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14.07.2017

Ne pas lésiner sur sa Corporate Social Responsibility

BNP Paribas Fortis se veut une banque responsable et passe à l’acte. Elle propose à ses collaborateurs de prêter leurs compétences à des entreprises sociales. Illustration.

La génération Y nous le fait savoir en suffisance : pour être séduite par un employeur et maintenir avec lui un lien durable, elle doit partager ses valeurs. Les collaborateurs mais aussi les clients sont en quête de sens. Une entreprise ne peut être durable qui si sa manière de travailler l’est à tous les niveaux : clients, fournisseurs, actionnaires et bien sûr collaborateurs.

Wilfried Remans, Responsable CSR & Public Affairs de BNP Paribas Fortis :

« Conscients d’avoir un impact sur les clients et le personnel, mais aussi sur l’économie, l’environnement et la société, nous nous investissons beaucoup pour devenir une banque responsable. Cela se traduit en codes de conduite et en choix concrets, inscrits dans notre stratégie depuis de nombreuses années. »

Quelques exemples : fonds répondant aux critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance), diversification d’activités avec le conseil énergétique auprès des entreprises clientes, création d’un écosystème autour des entrepreneurs sociaux, du microcrédit, aide aux jeunes défavorisés.

« Toutefois, nous avons encore du chemin à parcourir pour que le personnel en soit conscient, y croie et défende l’approche. Certes, notre réputation est à faire mais nous préférons que notre contribution à l’économie sociale parle d’elle -même au travers de nos réalisations internes et externes », ajoute Wilfried Remans.

Le savoir mais surtout le vivre

BNP Paribas Fortis a donc décidé de permettre à ses collaborateurs de faire leur propre expérience et a imaginé plusieurs projets d’accompagnement à dimension sociale. Pendant plusieurs mois, un groupe de travail constitué de représentants de différents métiers est mis à la disposition d’un entrepreneur social. Soit celui-ci est en manque de moyens, soit il a besoin d’expertise. 

Initiative dont a bénéficié TRAVIE, une organisation qui met au travail des personnes handicapées.

« Il faut que le projet soit bien défini, que nous puissions offrir une valeur ajoutée et que les membres de notre groupe puissent répondre aux besoins auxquelles l’organisation est confrontée, en matière de stratégie, de financement, de marketing, d’organisation… », précise le responsable CSR de la banque.

Prêter son expertise renforce son appartenance à l’employeur

« Des managers d’une institution financière qui travaillent avec des entrepreneurs sociaux, ce conflit entre deux cultures et deux univers très différents peut être très profitable et donner naissance à quelque chose de fantastique à de nombreux niveaux », se réjouit Wilfried Remans.

Jean-Francois Vanderschrick est Responsable Data Analytics Commercial Banking chez BNP Paribas Fortis et fait partie de l’équipe détachée auprès de TRAVIE :

« J’ai eu l’occasion de me glisser dans la peau du responsable, de contribuer au développement de l’entreprise. Ce trajet m’a permis de m’éloigner de mon objectif habituel et de développer mon réseau. C’est une expérience à laquelle je suis fier et heureux d’avoir participé. Et puis, c’est très émouvant de rencontrer les gens sur place et de réaliser l’importance que notre travail représente pour eux. »

Pour la banque, c’est aussi l’occasion de permettre aux collègues de tester, en un laps de temps très court, la nouvelle méthode de travail ‘agile’, axée sur la confiance, l’autonomie et le feedback.

La magie opère 

TRAVIE, un des plus gros acteurs parmi les 12 présents dans la Région de Bruxelles-Capitale, emploie 335 personnes handicapées et fait principalement du conditionnement. Un produit actuellement délaissé au profit du vrac, plus écologique. Même si l’organisation rémunère son personnel grâce aux subsides publics, ceux-ci ne contribuent qu’à payer deux tiers des salaires.

 « Cette entreprise à vocation sociale, poursuit aussi une finalité économique. Ses responsables cherchaient à développer leurs portefeuilles de clients et de commandes. Après avoir étudié la question, notre équipe leur a proposé de nouvelles idées de prospection, de positionnement sur le marché, plusieurs pistes de diversification des activités et de sources de revenus », témoigne Jean-Francois Vanderschrick, satisfait de cette aventure humaine.

Jean-François Ghys, Directeur Général de TRAVIE, avoue :

« Je ne nierais pas avoir fait preuve d’un certain scepticisme au départ. Qu’est-ce que cette équipe allait pouvoir faire pour nous en quelques mois à peine ? Mais tout de suite, j’ai senti que le courant passait. Les membres se sont déplacés pour se rendre compte du terrain, ont posé un tas de questions face à un monde qu’ils connaissaient moins. Ils nous ont ouvert les yeux et ont fait évoluer nos idées. Une enquête a notamment été conçue afin de sonder la satisfaction de la clientèle, détecter les nouveaux besoins et évaluer le potentiel d’autres produits. Bref, une initiative très enrichissante pour nous,»

En encadré

Main-d’œuvre qualifiée souvent méconnue des entreprises

« De plus en plus d’entreprises disent vouloir travailler avec des organisations sociales mais en réalité seules quelques-unes d’entre elles seraient effectivement prêtes à s’engager dans cette voie », souligne Jean-François Vanderschrick.

A la base de cette réticence, un problème d’image. L’ancien ‘atelier protégé’ TRAVIE a été créé, au départ, pour donner du travail aux personnes handicapées et leur offrir une vie la plus normale possible. Entre-temps, il a évolué vers une organisation soucieuse de servir et de fidéliser ses clients de toute taille : les plus grandes entreprises mais aussi les start-up dont elle a à cœur de soutenir la croissance.

TRAVIE veille à pérenniser son business et, pour rester compétitive, entend offrir un service à valeur ajoutée : conditionnement, mise sous pli, montage notamment de vélos électriques, à priori hors de portée des moins valides.

« Les jobs sont bien sûr adaptés au degré d’handicap et à la performance de chacun. Nous restons tiraillés entre notre mission sociale et la réalité économique, intervenant dès que nous constatons le moindre inconfort chez l’un de nos travailleurs. Nous découpons la mission en tâches simples et développons des gabarits pour que le travail leur devienne accessible », souligne le directeur.

Et celui-ci de conclure :

« Ce n’est qu’après avoir analysé le service, la qualité, le respect des délais et le tarif, et avoir reçu à cet égard tous leurs apaisements que les clients se disent contents de faire travailler des personnes porteuses d’un handicap. Cette réserve est légitime. Peu connaissent ce monde et ceux qui peuvent l’appréhender via un membre de leur famille le gardent pour eux ».

(Sources: TRAVIE, BNP Paribas Fortis)

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07.04.2017

Comment optimaliser votre chaîne d'approvisionnement

Dans le secteur de la mode, les marques développent des produits avec un cycle de vente court. Comment Zara et H&M réussissent-elles à renouveler leurs collections jusqu'à deux fois par semaine sans un énorme gaspillage et quels enseignements peut-on en tirer ?

Le réchauffement climatique n'est plus uniquement un défi pour les autorités mais également pour les entreprises qui sont encouragées à optimaliser leur chaîne d'approvisionnement. Les décisions prises fin 2016 lors de la COP22 à Marrakech ont créé le contexte idéal pour s'interroger sur l'impact des chaînes d'approvisionnement sur l'environnement, un aspect qu'on nomme aujourd'hui « responsabilité sociétale » dans le cadre d'une entreprise.

Kering a montré l'exemple

Kering était déjà un pionnier dans ce domaine en 2015. Dans son rapport environnement « Compte de Profits et Pertes Environmental », l'entreprise attribuait 93 % de l'impact environnemental de ses activités à sa chaîne d'approvisionnement (50 % de cet impact concernait les matières premières brutes qu'elle utilisait). Un tel résultat était difficilement justifiable à une époque où les consommateurs souhaitent toujours plus de traçabilité et d'éthique.

Pour changer cette situation, le groupe a initié un projet visant à optimaliser sa chaîne d'approvisionnement à l'aide d'outils innovants. L'entreprise partage sa méthodologie et ses outils en format open source sur son site internet et encourage ainsi le reste du secteur à suivre son exemple.

« Les quatre objectifs : le bon stock, les bonnes quantités,
le bon endroit, le bon moment. »


L'exemple de la mode rapide

En France, l'Agence pour l'Environnement a publié en novembre 2016 un rapport sur le gaspillage. Selon cette agence, il serait aujourd'hui possible de réduire le gaspillage de 22 % en à peine trois mois grâce à quelques mesures peu onéreuses.

On peut retrouver cette nouvelle chaîne d'approvisionnement chez des marques de mode rapide telles que Zara, H&M et Forever 21. Lors du développement de leurs collections, ces marques tiennent toujours compte de cycles de vente, d'implantation et d'approvisionnement courts. Il leur est absolument nécessaire de pouvoir renouveler leurs collections jusqu'à deux fois par semaine ! Désavantage : vu qu'ils ne peuvent pas être recyclés, des centaines de tonnes de vêtements vont directement à la décharge. En d'autres termes : un énorme gaspillage et une énorme production de méthane. Les marques ont dû employer des outils puissants et innovants afin de moins polluer et éviter dans le même temps les problèmes de surstock.

Le modèle recommandé : moins de surface logistique, moins de surface naturelle ou agricole et moins d'emballage. Les volumes des camions sont mieux exploités et les déplacements inutiles sont évités. Chez le groupe Zara, les responsables de points de vente transmettent les feedbacks des clients en temps réel (ce qu'ils cherchent et ce qu'ils n'aiment pas). Les données sont immédiatement transférées au siège central qui transmet une liste des priorités immédiates aux concepteurs. En optimalisant ainsi sa chaîne d'approvisionnement, Zara peut conserver 85 % du prix du vêtement, alors que dans le reste du secteur, on est entre 60 % et 70 %. Ceci prouve que les exigences en termes de chaîne d'approvisionnement modernisée et responsable ne vont pas nécessairement de pair avec une baisse de rentabilité.

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22.05.2017

Comment devenir une entreprise Climate Positive ?

Cela passe bien entendu par le développement d’une vraie stratégie de développement durable mais concrètement …

Adopter une stratégie Climate Positive passe par une démarche de ‘résilience au changement climatique’, allusion au ressort psychologique nécessaire pour se reconstruire après un choc. Concrètement, l'ensemble des initiatives prises doit réduire l'empreinte carbone dans la création de produits et de services. Elles peuvent passer par des actions visant le ralentissement, l’atténuation ou l’adaptation aux changements.

Quelles actions entreprendre ?

  • Un cadre stratégique intégré pour gérer les impacts des changements du climat au sein de l’organisation.
  • La mesure et l’analyse de l’empreinte carbone à tous les échelons (exploitation, produits, services).
  • Une communication positive pour participer au débat public sur les risques et les interventions.
  • Un compte rendu public sous forme de rapport, à l'image de H&M.

Un exemple concret

Début avril, H&M a publié son 15e sustainability report pour l'année 2016, l'occasion de dévoiler les objectifs fixés pour l'avenir, comme son engagement à utiliser des matériaux 100 % recyclés ou durables d'ici 2030 et la volonté de devenir une entreprise Climate Positive dans l'ensemble de sa chaîne d'approvisionnement à l'horizon 2040.

L'expression ‘ensemble de sa chaîne d'approvisionnement’ est essentielle. Nombre d'entreprises font aujourd'hui des promesses fortes – 100 % de renouvelable ou 100 % neutre en carbone à telle ou telle échéance – mais sans toujours impliquer l'ensemble de la chaîne. Pourtant, si les changements concernent toute la Supply Chain, ils auront un impact global sur l’organisation et renforceront la sincérité de son message.

Dans le cas de H&M, la transformation recherchée est une industrie de la mode entièrement circulaire.

« Notre objectif à long terme est de devenir une économie 100 % circulaire. En dialoguant de manière étroite avec les experts et les parties prenantes. Ceci nous permettra de nous rapprocher de notre objectif : initier le changement vers une mode entièrement circulaire et durable. »
Anna Gedda, Responsable du Développement Durable H&M.

Dont acte pour la Fondation écologique du géant suédois. Elle a lancé dès 2015 un concours annuel, le Global Change Award. L'occasion de rechercher des idées novatrices en faveur d'une mode éco-responsable.

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27.04.2018

En route vers l’économie circulaire

Généralement, les entreprises ont encore leur stratégie, leur structure et leurs opérations enracinées dans l’économie linéaire. Est-ce encore tenable ? 5 business models pour adopter la pensée circulaire

Aujourd’hui, investir ci et là dans le développement durable ne suffit plus. Les ressources naturelles s’épuisent et les impacts environnementaux atteignent un tel point que nous ne pouvons plus nous contenter de faire les choses ‘moins mal’. Il est attendu des entreprises qu’elles créent des impacts positifs en cassant le lien entre croissance et recours à des ressources naturelles. 

Le dirigeant d’une entreprise qui se veut responsable s’interrogera sur les opportunités de croissance qui se présenteront à lui s’il fait les choses autrement, sur les bénéfices sociaux, environnementaux, sociétaux (outre les gains financiers) qu’il pourra générer avec les moyens, la technologie et dans le timing qui sont les siens.
Pour créer de l’impact positif, les entreprises  devront s’affranchir de la pensée linéaire avant de pouvoir passer à l’économie circulaire. Elles auront probablement à revoir leur chaîne de valeurs mais elles n’y parviendront pas du jour au lendemain. Pour s’inspirer et accélérer le mouvement, certaines n’hésitent pas à emboîter le pas aux PME innovantes.

Par où commencer, sur quoi se focaliser, comment se transformer ?

Une analyse de 120 cas réalisée par Accenture a permis de faire émerger 5 business models qui représentent autant de façon d'aborder l'économie circulaire.

Introduire le durable en amont ou en aval de la chaîne logistique ?

Première possibilité pour changer de business model : modifier le choix des matières premières auxquelles faire appel pour produire. L’exercice consiste à chercher d’autres matériaux, renouvelables en adaptant en amont la chaine d’approvisionnement pour aboutir, à terme, à un produit durable et, idéalement, parvenir au zéro déchet. Exemple, un industriel peut substituer au plastique, composant linéaire, le bioplastique ou une autre alternative renouvelable ou recyclable. En introduisant un ingrédient de la chimie durable, Ecover en est le plus bel exemple lorsqu’il lance dans les années 80 la première poudre à lessiver sans phosphate et réduit la demande pour des matériaux toxiques et non recyclables. Depuis, Ecover a élargi son activité à une vaste gamme de produits.

La même démarche peut être menée en aval de la chaîne de production. Une belle illustration en est offerte par Sigma quand il propose au marché la première peinture qui purifie l’air intérieur, sachant que nos maisons sont généralement remplies de produits toxiques.

Penser récupération plutôt que produit

Ce second modèle inspire, entre autres, certains producteurs de tapis, tels que Desso ou Interface, qui passent à des produits 100% recyclables. Pour eux, le défi est de parvenir à garder le contact avec les clients afin de récupérer leurs tapis en fin de vie, ce au coût le plus bas possible. Pour des châssis en aluminium, produit pur facilement recyclable, il peut même s’agir de reprendre contact 20 à 30 ans plus tard et de mettre en place une chaîne de logistique inversée.

A quels autres défis se confronte l’industriel du tapis soucieux de recycler la valeur résiduelle potentielle de son produit ? Récupérer l’article sans le détruire. Desso invente donc Refinity, une technique qui lui permet de dissocier les fibres, des plus grosses jusqu’aux très fines. A l’issue de la phase de purification, un nouveau tapis pourra donc être refabriqué à partir de l’ancien (technique ‘Cradle to Cradle’, en français, du berceau au berceau). Le recours aux ressources et les déchets s’en voient donc significativement limités. Le produit est reconstitué sans apport de nouveaux ingrédients, la boucle est fermée pour un déchet quasi égal à zéro.

Quentin Denis (Accenture) : « Cette volonté de récupérer des matériaux dans les déchets peut donner des résultats étonnants, comme la métamorphose d’une entreprise minière au procédé 100% linéaire, devenue championne du recyclage de nutriments techniques. C’est ainsi qu’Umicore change radicalement son core business pour passer de l’extraction minière à l’’urban mining’. DSM  est aussi une entreprise minière qui s’est complètement transformée pour devenir, quant à elle, fabricant de produits circulaires. »

Le déchet de l’un devient parfois l’ingrédient de l’autre. Autrement dit, une autre manière de fermer la boucle sans passer par la case ‘déchets’ a été, pour Engie, de s’installer dans les environs immédiats d’Arcelor Mittal (Gand) afin de transformer toute la vapeur – énergie en principe perdue – pour la réinjecter dans le circuit électrique. Autre exemple, en Suisse, IBM transforme l’air chaud généré au Uitikon center en eau chaude qui sera utilisée par la piscine communale du quartier. Selon IBM, le volume de chaleur produit serait apte à chauffer l’équivalent de 80 maisons ou toute une piscine. 

Vendre ou louer ? Quand l’obsolescence devient taboue

L’économie de la fonctionnalité, en vertu de laquelle une entreprise tend à vendre son produit en tant que service, est dans l’ère du temps. Ce 3ème business model peut ou pas se combiner à d’autres concepts qui émergent également, comme l’économie du partage ou encore l’économie de plateforme. Néanmoins, l’une peut fonctionner sans l’autre et la confusion guette le profane.

Nous parlons d‘économie de la fonctionnalité lorsque nous évoquons Rolls Royce qui, depuis les années 60, produit des turbines pour avion et les loue aux compagnies aériennes. Quel est l’intérêt pour Roll Royce ? « Ils gardent leur droit à la maintenance, dont ils tirent une source de revenus supplémentaire et peuvent améliorer leur performance. En louant, plutôt qu’en ne vendant qu’une seule fois, ils lissent leurs revenus puisqu’un avion vole des dizaines d’années. Le plus clair de tout, c’est que cela change complètement leur focus sur la qualité car ils sont attentifs à performer sur le long terme pour éviter les pannes, par exemple », défend Quentin Denis. Une manière de prendre la tangente de l’obsolescence programmée…

L’économie de partage s’avère souvent être un multiplicateur de revenus dans la mesure où l’on multiplie les utilisateurs qui peuvent accéder à un bien sous-utilisé. 

Economie de plateforme, ou la chasse au gaspi

Partager via une ‘app’ les surcapacités du prestataire ou les sous utilisations de produits ou services entre utilisateurs, particuliers ou professionnels, c’est sur ce concept que repose cet autre modèle basé sur l’économie de plateforme.
Lyft, une plateforme de partage de lifts en voiture, est née du constat que 80% des sièges automobiles citadins restent vides. L’app permet donc à l’utilisateur ayant besoin d’un lift de localiser une voiture d’un pair au moment où elle lui est utile. La course se règle via l’app et revient 20 à 30% moins cher que le tarif d’un taxi, commission Lyft de 20% incluse.

Le service de livraison à bicyclette Deliveroo en est un autre exemple. Il permet d’exploiter la surcapacité des cuisines des restaurants qui s’adjoignent une nouvelle activité, la livraison à domicile, et donc une source supplémentaire de revenus alors que les ressources de personnel en salle sont limitées. On retrouve cette idée dans le secteur de la logistique auprès des plateformes en ligne mises en place pour partager les capacités des camions et éviter les retours à vide.

Quentin Denis se prononce en faveur du concept pour autant qu’il soit voué à faire du bien aux différentes parties prenantes : « Ces plateformes fonctionnent par l’effet de réseau, atteint lorsque le volume est conséquent, tant du côté offre - les prestataires de services, propriétaires de logement Airbnb ou chauffeurs Uber- que du côté demande - vacanciers ou passagers. Cet effet de réseau leur confère un avantage compétitif fort, dont elles pourraient abuser pour changer les règles du jeu du jour au lendemain, augmenter les commissions par exemple ou réduire les rémunérations… » 

Des produits qui vivent plus longtemps

Des composants perdus pour le linéaire car usés peuvent retrouver leur utilité, c’est sur ce principe qui motive le dernier modèle. En améliorant le produit, en le réparant ou en le refabriquant, c’est une nouvelle vie que nous pouvons leur offrir pour ensuite le remarketer voire le personnaliser. C’est également au défi de l’obsolescence que s’attaque Google lorsqu’il réinvente un mobile qui ne correspond plus aux besoins de l’utilisateur et le décompose en modules pour, par exemple, se limiter à ne réparer que ce qui est cassé, donc à moindre coût, et/ou de n’upgrader que la fonctionnalité utile. L’appareil dure plus longtemps et un usage prolongé peut aussi signifier des revenus additionnels. Le besoin en ressources diminuant, le volume de déchets et les coûts suivent le même type de courbe.

Prêt à adopter la pensée circulaire ? Débridez-vous, ne faites pas les choses à moitié mais sachez que des quick-wins périphériques au produit peuvent aussi s’avérer un choix responsable avant de pouvoir tout transformer.

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21.06.2018

La terre décerne une médaille honorifique à la Belgique

La Belgique a plus d’une raison d’être satisfaite. Nos entreprises trient près de 90 % de leurs déchets d’emballages industriels. Même si elles comptent déjà parmi les leaders mondiaux dans ce domaine, elles peuvent encore mieux faire.

Le monde se transforme en une gigantesque poubelle. Chaque année, les habitants de la terre produisent 1,3 milliard de tonnes de déchets ménagers. C’est l'équivalent de 25 000 Titanic remplis à ras bord. Si l’on continue sur cette lancée, la production annuelle de déchets atteindra 2,2 milliards de tonnes à l’horizon 2025. Dans bon nombre de pays, ces déchets sont majoritairement enterrés ou, pire, déversés en mer. Bienvenue dans un monde de plastique ! Le traitement des déchets représente 3,4 % des émissions de CO2, une part non négligeable par conséquent. En vérité, ce chiffre est inférieur à la réalité car il ne tient pas compte des émissions de CO2 provenant du transport des déchets, des incinérateurs et du gaspillage des déchets alimentaires.

Dans ce flux global de déchets, un petit pays fait de la résistance, du moins en termes de tri et de recyclage. Et c’est bien de la Belgique dont on parle. Depuis longtemps, les ménages belges font figure de modèle pour d'autres pays. Et les entreprises belges font encore mieux, à en croire les chiffres de VAL-I-PAC.

Ingrid Bouchez, Communication Manager de VAL-I-PAC : « Le gouvernement impose aux entreprises qui commercialisent des produits emballés de prouver qu’elles recyclent 80 % des déchets d'emballage. VAL-I-PAC collecte les données de 7 200 entreprises de toutes tailles. En 2016, 89 % de ces déchets d'emballages industriels ont été recyclés. Un grand pourcentage de ces déchets a dès lors droit à une seconde vie : 100 % des déchets de papier et de carton, 56 % des déchets plastiques, 77 % de déchets de bois et 83 % des déchets de métaux. »

L’OVAM, la Société publique des Déchets de la Région flamande, ne s’intéresse pas uniquement aux déchets d’emballages industriels, mais à tous les déchets produits par les entreprises flamandes. C’est pourquoi le quota de recyclage est légèrement inférieur dans leurs chiffres. Mais même selon leurs statistiques, nos entreprises se débrouillent mieux que le reste du monde.

Jan Verheyen, porte-parole de l’OVAM : « Quelque 76 % des déchets industriels flamands sont réutilisés ou réintroduits dans le circuit par voie de recyclage ou compostage après un maximum de deux étapes de traitement. Pour les déchets ménagers, ce chiffre s’élève à environ 70 %. Des statistiques excellentes quand on sait que la moyenne européenne se situe aux alentours des 50 %. »

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Pourcentage de déchets bénéficiant d’une seconde vie après deux étapes de traitement (%). Depuis 2010, les chiffres sont collectés tous les deux ans auprès des entreprises (uniquement pour les années paires).

Peut mieux faire

Ne vous réjouissez pas trop vite car il reste encore du chemin à parcourir. Selon certains sondages, il reste une quantité considérable de déchets recyclables dans les déchets résiduels des entreprises.

Ingrid Bouchez : « Il y a toujours des entreprises qui ne trient pas ou, du moins, pas de manière optimale. Plus particulièrement, c’est la qualité des flux de déchets qui peut être améliorée. Un peu plus d’attention peut changer considérablement la donne. Conservez le papier et le carton au sec, évitez de polluer le papier et ne mélangez pas du papier paraffiné avec du carton propre. Il faut aussi bien scinder les différents types de plastique : le PE n’a rien à voir avec le PET ou le PP. »

Jan Verheyen : « Des études montrent que les entreprises pourraient encore obtenir 20 % de déchets recyclables à partir des déchets résiduels. Principalement, il s’agit de films, de plastiques durs, de bois, de PMC, de métaux, de gravats de pierre, de papier et de carton. D’où notre ambition : en Flandre, nous voulons produire 15 % de déchets industriels en moins d’ici 2022. »

De son côté, la Wallonie ne se focalise pas sur des pourcentages mais sur des chiffres absolus : 100 000 tonnes de déchets industriels résiduels.

Incinérateur ou décharge ?

Pour ce qui est du traitement des déchets résiduels industriels, la Belgique applique le « principe de proximité et d'autosuffisance ». Dans la mesure du possible, elle tente de faire incinérer les déchets résiduels dans des incinérateurs belges afin que ceux-ci reçoivent suffisamment de matière pour fonctionner correctement. L’exportation de déchets n’est pas interdite, mais soumise à des conditions strictes. Résultat : 93 % des déchets résiduels sont incinérés en Belgique, le reste prend principalement la direction des Pays-Bas et de l’Allemagne. En Flandre et à Bruxelles, quasiment tous les déchets résiduels des entreprises finissent incinérés. En Wallonie, près de 20 % sont encore mis en décharge. La raison en est simple : il subsiste deux grandes décharges qui ne sont pas encore entièrement remplies. Dès que cela sera le cas, la mise en décharge sera terminée en Belgique.

WB_Art_Waste_Management_art1_graph2_frRégion où les déchets résiduels sont traités

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