de dépasser leur rôle traditionnel, notamment en développant de nouvelles compétences et attitudes.

1. Un maître des données

Le volume des données explose de toutes parts. Des data, encore souvent inexploitées, qui représentent des sources inestimables de création de valeur pour les entreprises. À condition de les transformer en smart data. Une mission dont doit se saisir le Directeur financier et devenir un réel spécialiste, en position de dresser des bilans de ‘santé’ pointus, mais aussi de délivrer des analyses financières prospectives approfondies. De véritables leviers de changement, susceptibles de donner une longueur d’avance concurrentielle à la structure. Ce n’est donc pas un hasard si 48% des CFO belges, interrogés dans le cadre d’une enquête menée par le cabinet d’audit et de conseil PwC en 2018, estiment que des améliorations en matière de reporting, de tableaux de bord et de KPI’s, représentent une priorité majeure à très court terme (18 mois).

2. Un promoteur du digital

La transformation digitale n’est pas une mince affaire pour les entreprises. Catalyseur d’une mutation profonde qui bouleverse tous les pans de l’organisation : business model, RH, processus internes, supply chain, etc. L’impact du numérique est énorme… Digital et performance sont également étroitement liés, c’est pourquoi le CFO ne peut pas se contenter de jouer les seconds rôles en la matière. Blockchain, intelligence artificielle, cybersécurité ou encore machine learning, la tâche est complexe, mais essentielle. Si nombre de directeurs financiers en sont convaincus, leur rôle est également de mener la révolution digitale en interne. Un leader, capable d’agréger les initiatives, booster les efforts et imposer une vision numérique globale. Les résultats espérés ? Une meilleure gestion des risques et des performances en hausse. Rien que ça…

3. Un technicien (toujours) hors pair

Si son rôle évolue, le CFO se doit de rester un excellent professionnel financier. Un expert des chiffres, maîtrisant les aspects réglementaires et de compliance. La gestion de trésorerie, l’élaboration de budgets et de projections financières, la mise en place d’outils de gestion ou encore le contrôle de la santé financière et de la comptabilité, autant de missions qui restent dans sa sphère de contrôle. Mais il doit plus que jamais faire preuve d’innovation pour ‘réformer’ les services et processus financiers et développer une approche transversale dans l’exécution de son rôle : toujours concentré sur la croissance de l’entreprise, en position d’identifier de nouvelles opportunités de business.

Franciane Rays, CFO de BNP Paribas Fortis : « Chiffres, rigueur et expertise sont les maîtres mots. Notre département Finance & Procurement a d'abord un rôle régalien. Reportings réglementaires, production des comptes bilantaires,… les tâches que nous réalisons sont indispensables à l'exercice de l'activité bancaire en tant que telle et, tout simplement, au maintien de la licence de BNP Paribas Fortis. »

4. Un meneur de femmes et d’hommes

Appelé à diriger des équipes importantes, le Directeur financier devra plus que jamais apprendre à gérer les relations humaines et à développer des compétences en interne. Un manager charismatique en position de réunir, stimuler et garder les talents au sein de son département, de conduire les projets, de concilier les positions différentes, de former des équipes performantes, de contribuer au développement de compétences internes ou encore de fixer des objectifs clairs. Un véritable coach, ouvert aux nouvelles idées, capable de motiver ses troupes, mais aussi de se mouiller dans les moments décisifs…

5. Un stratège influent

Résilient et excellent négociateur, le CFO ne peut plus se contenter d’être la femme ou l’homme des ‘chiffres’. Profitant de sa position stratégique, il doit être en mesure de convaincre et d’influencer positivement le CEO ou le board, faisant preuve de suffisamment d’habileté pour faire passer un message, expliquer les enjeux, défendre sa vision, présenter ses solutions ou encore tirer la sonnette d’alerte. Ce rôle décisif exige de développer une série de soft skills, comme la capacité à percevoir the big picture, la curiosité, la communication, le courage et la capacité à challenger sa propre organisation… Un sacré défi !

Franciane Rays : « Nous sommes là pour aider le board  à prendre les bonnes décisions. La plus grande partie de mon temps est consacrée au pilotage, à l'analyse et l'explication de notre situation financière. Il s'agit de bien comprendre les indicateurs financiers de chaque département de la banque, de vérifier que nous ne nous écartons pas des objectifs fixés en termes budgétaires, et d'aider le business à maintenir la bonne trajectoire. Pour ce faire, j'analyse avec mes  équipes les rapports financiers pour en dégager les grandes tendances. Je réfléchis aussi à ce que sera la Finance, demain, afin d'anticiper d'éventuelles adaptations stratégiques. »

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15.04.2019

CFO : qui se cache derrière ces trois lettres ?

Le « Chief financial officer », l’autre nom du Directeur financier, joue un rôle déterminant au sein des entreprises. Sa principale responsabilité concerne la gestion financière de l’organisation, mais sa mission ne cesse de prendre de l’ampleur pour devenir de plus en plus stratégique. Le CFO n’est plus simplement « la femme ou l’homme » des chiffres…

La présence du CFO se fait de plus en plus sentir, mettant en lumière l’importance des aspects financiers dans la gestion d’entreprise. Un constat également valable dans les PME, où son rôle englobe les finances de l’entreprise, mais aussi la direction des ressources humaines et du département juridique. C’est pour cette raison qu’on parle, en France, du DAF, le Directeur administratif et financier. Mais, quelle que soit la taille de l’entreprise, ses missions premières sont généralement de cinq ordres :

  1. Garantir le respect des règles comptables et financières ;
  2. Rendre compte de la situation financière de l’entreprise, tant vis-à-vis de la Direction et du Conseil d’administration, que des parties prenantes externes ;
  3. Préparer et produire de l’information financière, entre autres prévisionnelle ;
  4. Piloter les opérations financières d’envergure, notamment en estimant le risque financier de projets d’investissement ;
  5. Veiller à la rentabilité et à l’optimisation de la gestion des capitaux de l’entreprise, en assurant également les relations avec partenaires financiers.

Le CFO du futur ? Un rôle stratégique…

Mais la place du CFO ne cesse de grandir, bien au-delà des chiffres. Et pour cause, la complexification du contexte économique, l’accélération du progrès technologique ou encore des enjeux, tels que la cybercriminalité et la gestion des risques, placent les entreprises face à d’importants défis. Des challenges qui exigent une position plus stratégique du « Chief financial officer » de demain. S’il conserve sa mission de technicien du chiffre, le responsable financier voit ses attributions s’élargir continuellement. Au-delà des tâches traditionnelles, il s’inscrit de plus en plus comme un élément central de la prise de décision de l’entreprise. La femme ou l’homme capable de fournir une information financière de haut vol, mais aussi un manager polyvalent, à la pointe de l’innovation, maîtrisant tous les rouages et les dimensions de la structure.

Polyvalent et expérimenté

Dans un rapport, publié en 2018, le spécialiste du recrutement, Michael Page, identifie quatre nouveaux rôles, complémentaires et interconnectés, pour le CFO du futur : un coach, un pilote, un scientifique et un ingénieur. Tout un programme pour le Directeur financier, au risque de devenir le mouton à cinq pattes… En tant que coach, c’est son leadership et sa capacité à motiver ses troupes qui sont en jeu. Il doit également incarner le pilote capable de naviguer en des mers agitées, mettant au point des politiques et des stratégies performantes. Le scientifique qui sommeille en chaque CFO doit permettre d’aider l’entreprise à rester à la pointe, ainsi qu’à conseiller au mieux la Direction. Alors que sa facette d’ingénieur définit son habileté à élaborer des solutions efficaces pour atteindre les objectifs commerciaux, suivant des scénarios et des contextes divers.

La donne change rapidement…

Digitalisation, intelligence artificielle, robotisation, cybersécurité, mais aussi (et surtout) big data, autant de phénomènes qui bouleversent le quotidien du CFO pour le transformer en véritable digital évangéliste. Jongler avec les données est devenu un impératif. Le big, ou plutôt smart data, représente un outil crucial et incontournable pour la prise de décision stratégique de l’entreprise, en particulier en matière de projections et de gestion des risques. Mais l’enjeu pour le responsable financier sera également de lier cette maîtrise du risque aux autres dimensions de l’entreprise, bien au-delà des aspects financiers. De la supply chain aux performances commerciales, en passant par les tendances et aux évolutions des marchés. Compte tenu de ce rôle prépondérant, la voix du CFO devra de plus en plus se faire entendre au cœur de la C-suite, ce qui lui exigera également d’excellentes capacités de communication…

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